Scandale de l'électrification : Me Dior Diagne pointe du doigt la responsabilité « centrale » de l’ASER
Dans la continuité de la conférence de presse des avocats de Seydou Kane, Me Dior Diagne a apporté des précisions juridiques majeures ce mardi 5 mai 2026. L’avocate s’est attachée à déconstruire les idées reçues, notamment autour de la supposée résiliation du contrat et du rôle de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).
D’entrée, Me Dior Diagne s’est montrée catégorique : « Il n’y a pas de résiliation du contrat d’AEE Power par l’État du Sénégal. C’est juridiquement impossible. » Selon elle, AEE Power Sénégal n’a jamais été en relation contractuelle directe avec l’État. « On ne peut pas résilier un contrat auquel on n’est pas partie », a-t-elle tranché, recadrant ainsi un débat qu’elle estime biaisé dès le départ.
L’ASER au cœur du dispositif
Revenant sur les tentatives de « dédouaner » l’ASER, Me Dior Diagne s’inscrit en faux. Pour elle, l’agence ne peut être considérée comme un acteur périphérique. « L’ASER est le maître d’œuvre de tout ce processus », affirme-t-elle. En tant qu’organe chargé de la politique d’électrification rurale, elle supervise et contrôle l’exécution des projets. « Tout se fait sous son autorité. Elle ne peut pas dire qu’elle a les mains blanches », insiste l’avocate, rappelant que l’agence s’est déjà exprimée publiquement pour mettre en cause certains acteurs.
Une « co-traitance » plutôt qu’une sous-traitance
Sur le plan technique, la défense précise que la rupture évoquée ne provient pas de l’État, mais de la société étrangère AEE Power OPCI. Un point crucial a été soulevé : selon le Code des marchés publics sénégalais, une sous-traitance ne peut excéder 40 % du marché. Or, AEE Power Sénégal était chargée d’exécuter 60 % des travaux. « Nous ne sommes plus dans une sous-traitance, mais bien dans une co-traitance », explique la collaboratrice de Me Boubacar Koïta. Cette distinction redéfinit les droits des parties, notamment en cas de rupture de contrat.
Un préjudice pour les deniers publics et les populations
L’enjeu, selon les avocats, dépasse les intérêts privés d’AEE Power Sénégal. Le projet portait sur l’électrification de localités dans cinq régions du pays (Kaffrine, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou). « La véritable question est celle du sort réservé aux fonds publics et aux populations qui devaient bénéficier de ce projet », martèle la défense.
Accusations de faux : une ligne de défense offensive
Face aux accusations de « faux et usage de faux », les avocats dénoncent une argumentation incohérente. Ils soulignent que le marché bénéficiait d’une exonération fiscale : « Comment peut-on réclamer des frais d’enregistrement dans un projet exonéré d’impôts ? ». De plus, ils affirment n’avoir jamais reçu de preuves tangibles des quittances prétendument falsifiées, malgré leurs interpellations répétées devant les juridictions.
Pour Me Dior Diagne et ses confrères, ces accusations ne seraient qu’un prétexte pour justifier l’éviction de la partie sénégalaise et prendre le contrôle des ressources financières. « S’il y avait réellement faux, la justice aurait déjà tranché », a rappelé l’avocate, réitérant sa confiance dans la rigueur des tribunaux sénégalais.
Commentaires (5)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.