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«Pas de BAL à Dakar cette année. Financement, réajustements…»: Amadou Gallo Fall dit tout

Auteur: Entretien réalisé par Ousmane DICKO

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«Pas de BAL à Dakar cette année. Financement, réajustements…»: Amadou Gallo Fall dit tout

Habituée à vibrer au rythme de la Basketball Africa League, la Dakar Arena ne figure pas au calendrier de la saison 6. Une absence qui marque une rupture pour les supporters sénégalais, mais que la direction de la ligue justifie par des impératifs économiques et une réorganisation profonde du modèle. Dans cet entretien avec Seneweb, le président de la BAL, Amadou Gallo Fall revient sur les réajustements et les projections de la ligue.  

Président, vous avez annoncé la saison 6 de la Basketball Africa League avec deux conférences cette année. Pouvez-vous nous donner les détails de cette édition ?

Nous avons effectivement annoncé la saison 6 de la Basketball Africa League, avec des conférences qui se joueront dans deux pays. Nous retournerons en Afrique du Sud pour démarrer avec la Conférence Kalahari du 27 mars au 5 avril. Ensuite, la Conférence Sahara se tiendra au Maroc du 24 avril au 3 mai. Les Finals 8 sont prévus à Kigali au Rwanda du 22 au 31 mai.

Cette sixième saison est charnière, car elle intervient après une saison 5 durant laquelle nous avons établi de nombreux records. La qualité du jeu et le produit proposé sur le terrain continuent de s’améliorer depuis la première édition organisée dans une bulle à Kigali en 2021.

Nous attirons de plus en plus de talents venus du monde entier, mais surtout nous révélons et retenons le talent africain. Jean-Jacques Boissy, MVP de la saison 5, en est un parfait exemple. Formé à la NBA Academy, il a progressé sous nos yeux avant de devenir le meilleur joueur de la ligue l’an dernier.

Cela confirme notre vision: créer en Afrique un parcours complet permettant à un jeune de découvrir le basketball, de se former et d’atteindre le haut niveau sans forcément quitter le continent. Depuis la création de la NBA Academy en 2017 et le lancement de la BAL, ces jeunes disposent d’un véritable environnement professionnel pour exprimer leur talent.

On peut aussi citer Khaman Maluach, passé par la NBA Academy, drafté l’an dernier en NBA. La ligue progresse, forme des joueurs capables d’évoluer partout dans le monde, tout en nous donnant la possibilité d’en retenir une partie pour renforcer l’écosystème local.

Pourquoi ce passage à deux conférences, contrairement aux trois de la saison précédente ?

Depuis la première saison disputée sur un seul site à cause de la pandémie, nous avons constamment ajusté notre modèle. Nous sommes passés à deux conférences (Sénégal et Égypte), puis à trois.

Aujourd’hui, nous cherchons le modèle le plus efficace, tant sur le plan sportif qu’économique. La BAL fait partie de l’écosystème NBA et fonctionne avec des standards très élevés, qui impliquent des coûts importants.

Évoluer dans deux pays plutôt que trois permet une meilleure maîtrise des dépenses. Mais au-delà de l’aspect financier, nous sommes dans une phase stratégique: après cinq ans, nous allons faire évoluer le modèle vers un système de franchises.

Nous voulons davantage de stabilité dans les équipes engagées, professionnaliser encore plus l’environnement et démontrer la viabilité économique de la ligue. Pour rappel, la BAL prend en charge les transports, l’hébergement et accorde des subventions aux équipes pour le recrutement. Ce réajustement est donc aussi pragmatique.

Est-ce un manque d’accompagnement qui explique l’absence de Dakar cette saison ?

Non. Je suis convaincu que nous reviendrons au Sénégal. Le modèle à deux conférences a déjà été utilisé par le passé.

D’un point de vue sportif, deux poules de six équipes offrent une qualification plus directe: les quatre meilleures de chaque poule se qualifient. Cela évite les comparaisons complexes entre troisièmes de groupes différents.

Au Sénégal, nous avons eu des partenaires privés comme Wave, Woodside ou Air Sénégal. Les autorités sont également engagées. Nous sommes en discussion permanente avec les institutions. Le Sénégal reste un partenaire majeur.

 

«Il faut un soutien public et privé fort, car l’organisation est lourde logistiquement»

 

Comment avez-vous vécu les réactions à l’absence du Sénégal cette saison ?

Nous avons reçu beaucoup de messages. L’atmosphère de Dakar Arena va nous manquer. Nous avons travaillé avec de nombreux fournisseurs locaux, créé des emplois et généré de la valeur économique. Mais nous devons aussi tenir compte de nos réalités financières. Cela ne remet pas en cause notre relation avec le Sénégal. Nous restons connectés et reviendrons plus forts.

