Sédhiou : ''La criminalisation des infractions comme l'homosexualité contribue à la surpopulation carcérale et à la… », (Sankoung Sané)
Colonel de la gendarmerie à la retraite, par ailleurs coordonnateur régional du collectif des organisations de la société civile, Sankoung Faty a apporté sa contribution au débat sur l'homosexualité. Il a écrit ceci sur sa page Facebook ce samedi.
« Dans le débat sur la criminalisation de l'homosexualité, il faut comprendre quels en sont les enjeux. La justice sénégalaise souffre particulièrement de ses prisons et cabinets d'instruction surchargés. Devant une telle réalité que la société civile et les organisations des droits de l'homme ont déplorée de longue date, les autorités ont mis en œuvre des réformes du code pénal et du code de procédure pénale introduisant le bracelet électronique, le travail au bénéfice de la société (TIG), le sursis, la probation, la semi-liberté, et le fractionnement de la peine pour l'essentiel.
Malgré cela, on se rend compte que ces mesures s'avèrent insuffisantes car les prisons et les cabinets d'instruction demeurent toujours surchargés. Notre point de vue a toujours été que la criminalisation des infractions en matière de drogue, de vol de bétail et aujourd'hui souhaitée par des Sénégalais pour l'homosexualité, contribue à perpétuer ce mal de la surpopulation carcérale et de la surcharge des cabinets d’instruction.
L'option du gouvernement d'alourdir les peines applicables à l'homosexualité va dans le sens des soins à ces maux de notre justice. En effet, si on sait que criminaliser c'est écarter le jugement en flagrant délit alors que les infractions de vol de bétail, de drogue et d'actes contre nature sont généralement flagrantes, permettant un jugement rapide, on alourdit inutilement les procédures, prolonge les délais de jugement et multiplie les mises en détention préventive. Sous ce rapport, l'option d'alourdir les peines au lieu de criminaliser est la meilleure solution car, il va de soi qu'une peine de 10 ans de prison, peine délictuelle, est plus afflictive que 2 ou 5 ans de travaux forcés ou de réclusion criminelle qui sont des peines criminelles.
Cela dit, si le gouvernement a pu, si rapidement élaborer un texte modifiant la loi pénale sur l'homosexualité, il aurait pu opérer sa réforme générale avec les recommandations émises suite aux assises sur la justice, notamment, l'introduction du juge des libertés pour (enfin) enlever aux parquets, ce pouvoir constamment décrié de mise en détention provisoire quasi systématique et d'opposition à une décision de mise en liberté du juge d'instruction ».
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