Enquête sur Softcare : pourquoi les conclusions finalisées restent encore dans les bureaux du Ministère de la Santé ? (Par Charles Faye, Journaliste)
En matière de santé publique, la clarté n’est pas simplement souhaitable. Elle est essentielle.
Selon des sources fiables proches du dossier, l’enquête conjointe menée par le Ministère de la Santé et le Ministère du Commerce et de l’Industrie concernant Softcare est achevée, et le rapport final a été officiellement soumis aux autorités compétentes. Pourtant, les conclusions n’ont toujours pas été rendues publiques.
"Une enquête achevée, mais aucun résultat rendu public"
L’enquête a débuté le 7 janvier. Près de 50 jours plus tard, aucune conclusion officielle n’a été communiquée. Seulement une incertitude prolongée. Il ne s’agit pas de présumer des résultats. Il s’agit de procédure et de communication. Les citoyens ont été informés de l’ouverture d’une enquête. Ce qu’ils attendent désormais, c’est de la clarté sur son état d’avancement et ses conclusions de cette enquête amplement annoncée. Lorsque la communication est retardée, la spéculation occupe inévitablement l’espace.
"Pression publique croissante et montée de la défiance"
Le débat public a déjà suscité de vives réactions. Ces dernières semaines, le député Guy Marius Sagna, ainsi que les syndicats SUTSAS et SAMES ont ouvertement critiqué le silence persistant du Ministère de la Santé. Guy Marius Sagna a notamment déclaré que "le silence du Ministère de la Santé tue aussi". Le précédent retard de communication du Ministère a provoqué une frustration importante dans l’opinion publique, comme en témoignent les commentaires et discussions en ligne, telles que celles-ci : " En matière de santé, on se doit d'être transparent " ; " le gouvernement doit agir. " ; "Je suis choqué par cette réaction tardive."
Dans ce contexte, tout nouveau retard dans l’annonce des conclusions risquerait d’approfondir la défiance et d’intensifier les réactions publiques. Dans le climat actuel, le silence risque d’être perçu comme, un manque de transparence. Au-delà de la perception publique, le silence prolongé inflige également, un préjudice tangible à la réputation de l’entreprise concernée. Qu’on le reconnaisse ou non, l’incertitude persistante a érodé la confiance construite, au fil des années, avec les consommateurs et les partenaires. En matière de santé publique, l’incertitude n’est jamais neutre : elle a des conséquences réelles pour les institutions, les citoyens et les entreprises responsables.
"La transparence : l’étape nécessaire"
Partout dans le monde, les autorités sanitaires reconnaissent de plus en plus que, la rapidité et la clarté sont des outils essentiels pour gérer les controverses. La publication rapide des résultats d’enquête permet de réduire les rumeurs, de limiter la désinformation et de recentrer le débat sur des faits établis plutôt que, sur des suppositions. Les institutions sénégalaises ont démontré leur engagement en matière de régulation, en ouvrant cette enquête conjointe. L’étape suivante pour renforcer cet engagement est la communication. La publication officielle des conclusions ; ou, à tout le moins, une mise à jour claire sur les résultats de l’enquête ; permettrait plusieurs choses positives : tout d’abord, de remplacer la spéculation, par des faits documentés et irréfutables. Ensuite, de démontrer la confiance, dans les procédures institutionnelles et de réaffirmer le respect du droit des citoyens, à l’information. Et enfin, d’assurer une issue équitable, pour toutes les parties concernées.
Après des mois d’attente, les Sénégalais méritent une conclusion rapide et juste. La transparence n’est pas un acte défensif ; c’est une gouvernance responsable. Si les conclusions confirment la conformité aux normes applicables, leur publication contribuera à dissiper les doutes, et à restaurer la stabilité du débat public. Si des améliorations sont nécessaires, une communication transparente reflétera le sérieux réglementaire et la responsabilité institutionnelle.
Dans tous les cas, la divulgation renforce la crédibilité des institutions et, protège la santé publique. La gouvernance en santé publique ne consiste pas seulement à mener des inspections et à rédiger des rapports. Elle consiste aussi, à s’assurer que les citoyens comprennent ce qui a été fait. Et, pourquoi.
Si l’enquête est achevée et le rapport soumis, une question légitime se pose : pourquoi le public, doit-il encore attendre si longtemps pour connaître les conclusions officielles ? Une transparence retardée, équivaut à une transparence refusée. L’affaire à laquelle le nom de Softcare est mêlé s’inscrit désormais dans un débat plus large sur la transparence des institutions publiques. À une époque où l’information circule rapidement, le silence, même procédural, peut être mal interprété.
"La clarté n’affaiblit pas les institutions. Elle les renforce."
Le débat public se poursuivra. Ce que beaucoup attendent aujourd’hui n’est ni commentaire ni spéculation, mais, une communication officielle sur la vérité des faits. En matière de santé publique, la confiance se construit non seulement par l’action, mais aussi, par l’ouverture. L’enquête a été annoncée. Le public observe, il semble bien que l’enquête est terminée. Alors, aujourd’hui, les citoyens n'attendent qu'une chose : de la clarté.
Et donc, tout simplement, les conclusions définitives de la Commission conjointe de l’enquête sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Softcare.
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