[Micro trottoir] Ce que les citoyens attendent du nouveau gouvernement
Deux ans après l'accession au pouvoir du PASTEF, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a opéré un virage politique majeur en nommant un nouveau gouvernement dirigé par Al Aminou Lô, scellant ainsi le départ d'Ousmane Sonko. Entre la déception face à un bilan économique jugé morose et la crainte d'une rupture interne au sein de l'exécutif, ce remaniement suscite des réactions passionnées et profondément divisées chez les citoyens sénégalais.
La constitution de la nouvelle équipe gouvernementale par le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, continue de faire couler beaucoup d’encre. Si certains citoyens accueillent ce remaniement ministériel avec un grand enthousiasme, d’autres demeurent sceptiques face à cette recomposition de l’exécutif.
Pour une partie de la population, ce changement de têtes au sein des ministères arrive à point nommé pour redresser la barre. En effet, après la victoire du PASTEF en 2024, les Sénégalais avaient nourri l’espoir d'une transformation profonde du pays et d’une amélioration rapide de leurs conditions de vie. Malheureusement, ces attentes ont été douchées par une situation économique particulièrement difficile. Après deux ans de gouvernance sans résultats concrets, certains estiment que cette réorientation pourrait apporter des changements majeurs. Ils perçoivent notamment l’éviction d’Ousmane Sonko et le retrait de la majeure partie des cadres du PASTEF comme une libération des forces pour le président, certains les considérant jusqu'ici comme un frein à sa mission.
« Moi je trouve que ce changement a bien lieu d’être parce qu’au début de leur mandat, le PASTEF nous avait vendu un rêve et jusqu’à présent rien de tout cela n’est fait » fait remarquer Abdoulaye avec beaucoup d’intérêt.
La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko
Limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye le vendredi 22 mai 2026 — un acte ayant entraîné la dissolution immédiate du gouvernement —, Ousmane Sonko a ordonné à tous les militants et cadres de sa formation politique de ne se mêler, ni de près ni de loin, aux activités et à la formation du nouveau cabinet d'Al Aminou Lô. Pourtant, force est de constater que plusieurs visages du PASTEF figurent bien sur la liste de la nouvelle équipe.
L'idée selon laquelle « Ousmane Sonko est une gêne pour Bassirou Diomaye Faye », longtemps murmurée dans les cercles politiques, est devenue un argument brandi par les partisans du chef de l'État pour justifier sa décision. Ablaye Kane, ancien militant du PASTEF, désapprouve ouvertement la posture de son ex-leader :« J’étais du PASTEF mais maintenant je me rends compte qu’Ousmane Sonko est mal intentionné. Il doit laisser le gouvernement travailler parce que jusqu’à présent aucun acte concret n’a été posé ».
À l'instar de ce dernier, ils sont nombreux à espérer que ce remaniement insufflera un nouvel élan aux autorités pour redynamiser l’activité socio-économique du pays.
Colère et fidélité chez les partisans du PASTEF
À l'inverse, beaucoup de sympathisants du PASTEF, désormais positionné dans l'opposition, s'abstiennent de tout commentaire dans les médias, par respect pour le mot d'ordre de boycott lancé par leur leader. Fidèles à la ligne du parti, certains laissent éclater leur colère en coulisse, exprimant un désaccord total avec la coalition « Diomaye Président », qu'ils accusent de s'allier à des figures politiques autrefois associées à une gestion nébuleuse ou à des détournements de deniers publics.
D'autres, incapables de contenir leur amertume, choisissent de s'exprimer ouvertement : « Le gouvernement récemment dissout est plus digne de confiance que le nouveau régime en place parce que les membres qui le composaient ont le sens du patriotisme et sont plus véridiques » peste Pape Guèye.
Pour les partisans d'Ousmane Sonko, la décision de boycotter l'exécutif relève d'une cohérence politique stricte. Néanmoins, ils estiment que les rares membres du PASTEF reconduits sauront accomplir leur mission en phase avec leur leader historique. Matar ajoute, non sans fermeté : « Bassirou Diomaye Faye ne peut plus dire que Sonko le gène, il n’a qu’à nous présenter des résultats concrets dorénavant ».
Malgré les accusations de trahison brandies par certains envers le président de la République, la reconduction de ministres proches de la mouvance d'origine, à l'image de Déthié Fall ou de Moustapha Guirassy, est globalement bien perçue par l'opinion publique, même si quelques observateurs les invitent à la plus grande prudence.
Enfin, le secteur de la jeunesse et des sports n'a pas été épargné par cette vague de changements. Le remplacement de la ministre Khady Diène Gaye par Djireye Clotilde Coly suscite de vives critiques et de nombreuses inquiétudes, et ce, à seulement quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde.
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