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Décentralisation : dix ans après, l’Acte 3 confronté à de lourdes contraintes

Auteur: Khady Ndoye

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Décentralisation : dix ans après, l’Acte 3 confronté à de lourdes contraintes

Plus de dix ans après son lancement, l’Acte 3 de la décentralisation révèle de sérieuses limites qui freinent l’efficacité des collectivités territoriales. C’est le constat dressé par Alioune Diouf, secrétaire général du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, lors d’un atelier consacré à l’évaluation de cette réforme engagée depuis 2013.

Si l’Acte 3 a profondément modifié l’architecture institutionnelle du pays — à travers la communalisation intégrale, l’érection du département en collectivité territoriale et la suppression de la région — ces changements n’ont pas produit la transformation économique escomptée. Les collectivités territoriales peinent encore à s’imposer comme de véritables leviers de développement.

Le fossé entre compétences et moyens financiers

Parmi les principales contraintes figure l’insuffisance de l’autonomie financière des communes. Le transfert de compétences opéré par l’État n’a pas été accompagné de ressources adéquates, rendant difficile la prise en charge effective des missions dévolues aux collectivités locales. Cette inadéquation entre les responsabilités transférées et les moyens disponibles constitue aujourd'hui l’un des principaux goulots d’étranglement du processus.

À ces difficultés s’ajoutent des problèmes de viabilité et de cohérence territoriales. Certaines collectivités, confrontées à un manque de ressources humaines, techniques et financières, peinent à offrir des services de base aux populations et à porter des projets structurants de développement local.

Vers un « Acte 4 » de la décentralisation ?

Le schéma actuel de financement, jugé peu efficace, accentue ces fragilités. Selon Alioune Diouf, ces contraintes sont aujourd’hui largement partagées par l’ensemble des acteurs territoriaux et institutionnels, mettant en évidence la nécessité d’une réforme en profondeur.

Face à ce diagnostic, les autorités entendent tirer les leçons de l’Acte 3 afin de corriger ses insuffisances. L’évaluation en cours devrait ouvrir la voie à une nouvelle étape, annoncée comme un Acte 4 de la décentralisation. Son ambition sera de lever les contraintes structurelles, de renforcer les capacités des communes et de leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans le développement économique et social des territoires.

Auteur: Khady Ndoye
Publié le: Mardi 03 Février 2026

Commentaires (3)

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    Vieux routard il y a 11 heures
    Mes compatriotes ont cette manière de mettre la charrue avant les boeufs, ils ne parlent que de pognon alors que c'est la faisabilité qui est le fer de lance de toutes initiatives, le sénégalais a le culte de l'argent mais malheureusement il ne sait pas comment l'utiliser dans l'intérêt de la population même avec tout le budget de l'Afrique vous serez toujours confronté à l'échec.
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    un citoyen il y a 9 heures
    Le découpage administratif des communes ressemble plus à un morcellement politique car les critères de création d’une commune ne sont nullement respectés. La ville de Dakar devrait 6 communes au max, la ville de Pikine 5, Guédiawaye 2, Rufisque redevient commune etc... En effet la viabilité économique de plusieurs communes est nulle.
    J’ai toujours pensé que le développement du Sénégal passera inéluctablement par l’essor des collectivités territoriales. A cet effet il est nécessaire de réduire rationnellement le nombre des collectivités territoriales. Je pense aussi que la région érigée en collectivité est mieux que le département. L’Etat devrait se décharger sur les régions pour tous les investissements à caractère social (routes, hôpital régional, lycées etc...).
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    Darkpinguin il y a 8 heures
    Il ne faut pas mettre sur le même plan l'ancien président Sall, avec tous les torts qu'il nous a causés, et les autorités actuelles qui tentent désespérément de remettre le pays sur les rails, malgré l'énorme dette qu'il nous a léguée, dont une grande partie n'est jamais parvenue au Sénégal mais a fini dans des paradis fiscaux. Le Sénégal consacrera la moitié de ses recettes fiscales au service de cette dette pourau moinsdeux décenniesàvenir. Ses ressources minières, gazières et pétrolières échappent désormais à son contrôle et sont bloquées par des contrats opaques conclus avec des intermédiaires. Ces contrats contiennent des clauses abusives qui créent un déséquilibre considérable, attribuant la quasi-totalité des bénéfices à des entités étrangères tandis que l'essentiel du fardeau repose sur le Sénégal, qui n'en retire aucun avantage significatif. Je ne veux pas exagérer ou lui attribuer des qualifications péjorative par respect à la fonction mais cet individu, actuellement en fuite au Maroc, ne devrait plus être considéré comme un hommerespectable.

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