Quels sont donc les critères de choix des pays hôtes ?

D’abord les infrastructures. La Dakar Arena est une infrastructure de classe mondiale, tout comme la Kigali Arena au Rwanda. Nous avons également joué en Égypte au Hassan Mostafa Indoor Sports Complex, en Afrique du Sud au SunBet Arena, et au Maroc au Complexe Moulay Abdellah.

Ensuite, il faut un soutien public et privé fort, car l’organisation est lourde logistiquement. L’accessibilité du pays est également essentielle.

Après cinq ans d’investissements importants, nous devons maintenant démontrer aux investisseurs la durabilité financière du projet.

«Nous voulons une ligue plus longue dans la durée, plus stable»

Vous avez évoqué un passage vers des franchises. Pouvez-vous nous expliquer davantage?

Actuellement, 12 équipes issues de 12 pays participent à la BAL. Six champions nationaux sont qualifiés d’office et les autres passent par les éliminatoires FIBA. Cela signifie que les équipes peuvent changer chaque année. Seul Petro de Luanda a participé à toutes les éditions.

Cette rotation rend plus difficile la fidélisation des supporters et la construction de rivalités durables. Avec des franchises permanentes, les clubs pourront mieux se structurer, recruter à long terme et développer leur marque.

Nous voulons une ligue plus longue dans la durée, plus stable, capable d’attirer diffuseurs et sponsors. Le monde des affaires recherche la prévisibilité.

Quel est le coût d’organisation d’une édition ?

Je ne donnerai pas de chiffres précis. Mais une étude indépendante a montré que les quatre premières saisons ont généré environ 250 millions de dollars d’impact économique et près de 37 000 emplois sur le continent.

Peut-on s’attendre cette année à une revalorisation des primes ?

Nous cherchons chaque année à améliorer les conditions : qualité du jeu, encadrement, formation des arbitres, entraîneurs et journalistes. Nos matchs sont diffusés dans 214 pays et en 17 langues. Cela implique des coûts croissants. L’intérêt augmente, mais nous avons encore besoin d’un engagement fort des partenaires publics et privés.

Vous êtes également ambassadeur des JOJ. Que représente cette nomination ?

C’est un immense honneur. Partout où je vais, j’en parle. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse représentent une opportunité historique pour le Sénégal et pour l’Afrique. Je suis heureux de voir mon frère Omar Sy aussi, qui a rejoint le cercle des ambassadeurs. Et je suis sûr qu'il y en a beaucoup.

 J’en parlais avec Akon pendant la Coupe d'Afrique. Tous ces gens portent le flambeau. J'en ai aussi parlé à des gens comme Boris Kodjoe, qui ont leur sphère d'influence, leur network et bien d'autres amis, qu'ils soient afro-brésiliens ou afro-américains, où qu'ils puissent être dans la diaspora.

De nombreuses personnalités s’engagent pour porter cet événement. La BAL jouera pleinement son rôle pour contribuer à cette dynamique continentale.

Auteur: Entretien réalisé par Ousmane DICKO
Publié le: Mardi 17 Février 2026

Commentaires (7)

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    Mamadou il y a 5 heures
    221 : Le zoo dont personne ne veut...
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    jaaJëf il y a 5 heures
    tout est clair. Voilà quelq'un qui apporte beaucopup au continent. Merci
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    Djey il y a 5 heures
    Le senegal a perdu en attractivité c’est dommage c’était une belle vitrine pour la publicité de notre pays.
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    Humm il y a 5 heures
    Je trouve qu’il annonce facilement des chiffres pas vérifiables vraiment, les équipes sénégalaises ayant participées dernièrement à la bal douane et vd ont été toutes déficitaires de plus de 100 millions. Hormis l’aspect bling bling au Dakar arena ya aucun impact réel dans notre basket.
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    en faillite il y a 3 heures
    notre pays c la honte, surtout gouverné par deux gougnafiers, Diomaye et Sonko, je me demande meme si les JOJ 2026 vont pas flopper
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    joe bandit bi il y a 1 heure
    lolou ngaye lathie. C'est dans la marre
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    Hdy il y a 2 heures
    Pas de grand bal ??? Oh mon dieu eskeyy
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    Bb il y a 1 heure
    Pas de sentiments il vont la où y a de l argent propre et des supporteurs. Le Sénégal ne fait pas le poids devant Maroc Afrique du Sud où le Ruwanda

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