Jeudi 20 Janvier, 2022 á Dakar
Vendredi 01 Juin, 2018 +33
Afrique

La rébellion touareg en déroute dans le nord du Mali

Single Post
La rébellion touareg en déroute dans le nord du Mali

Les islamistes viennent de prendre la ville de Gao où se trouvait le quartier général du Mouvement national de libération de l'Azawad.

Les islamistes les ont chassés de Tombouctou, réduits à la portion congrue à Kidal et viennent de les écraser à Gao, en prenant leur quartier général pour tout le nord du Mali : les rebelles touareg sont en déroute et ne contrôlent plus aucune place forte dans cette région. Créée fin 2011 de la fusion d'anciens groupes actifs dans les années 1990 et 2000, la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a lancé à la mi-janvier l'offensive sur plusieurs villes du nord du Mali, prises facilement, face à une armée démoralisée et sous-équipée. "Aujourd'hui, il faut prendre une loupe pour trouver trace des combattants du MNLA", ironise Tiégoum Boubèye Maïga, journaliste malien, spécialiste de la crise dans le Nord.

Allié au début de leur offensive aux groupes armés islamistes Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) - considéré comme une dissidence d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) très implantée dans le Nord -, le MNLA a vite été marginalisé. La chute de Gao (nord-est), berceau des Touareg et l'une des trois grandes villes et régions administratives du Nord avec Tombouctou (nord-ouest) et Kidal (extrême nord-est) - déjà contrôlées par les islamistes - signe l'arrêt de mort du MNLA dans cette région qu'il baptise du nom de l'Azawad et a déclarée indépendante unilatéralement. À Gao, après de violents combats mercredi avec les combattants du Mujao qui ont fait au moins vingt morts, le MNLA a perdu ses chefs militaires, en fuite ou blessés, et ses bastions, dont le palais du gouverneur, qui lui servait de quartier général pour tout le Nord-Mali.

"Corruption"

"Corruption"

En France, ex-puissance coloniale, le MNLA jouit d'un certain capital de sympathie, car il est vu comme un mouvement capable de contrer les groupes islamistes, tout spécialement la branche maghrébine d'al-Qaida, alliée d'Ansar Dine et du Mujao. Ses dirigeants ont été régulièrement les invités des plateaux de télévision à Paris, distillant leur propagande, expliquant leur combat pour l'indépendance, réaffirmant leur laïcité face à des islamistes voulant imposer la charia (loi islamique) à tout le Mali. Mais dans le grand désert aride du Nord malien, la réalité était bien différente. "Alors que les islamistes faisaient un travail de fond sur le terrain, les rebelles touareg faisaient de la communication dans les médias", note Tiégoum Boubèye Maïga.

Pour devenir maîtres du jeu, les islamistes ont d'abord empêché les rebelles touareg de disposer d'une partie de leurs armes lourdes issues du conflit libyen et cachées dans des montagnes du nord-est du Mali, sous leur contrôle. Ils se sont ainsi assuré la supériorité militaire, selon les experts. Ensuite, ils ont su s'attirer la sympathie des populations des différentes tribus présentes dans le Nord, où les Touareg sont minoritaires, en procédant à des distributions de vivres et en insistant bien sur leur volonté de maintenir l'intégrité territoriale du Mali.

Changement de configuration

"Quand les moudjahidine ont pris Gao, ils se sont promenés dans la ville en brandissant le drapeau du Mali. Nous, nous avons aimé ça", commente Saly Touré, du musée du Sahel de Gao, fermé depuis le début de la crise. Mais pour gagner, "les islamistes ont également joué à fond la carte de la corruption", affirme un diplomate africain en poste à Bamako. "Le très influent responsable d'une association des ressortissants de Gao a été acheté. Depuis, il a tourné le dos aux rebelles touareg pour soutenir les islamistes", dit-il.

La défaite du MNLA "est une nouvelle configuration pour les négociations" avec les autorités de transition à Bamako, mises en place après le retrait de militaires qui avaient pris le pouvoir le 22 mars, précipitant la chute du Nord aux mains des groupes armés. À court d'argent, lâchés par leurs soutiens supposés ou réels, empêtrés dans des conflits internes entre une aile militaire sur le terrain et une aile politique de cadres vivant à l'étranger, les rebelles touareg sont en position de faiblesse. À partir de petites localités où ils sont encore présents - Gossi, Ménaka, Anderamboukane - le MNLA pourrait tenter de regrouper ses forces et lancer une contre-offensive sur Gao, selon des experts, mais sans grande chance de réussite.

