Sonko à l’Assemblée nationale : Bougar Diouf (UPS) répond à Me Me Demba Ciré Bathily
« Me Bathily, votre analyse développée sur la supposée réintégration automatique de Ousmane Sonko à Assemblée nationale du Sénégal soulève de sérieuses réserves juridiques et institutionnelles. Sous une apparence doctrinale, vous tentez en réalité d’imposer une lecture unique d’une question pourtant profondément controversée. » La remarque est du président de l'Union des panafricanistes sénégalais (UPS), qui a tenu à répondre à Me Demba Ciré Bathily, à travers une sortie intitulée : « Le droit ne peut pas être confisqué par une interprétation politique ».
Bougar Diouf explique que « le premier problème réside dans la présentation du dossier comme une “évidence juridique”. Or, lorsqu’une question divise juristes, constitutionnalistes et acteurs institutionnels, nul ne peut honnêtement prétendre détenir seul la vérité du droit. » Il rappelle que le rôle du juriste n’est pas d’imposer une conclusion politique sous couvert de technicité juridique, mais d’exposer avec équilibre les différentes interprétations possibles des textes. »
Il poursuit : « Me Bathily, vous minimisez excessivement la portée de la déclaration publique faite par M. Sonko lui-même lorsqu’il annonçait avoir déposé sa “lettre de démission”. Une telle déclaration, faite publiquement devant la nation, ne peut être réduite à une simple maladresse verbale sans importance. »
Bougar déclare qu'en droit public, l’intention exprimée publiquement par une autorité politique constitue un élément d’appréciation sérieux, surtout lorsqu’elle produit des effets politiques et institutionnels majeurs.
Par ailleurs, dit-il, prétendre que seule une lettre administrative de “suspension” ferait foi revient à ignorer volontairement le contexte global de l’affaire. Il pense que le débat juridique ne porte pas uniquement sur un mot inscrit dans un document, mais sur la cohérence entre les actes, les déclarations et les conséquences institutionnelles qui en découlent.
Aussi d’avancer : « L’autre faiblesse majeure de votre raisonnement concerne le rôle du Bureau de l'Assemblée nationale du Sénégal. Le présenter comme une simple chambre d’enregistrement juridiquement obligée d’entériner une réintégration automatique est une interprétation discutable. Le Bureau a précisément pour mission de vérifier la régularité des situations parlementaires et d’apprécier leur conformité aux textes en vigueur, notamment dans un contexte marqué par l’adoption d’une nouvelle loi organique en 2025.
Enfin, note Bougar Diouf, « derrière votre vocabulaire juridique, votre vision révèle une orientation clairement politique. Vos expressions telles que “évidence juridique”, “induire l’opinion en erreur” ou encore “application automatique des textes” traduisent davantage un plaidoyer militant erroné qu’une analyse académique neutre et contradictoire. »
En définitive, le président de l’UPS considère que « la réintégration de Ousmane Sonko ne peut être présentée comme une simple formalité dépourvue de débat. Il existe au contraire de véritables interrogations juridiques, institutionnelles et politiques qui méritent d’être examinées avec sérieux, prudence et impartialité. » Pour lui, dans un État de droit, aucune interprétation, aussi habile soit-elle, ne doit être imposée comme une vérité absolue au-dessus du débat républicain.
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