Lait infantile suspect : Le Sénégal est-il concerné ?
Après une parenthèse dans les nuages suite à la victoire des Lions à la Can, retour sur terre pour nous interroger sur le quotidien des Sénégalais. Non pas sur la dépense ou la situation économique, mais plutôt sur la qualité de certains produits que nous consommons. En particulier les produits Nestlé destinés aux nourrissons sénégalais. Depuis quelques jours en effet, il est question d’un début de scandale chez Nestlé, notamment en France suite à la mort ‘’suspect’’ d’un bébé. Rien n’est encore confirmé, mais le ministère français de la santé a ouvert une enquête.
Avant ce décès, Nestlé avait volontairement rappelé certains de ses produits pour bébé par mesure de prévention, d’abord en fin décembre puis en début janvier. La principale cause est la présence de la céréulide, « une toxine fabriquée par la bactérie Bacillus cereus », selon Le Parisien. La liste des pays concernés par le retrait de produit n’a cessé de grossir jusqu’à atteindre une soixantaine. Parmi eux, deux pays africains : l’Afrique du Sud et la Namibie.
Qu’en est-il alors du Sénégal ? Les autorités de la santé et du commerce qui tardent à apporter la lumière sur l’affaire softcare, restent silencieuses sur ce nouveau sujet. Aucune communication pour dire si le lait incriminé est présent au Sénégal ou pas et qu’est-ce qui a été fait le cas échéant. Au Sénégal, Nestlé commercialise plusieurs produits pour bébé. Il s’agit de NAN optipro 1 et 3 et de Nido Croissance, pour le lait. Pour les céréales, il y a notamment CERELAC très présent dans les boutiques de quartier.
La marque NAN retirée en Afrique du Sud
Or, en Allemagne comme en Afrique du Sud, la marque NAN a été retirée des rayons par Nestlé. Pourquoi pas alors au Sénégal ? De chose l’une : soit le produit présent au Sénégal ne présente aucun risque. Les examens sont faits et les analyses effectuées, mais aucune composante toxique n’a été relevée. Mais même dans un tel cas, les autorités doivent communiquer pour rassurer la population. Soit, l’autre hypothèse, le produit présente les mêmes risques qu’ailleurs, mais autorités et multinationale ont opté pour le silence. Si l’on en croit Bfm Tv, le problème vient d’un fournisseur qui livre à la fois à Nestlé et Lactalis. De quoi renforcer la surveillance.
Dans tous les cas, l’attitude récente des deux camps n’est pas de nature à rassurer le consommateur sénégalais. En novembre 2025, l’ONG suisse Public Eye a révélé que Nestlé a ajouté du sucre sur les produits pour bébé destinés à l’Afrique alors que ces mêmes produits destinés à l’Europe sont sans de sucre ajouté. Selon, Laurent Gaberell, un enquêteur de Public Eye, la quantité de sucre dans ce produit équivaut à 90 morceaux par mois pour un bébé. « C’est très dangereux », s’exclame-t-il sur A+.
La posture du ministre Serigne Guèye Diop en question
Quant aux autorités sénégalaises, leur comportement face au scandale Softcare a de quoi désespérer. Le ministère de la santé avait, dans un communiqué, promis de faire le nécessaire et de revenir vers les Sénégalais pour apporter toutes la lumière. Cela fait plus d’un mois et aucune lumière n’a jailli du ministère de Ibrahima Sy. Aucune mesure conservatoire non plus n’a été prise allant dans le sens par exemple d’arrêter la commercialisation des produits incriminés de Softcare en attendant que lumière soit faite.
Pendant ce temps, le ministre du commerce Serigne Guèye Diop semble privilégier les raisons économiques sur les raisons sanitaires. « On ne peut pas vouloir attirer des industriels et, au moindre incident, chercher à fermer une usine. L’industrie est sacrée », soutient l’ancien Directeur d’usine.
Alors que le premier communiqué de l’Agence de règlementation pharmaceutique (ARP) parlait de « matières premières périmées dans le circuit de fabrication », Serigne Guèye Diop lui parle de matières éliminées. « Personne n’a le droit d’utiliser une matière périmée. Mais dans une usine, on peut trouver des matières éliminées. Cela ne peut être un motif suffisant pour fermer l’usine ». Serigne Guèye Diop cherchait-il à démentir les experts de l’ARP ou est-ce qu’il veut jouer avec l’intelligence des Sénégalais ?
Une chose est sûre : avec une telle posture du ministre du Commerce, Nestlé ne se sentira jamais dans l’obligation d’apporter des réponses aux questions des consommateurs sénégalais.
Commentaires (2)
Nestlé : dans l'armement
Voilà une grande entreprise qui empoisonne dès l'enfance.
Chères Mamas Africa, prenez soin de vos enfants et privilégiez le lait matériel
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