 

 


affaire_de_malade

6 Commentaires

  1. Auteur

    Fitaw_makonen

    En Juin, 2012 (14:46 PM)
    MNLA vs MUJAO ! Sûr qu’entre les deux le choix des maliens est possible. Il est même urgent! Les mettre dans le même sac serait une grave erreur.

    La divergence entre Mnla et les autres maliens est totale. Il veut l’indépendance de l’Azawad !

    Quant à la divergence entre Mujao et les maliens, existe elle réellement ? D’une part, Ils ont en commun leur volonté de sauvegarder l’intégrité territoriale du Mali d’autre part ils se battent pour que sur toute l’étendue du territoire malien la charia (qui concerne plus de 95% des maliens) soit appliquée ! C’est cet aspect de leur programme qui fait peur. Mais il semble faire plus peur à l’étranger qu’au Mali !

    A Gao hier, la population (les jeunes essentiellement) a soutenu et acclamé l’action du Mujao contre le Mnla ! Ces jeune de Gao ont peut être privilégié l’indivisibilité du mali que le Mujao entend défendre, mais ils sont loin d’accepter l’application pure et dure de la charia dans leur ville et ils l’ont fait savoir plusieurs fois !

    Pour naïve qu’elle puisse paraitre, cette attitude est peut être la plus efficace !

  2. Auteur

    N'importe Quoi !

    En Juin, 2012 (16:37 PM)
    En fait personne n'est contre le fait que les lois puissent être INSPIREES par la religion, elles le sont déjà !

    C'est l'application aveugle de lois venues d'ailleurs qui pose problème.

    ICI c'est l'Afrique pas l'Afghanistan ou le Golfe Persique.



    Comment peut on interdire à un Africain de danser, d'écouter de la musique, de faire du sport, et bien d'autres choses encore....On a suffisamment de blocages dans nos têtes , ce n'est pas la peine d'en rajouter.









    {comment_ads}
    Auteur

    .......

    En Juin, 2012 (18:37 PM)
    Bien sur un cycle interminable d'offensives et de contre-offenseives commencera.Les populations civiles seront les perdantes!!!Ahh Afrique!!!
    {comment_ads}
    Auteur

    Camioneur

    En Juin, 2012 (22:21 PM)
    les soldats maliens au lieu d aller combattre les rebelles au nord ;sont tous dans les postes de controles entre DIBOLI et BAMAKO a usurper l argent des pauvres chauiffaurs senegalais ; stupiodes qu ils sont les bambaras .!!
    {comment_ads}
    Auteur

    Gregg

    En Juin, 2012 (01:44 AM)
    bien fait pour leur gueule , fallait pas s allier avec le diable ..............
    Auteur

    Moor Tojangue

    En Juin, 2012 (09:54 AM)
    Tout le tord revient a AmadouToumani Toure. En tant que chef militaire et de surcroit ayant une cote de populariite tres enviee, rien ne l'empechait de doter le Mali de moyens militaires et tactiques afin de maitriser ces invasions. Le voila qui prend la poudre d'escampete des les premiers sifflement des balles, pour se refuger au Senegal.

    LE MALI ENVIHIT MET LE SENEGAL EN DANGER.

    MONSIEUR LE PRESIDENT,PENSEZ A MIEUX ARMER NOTRE PAYS MEME CONTRE VENTS ET MARRES.

    DES LES PREMIERS ACHATS DE FUSILS ON VOUS RENTRERA DEDANS MAIS LA REGLE DIT QUE CELUI QUI VEUT LA PAIX PREPARE LA GUERRE.

    {comment_ads}

Participer à la Discussion

Auteur Commentaire : Poster mon commentaire

Repondre á un commentaire

Auteur Commentaire : Poster ma reponse

ON EN PARLE

Banner 01

Seneweb Radio

  • RFM Radio
    Ecoutez le meilleur de la radio
  • SUD FM
    Ecoutez le meilleur de la radio
  • Zik-FM
    Ecoutez le meilleur de la radio

LES PLUS LUS

Newsletter Subscribe

Get the Latest Posts & Articles in Your Email