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Envoi de soldats au nord Mali : Les hésitations coupables de Macky

Auteur: Ibrahima ANNE

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Visiblement, le pouvoir sénégalais a beaucoup hésité avant de se décider à envoyer des forces au Mali. Des hésitations qui amènent à se poser une foule de questions.

Ainsi donc, comme si de rien n’était, le Sénégal s’est engagé dans la guerre au Mali. Ce, en décidant, officiellement, d’y envoyer 500 soldats pour aider l’armée malienne à récupérer sa partie de territoire annexée par les trois composantes islamistes que sont le Mujao, Ançar Dine et l’Aqmi. Dans le fond, rien à dire quant à l’opportunité de cette action qui est, en quelque sorte, le prolongement d’un réflexe sécuritaire étant entendu que le Mali, c’est la porte d’à côté. En revanche, ce qui intrigue et amène à se poser des questions, c’est le moment choisi. La crise malienne, c’est, tout de même, depuis le mois de mars 2012. Le Sénégal, pays d’accueil de l’ancien président malien (ATT), accusé, à tort ou à raison, par certains observateurs, d’avoir laissé se développer sur ses flancs cet irrédentisme venu de la Libye et qui, peu ou prou, a participé à la fragilisation de l’autorité centrale malienne et abouti à ce coup d’Etat qui l’a chassé du pouvoir, avait moult raisons de s’engager. D’autant que l’on assistait, sur le terrain, à l’avancée du Mnla qui, comme s’il se battait par procuration, s’est laissé doubler par les mouvements djihadistes qui ont conquis tout le nord du Mali. Ce, en un temps éclair. Pendant ce temps, les autorités sénégalaises, d’un ton formel, avaient balayé toute intervention des «Diambars» au Mali. Et c’est le président de la République, Macky Sall, lui-même, qui déclare que le Sénégal «ne prévoit pas d’envoyer des troupes (…) pour participer à la reconquête du Nord Mali». Une position qu’il justifie par le fait que «notre pays a des troupes en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Soudan et nous sommes également dans la force en Guinée-Bissau». Conclusion : «Nous ne pouvons pas être au Mali. Nous sommes déjà sur tous les fronts et avons du mal à couvrir.»

C’était au mois de juillet à Paris, lors d’une conférence de presse en marge de sa deuxième visite en France, en tant que chef d’Etat du Sénégal. Samedi dernier, coup de théâtre ! Sur France 24, Mankeur Ndiaye, le ministre des Affaires étrangères, annonce, urbi et orbi, que le Sénégal va envoyer des soldats au Mali. Alors, il est légitime de se poser ces questions : Pourquoi ce changement d’attitude par rapport à la position précédente ? Pourquoi avoir attendu que la France s’engage pour, enfin, se déterminer ? L’ancienne puissance coloniale a-t-elle tordu le bras au pouvoir sénégalais pour qu’il décide, en catastrophe, d’envoyer des militaires au Mali ? Question subséquente : pourquoi le choix de France 24, en fin d’après-midi, pour annoncer une mesure d’une si haute importance, si l’on sait que le ministre des Affaires étrangères ne s’est exprimé sur la télévision publique (Rts) que dans le journal de 20 heures, donc quelques heures après ? Le Sénégal a-t-il mesuré les risques d’un déclenchement d’hostilités contre les djihadistes dont tout le monde connaît les capacités de nuisance ? Donc, a-t-on pris la pleine mesure des risques de représailles des terroristes ? A partir de quel moment a-t-on décidé d’intervenir ? Ce qui est constant, c’est que, jusqu’à vendredi dernier, la très officielle Dirpa était dans l’impossibilité de dire si, oui ou non, le Sénégal allait s’engager dans la guerre. Wal Fadjri qui a tenté de lui tirer les vers du nez, s’est heurté à un mur.

Auteur: Ibrahima ANNE
Publié le: Mercredi 16 Janvier 2013

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