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[Lumières de la foi]  Serigne Abdourahmane Kounta : Le destin singulier du « Père des Pauvres » de Ndiassane

Auteur: Ablaye Gadiaga Sarr

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[Lumières de la foi]  Serigne Abdourahmane Kounta : Le destin singulier du « Père des Pauvres » de Ndiassane

En ce mois béni de Ramadan, mois de dévotion, de partage et de retour aux sources spirituelles, Seneweb lance sa nouvelle rubrique dédiée aux figures emblématiques de l'Islam au Sénégal. À travers cette série, nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir ces illustres érudits qui ont marqué l'histoire de nos confréries par leur savoir, leur piété et leur dévouement envers les plus démunis. Pour ce premier numéro, nous revenons sur la vie de Serigne Abdourahmane Kounta, une icône de Ndiassane dont l'œuvre sociale et spirituelle continue d'inspirer des générations.

Il a vécu 65 ans. Très connu sous le nom de Serigne Abdourahmane Bouh, il fait partie des icônes de la confrérie khadre. Bien qu’il n’ait jamais été khalife général des khadres à Ndiassane, il attirait un grand nombre de disciples d’ici et d’ailleurs, grâce à sa sociabilité, sa proximité avec le peuple et ses œuvres pour la vulgarisation de l’Islam.

Surnommé « Karamokho » (guide religieux) par ses disciples (bambara et mossi), il est né en 1900 à Ndiassane. Troisième fils de Bouh Kounta (1840-1914), sa mère s’appelait Mame Maréma Faye, originaire de Baliga, un village fondé par son père dans le département de Tivaouane (Thiès).

Dès son jeune âge, il est envoyé en Mauritanie pour apprendre le Saint Coran. De retour au bercail, il est transféré par son père à Sédhiou, où il représente la famille Kounta à l’âge de 30 ans. En 1929, suite au décès de son grand frère Mame Cheikh Al Bécaye Kounta, il retourne à Ndiassane pour s’occuper de la famille. Il dirige alors la communauté d’une main de fer jusqu’au retour de son frère Sidy Lamine Kounta, futur khalife général, devant se ranger derrière lui pour soutenir la confrérie.

Selon Cheikh Sidy Lamine Cissé, Serigne Abdourahmane Bouh n’a pas été khalife général, mais il a effectué un travail remarquable dans la confrérie khadre. Il fonctionnait à l’image d’un khalife et a su assurer la relève, retenir tous les disciples et soutenir son frère. Il était très populaire et connu de presque tous.

Un homme social

Serigne Abdourahmane Kounta était un homme religieux et profondément social, toujours au service des disciples et des populations. Il aimait écouter les gens pour comprendre leurs préoccupations et leur apporter des solutions.

« Il était très social. La fortune ne l’intéressait pas. Chaque jour, il distribuait aux populations, allant parfois jusqu’à emprunter pour subvenir aux besoins des nécessiteux. Il ne portait jamais de vêtements avec des poches afin de ne rien épargner », confie Cheikh Sidy Lamine Cissé.

Pendant le mois de Ramadan, il incitait les disciples à respecter le jeûne et les prières et distribuait des denrées alimentaires aux familles dans le besoin, souvent dans la plus grande discrétion. Ses actes lui ont valu le surnom de « Aboul Massakini » (le père des pauvres). « Il était le père, la mère et le grand-père des miskines. Il distribuait tous ses biens aux personnes démunies, même à celles qui ne pouvaient demander de l’aide », ajoute Cheikh Sidy Lamine Cissé.

La religion était la priorité de Serigne Abdourahmane Bouh. Chaque jour, il œuvrait à vulgariser l’Islam, orientant les gens vers Dieu et les enseignements du Coran.

Un grand soigneur de malades mentaux

Serigne Abdourahmane Kounta était également un guérisseur exceptionnel. Il soignait les malades mentaux et les victimes de morsures de serpent grâce à ses connaissances spirituelles et au Saint Coran. Son chambellan, Abdou Diène, l’assistait pour calmer les patients avant le traitement définitif. Il avait déclaré avant sa disparition que certains malades ne seraient plus guéris après son départ, soulignant l’unicité de son savoir.

Selon Cheikh Sidy Lamine Cissé, soigner les fous n’était pas le métier principal de Serigne Abdourahmane Bouh. Il travaillait principalement dans l’agriculture, dirigeait les prières, enseignait le Coran et s’occupait des prières mortuaires et des inhumations. Il créa également des villages comme Ndiassane Mbambilor et Maka Gueydé et avait des disciples dans plusieurs pays, dont le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, où il était surnommé « Morro » (l’autorité, le chef, le guide).

Sa rencontre avec un Khoutb Zamane

Grâce à sa dimension spirituelle, il savait reconnaître les saints de son temps. Un jour, son chambellan Abdou Diène rencontra un homme semblant fou sous un arbre derrière le khabrou de Ndiassane. Serigne Abdourahmane Kounta lui révéla qu’il s’agissait d’un khoutb Zamane venu effectuer sa ziarra à Ndiassane.

Décès et héritage

Serigne Abdourahmane Kounta est décédé en 1965 à l’âge de 65 ans. Sans jamais occuper la chaise de khalife général des Khadres, il a joué un rôle majeur dans la vulgarisation de la confrérie khadre et de l’Islam, laissant un héritage spirituel et social durable au Sénégal.

Auteur: Ablaye Gadiaga Sarr
Publié le: Jeudi 26 Février 2026

Commentaires (1)

  • image
    Azerty il y a 4 heures
    Il est le sixième fils de cheikh bou kounta

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