L’histoire aurait nourri un scénario de série B dans une République bananière et fait rire dans les chaumières si elle n’était grave. Un « rapport d’audit de gestion » de 49 pages et d’une vingtaine d’annexes, remis aux autorités le 20 mai 2005 par Mazars Sénégal, le cabinet associé de Mazars et Guérard, raconte par le menu la mise à mort de la plus importante unité industrielle du pays. Fleuron de l’économie nationale, les Industries chimiques du Sénégal (Ics) au capital social de 130 milliards de francs Cfa (environ 200 millions d’euros) sont aujourd’hui au plus mal. Cette entreprise, qui fabrique de l’acide phosphorique, du phosphate, des engrais, des produits phyosanitaires… compte 2500 employés permanents, 4000 journaliers et fait travailler 6000 personnes dans des activités dérivées. D’un bénéfice net de 18 milliards FCFA en 1999, elle est passée à un déficit de 54 milliards de FCFA à la fin de l’exercice 2004. Le gouffre ne cesse de se creuser ; plus de 70 milliards de FCFA, aujourd’hui.
il y a 19 ans
18,466 Lectures
0 Commentaires