Proche de Ben Laden, 23-Juin, Cheikh Béthio Thioune : comment la BIP a désamorcé ces affaires explosives
Dans un reportage consacré à la BIP, le commissaire Masserigne Faye, qui a dirigé cette unité d’élite de la police nationale de 2009 à 2013, revient sur trois affaires explosives que ses hommes ont désamorcées avec tact.
2010, un proche de Ben Laden à Dakar. Traqué par les États-Unis, l’homme devait atterrir à l’aéroport Léopold Senghor, devenu plateforme militaire. Il avait dribblé les polices de frontières allemande et belge. «Les autorités américaines ont demandé à leurs homologues sénégalaises de procéder à son arrestation», rembobine le commissaire Faye dans son récit repris par Les Échos. Seul signalement transmis aux éléments de la BIP qui formaient le comité d’accueil : le suspect s’était la rasé la tête trois jours plus tôt. S’accrochant à cette ficelle, les agents de l’unité d’élite se déploient sur site dès l’atterrissage de l’avion du proche de ben Laden et commencent la filature. Sur son parcours, ce dernier se change trois fois. Les soupçons se renforcent. Mais la BIP se garde d’intervenir. «Nous avons préféré attendre le dernier moment pour savoir si une personne était venue le récupérer», révèle Masserigne Faye. La stratégie s’avérera payante : le suspect est accueilli par un individu à bord du volant d’un véhicule immatriculé en Mauritanie. Les deux hommes sont arrêtés et conduits au commissariat du Port. Des agents du FBI débarqueront plus tard à Dakar pour récupérer le colis et saluer le travail de la BIP.
23 juin 2011, le pouvoir de Wade vacille. On était à moins d’un an de la deuxième alternance. Les forces d’opposition et la Société civile forment un bloc et se dressent contre le régime libéral. La tension est vive à Dakar et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. «Le pays avait presque basculé. On nous a alors demandé d’intervenir», se souvient commissaire Masserigne Faye, alors patron de la BIP. Aux Parcelles Assainies, ils récupèrent le coffre du bureau local des Impôts et Domaines que des manifestants trainaient dans la rue après l’avoir dérobé. Au centre-ville, il fallait exfiltrer plusieurs hautes personnalités coincées dans leurs bureaux. «Je peux citer, entre autres, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Madické Niang, ou encore le président du Sénat de l’époque, Pape Diop. Ils ont été évacués par la BIP, de leurs bureaux jusqu’à leurs maisons», souffle l’ancien chef de la Brigade.
2013, la révolte des thiantacônes. Dans son témoignage, l’ancien commandant de la BIP a désigné l’affaire Cheikh Béthio Thioune comme l’une des missions les plus délicates de la BIP. Après son incarcération, en février 2013, pour le double meurtre de Médinatoul Salam, le marabout faisait la navette entre la prison de Thiès et l’hôpital où il suivait un traitement à Dakar. «Quand Cheikh Béthio devait quitter la prison pour venir à l’hôpital, il fallait gérer une foule qui voulait absolument le voir, narre le commissaire Faye. Un jour, poursuit l’ancien commandant de la BIP, la tension est montée un cran au-dessus. «Il y avait des centaines de talibés armés de gourdins devant l’établissement [de santé]. Il fallait absolument éviter l’affrontement.» Le chef des policiers envoie un de ses véhicules en direction de la Place de l’Indépendance. Les thiantacônes , ne soupçonnant nullement qu’il s’agissait d’une ruse, poursuivent la voiture. «C’est à ce moment-là que j’ai fait sortir le véhicule dans lequel se trouvait réellement Cheikh Béthio, en passant par la Corniche.» Il fallait rusé également lors de l’évacuation du marabout en France. La BIP convainc les responsables d’Air France d’accepter d’embarquer le guide des thiantacônes à 16 heures pour un vol programmé à 23 heures. Commissaire Faye : «Si nous avions attendu l’heure normale d’embarquement, il aurait été quasiment impossible de l’évacuer sans affrontements.»
Commentaires (24)
Soyons sérieux , le Sénégal ne cesse pas d’être en danger du fait des politiciens, des milices et autres criminels.
Restez vigilants , ce pays nous appartient et rien ni personne ne doit le déstabiliser.
Bravo au FDS
Bonne année
Malgré de nombreuses infractions financières et criminelles ( épinglé par le CENTIF en 2021, mandat d'arrêt international pour sa belle fille et son fils ) , ce promoteur immobilier multiplie ses procés avec d'honnêtes citoyens sans être arrêté et mis en prison . Ce délinquant doit purgé sa peine de 7ans en France ou dans ce pays . Que les autorités sensées protéger les citoyens agissent ! Protégez au plus vite les citoyens . Vive la justice pour le peuple et non celle des délinquants qui alimentent et infiltrent la plus haute administration.
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.