Abdoulaye Wilane : « Un pays qui laisse mourir ses étudiants perd son âme »
Abdoulaye Wilane, Président du Conseil départemental de Kaffrine, Secrétaire national du Parti Socialiste et porte-parole, est sorti de sa réserve pour réagir aux récents événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Dans un communiqué, le responsable socialiste affirme s’exprimer « non pas comme un homme politique ordinaire, mais comme un père, comme un aîné, comme un citoyen », se disant « inquiet pour l’avenir de notre jeunesse et de notre pays ».
Évoquant les violences enregistrées à Dakar, Abdoulaye Wilane qualifie les scènes observées d’« indicibles » et affirme avoir été « ému, terrifié devrais-je dire ». Selon lui, « ce qui se passe dans nos universités, et particulièrement à l’Université Cheikh Anta Diop, est grave. Très grave », estimant que « le nier ou le minimiser serait une faute morale et politique ».
Pour le porte-parole du Parti Socialiste, la crise actuelle ne saurait être réduite à la seule question des bourses. « Oui, la question de la bourse existe et elle mérite des réponses claires, justes et humaines », reconnaît-il. Toutefois, il pointe « une accumulation d’erreurs, une absence de dialogue et une gestion confuse des réformes annoncées ».
Abdoulaye Wilane critique également certaines décisions administratives, notamment la fermeture des restaurants universitaires. Une mesure qui, selon lui, « a privé des milliers d’étudiants de leur unique repas quotidien ». « Quand on affame la jeunesse, on fabrique mécaniquement la colère », déclare-t-il.
Le responsable politique s’est par ailleurs insurgé contre ce qu’il qualifie de « réponse sécuritaire » à la crise universitaire. Il évoque des arrestations et des violences présumées, rappelant qu’« il y a des blessés » et qu’« il y a un mort cette année ». Pour lui, « rien, absolument rien, ne justifie cela dans une République digne de ce nom ».
« Gouverner, ce n’est pas réprimer. Gouverner, c’est anticiper, écouter et protéger », soutient Abdoulaye Wilane, qui appelle les autorités à privilégier le dialogue.
Insistant sur la place de l’institution universitaire, il affirme que « l’université n’est pas un champ de bataille », mais « le lieu où se forme l’intelligence de la Nation ». Il rappelle que « la jeunesse sénégalaise n’est pas une menace. Elle est notre avenir ».
En conclusion, Abdoulaye Wilane interpelle les autorités et appelle à « ouvrir un dialogue sincère, réparer ce qui peut l’être et rendre justice à ceux qui ont souffert », avertissant qu’« un pays qui laisse mourir ses étudiants a déjà commencé à perdre son âme »
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