C’est une nouvelle page qui va s’ouvrir au sein du Parti socialiste (Ps). Défait, dès le premier tour de l’élection présidentielle, Ousmane Tanor Dieng devrait céder son poste de Secrétaire général dudit parti, conformément à la promesse qu’il avait faite de ne plus se représenter à une élection présidentielle. «Je suis depuis longtemps au Parti socialiste, et j’y resterai jusqu’au bout.
En revanche, je ne me présenterai pas indéfiniment. Et, quoi qu’il arrive le 26 février, ce sera ma dernière candidature. Que je perde ou que je sois élu, je laisserai la place. Il faut préparer les jeunes générations», avait dit le patron des «verts» dans un entretien paru dans «Jeune Afrique». Et aujourd’hui, au lendemain de la cuisante défaite des socialistes et de leurs souteneurs à l’élection présidentielle, tous les regards se tournent vers Khalifa Ababacar Sall et Me Aïssata Tall Sall qui sont les deux responsables les plus aptes à prendre le relais d’Ousmane Tanor Dieng.
D’ailleurs, dans le même entretien qu’il avait accordé à «Jeune Afrique», le Secrétaire général des socialistes avait déclaré, faisant allusion à sa succession : «Je pense à lui (ndlr : Khalifa Sall), à Aïssata Tall Sall, à tous ceux qui ont 30, 40, 50 ans et qui sont l’avenir du parti». Secrétaire à la Vie politique du Ps, Khalifa Ababacar Sall, par ailleurs maire de Dakar, peut prétendre légitimement à succéder à Ousmane Tanor Dieng. Il a de l’expérience à revendre. Né le 1er janvier 1956 à Louga, cet instituteur de formation, titulaire de deux maîtrises d’histoire et de droit constitutionnel a été plusieurs fois ministre sous Abdou Diouf. Il a été également maire de Grand- Yoff et député à l’Assemblée nationale. Avant de connaître la consécration en 2009, en devenant maire de Dakar, à la faveur des élections locales.
Rompu aux arcanes de la politique, Khalifa Ababacar Sall, qui a été de tous les combats du Ps, a pris de l’envergure depuis qu’il est à la tête de la mairie de Dakar et a aujourd’hui l’étoffe d’un leader. Ses proches estiment qu’il est le successeur naturel d’Ousmane Tanor Dieng, après avoir rongé son frein, des années durant. Me Aïssata Tall Sall, qui n’a plus rien à prouver, peut, elle aussi, nourrir des ambitions. Maire de la Commune de Podor, depuis 2009, localité où elle a encore brillamment gagné, lors du premier tour du scrutin présidentiel, la porte-parole des socialistes a du bagout. Avec du charisme, cette avocate de renommée internationale et redoutable polémiste, qui a été ministre de la Communication sous Abdou Diouf, n’a jamais fait mystère de ses ambitions présidentielles. «On ne fait pas de la politique pour jouer les seconds rôles. J’irais là où me mènera la confiance de mes concitoyens. Je n’exclus rien», avait-elle dit, lors de son passage à la défunte émission dénommée «La Tribune». Mieux, Me Aïssata Tall Sall fait partie des théoriciens de la tenue de primaires au sein du Ps, arguant qu’il ne saurait y avoir de candidat naturel dudit parti. C’est dire que la bataille pour le contrôle du Ps risque de faire rage entre Khalifa Ababacar Sall et Me Aïssata Tall Sall.
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