Pour la quatorzième année consécutive, la Fondation Friedrich Ebert (FES) met à disposition le Mali-Mètre, une enquête d’opinion devenue un outil de référence pour capter la perception des Maliens sur les enjeux politiques, sociaux et institutionnels. L’édition 2024, tout en conservant ses thématiques classiques – gouvernance, corruption, sécurité, institutions – élargit son champ d’analyse à des aspects particulièrement d’actualité : la transition politique, le partenariat international, les élections à venir et l’émergence de nouveaux cadres de coopération régionale, à l’instar de la Confédération des États du Sahel (AES).
L'enquête, réalisée durant la première quinzaine de janvier 2024, s’appuie sur une méthodologie consolidée au fil des ans : un échantillonnage élargi à dix régions du pays (Bamako, Gao, Kayes, Koulikoro, Ménaka, Mopti, Ségou, Sikasso, Taoudéni et Tombouctou), à l’exception notable de Kidal, absente cette année pour des raisons sécuritaires et méthodologiques. Comme les éditions précédentes, l’étude bénéficie du visa de l’Institut National de la Statistique du Mali (INSTAT) et a été mise en œuvre par le Groupement d’Intérêt Scientifique des Statisticiens Économistes (GISSE).
Les résultats révèlent un niveau de satisfaction exceptionnellement élevé envers les principaux acteurs de la transition. Plus de 94 % des personnes interrogées se disent satisfaites du président de la transition (dont 70,7 % très satisfaites), tandis que le gouvernement recueille également un taux de satisfaction de près de 89 %. Ces chiffres reflètent une adhésion massive, bien que certaines régions comme Kidal et Gao affichent une moindre approbation. La Cour suprême bénéficie également d’un bon niveau de confiance (plus de 63 % de satisfaction), particulièrement marqué dans le Nord, avec des pics notables à Tombouctou (90,5 %) et Ménaka (80 %).
En revanche, les partis politiques continuent de souffrir d’un sérieux déficit de légitimité. Trois quarts des personnes interrogées se disent insatisfaites de leur rôle (45,4 % très insatisfaites). Les centrales syndicales reçoivent des avis plus partagés, avec 44,6 % de satisfaction contre 32,3 % d’insatisfaction.
La confiance envers la transition est un autre point central de l’étude. Plus de sept Malien.ne.s sur dix estiment que la transition est capable de conduire le pays vers une démocratie plus stable et une meilleure gouvernance. Toutefois, cette confiance est plus fragile dans certaines régions, notamment à Kidal, où 57,4 % de la population n’y croit pas, ainsi qu’à Gao (43 %) et Ségou (38 %).
L’enquête met également en lumière un paradoxe : bien que le niveau de satisfaction soit globalement élevé, une grande majorité de la population (73,6 %) déclare ne pas être informée des réformes en cours. Parmi ceux qui en ont connaissance, les réformes les plus citées concernent la sécurité (29,4 %), le nouveau code minier (25,2 %), la refondation du système éducatif (18,4 %), la Loi d’Orientation et de Programmation Militaire (16 %) et le nouveau code pénal (11,2 %). Ces résultats soulignent un besoin crucial de renforcer la communication gouvernementale autour des politiques publiques.
Concernant la création de la Confédération des États du Sahel (AES), l’enthousiasme est très largement partagé : plus de 92 % des Maliens s’en disent satisfaits. En revanche, les avis sont plus divisés quant à la nature des relations à entretenir entre l’AES et la CEDEAO. Si 38,1 % estiment qu’aucune relation ne devrait exister, une proportion non négligeable évoque des formes de coopération économique ou de libre circulation.
Le Mali-Mètre 2024 consacre également une section importante au dialogue inter-Malien(ne)s. Plus de 95 % des personnes interrogées estiment que ce dialogue est une bonne chose. Pourtant, seuls 11,7 % y ont effectivement participé. L’appréciation de l’inclusivité du processus est mitigée : 47,6 % jugent le dialogue inclusif, contre 15,6 % qui pensent le contraire. Enfin, plus de 82 % des personnes interrogées estiment qu’il n’est pas opportun d’ouvrir un dialogue avec les anciens signataires de l’Accord pour la paix, une position particulièrement marquée dans la région de Koulikoro (91 %).
Cette édition du Mali-Mètre confirme ainsi que, malgré les incertitudes, les populations maliennes conservent une forte confiance dans les institutions de transition. Elle révèle toutefois une attente pressante en matière de participation, de communication et d’inclusivité. En mettant à disposition ces données au public, la FES continue d’alimenter le débat démocratique malien sur la base de la voix des citoyens, dans toute leur diversité et complexité.
Le recours aux fake news ou à l’IA est désormais largement répandu et tous les régimes autoritaires en abusent largement. Mais rarement un tel usage excessif de propagande numérique aura été observé, faisant du Burkina Faso un cas d’école, déjà repéré par de nombreux sites de fact checking en Afrique de l’Ouest. Rien que depuis fin avril, «des centaines de vidéos générées par l’IA glorifiant le capitaine Ibrahim Traoré […] circulent massivement sur les réseaux sociaux à travers l’Afrique», rappelle ainsi sur X le compte Cap’Ivoire Info, spécialisé dans l’actualité médiatique régionale. Lequel place le Nigeria et le Kenya en tête de la liste des pays qui génèrent ces «récits souvent absurdes» à la gloire du leader burkinabé.
Mais cette offensive numérique relèverait aussi d’une «campagne coordonnée de désinformation», relayée par toute une galaxie de comptes pan africanistes populistes. Sans oublier l’indéfectible allié russe d’un régime devenu de plus en plus dictatorial. Multipliant les arrestations et les enlèvements de toute voix critique. Mais bien incapable en revanche de juguler les groupes jihadistes qui infligent de retentissantes défaites aux forces armées.
Répondre à ZOOESQUE
Bozonil y a 3 mois
Il faut foutre dehors toutes ces ONG et fondation occidentales
Commentaires (2)
Le recours aux fake news ou à l’IA est désormais largement répandu et tous les régimes autoritaires en abusent largement. Mais rarement un tel usage excessif de propagande numérique aura été observé, faisant du Burkina Faso un cas d’école, déjà repéré par de nombreux sites de fact checking en Afrique de l’Ouest. Rien que depuis fin avril, «des centaines de vidéos générées par l’IA glorifiant le capitaine Ibrahim Traoré […] circulent massivement sur les réseaux sociaux à travers l’Afrique», rappelle ainsi sur X le compte Cap’Ivoire Info, spécialisé dans l’actualité médiatique régionale. Lequel place le Nigeria et le Kenya en tête de la liste des pays qui génèrent ces «récits souvent absurdes» à la gloire du leader burkinabé.
Mais cette offensive numérique relèverait aussi d’une «campagne coordonnée de désinformation», relayée par toute une galaxie de comptes pan africanistes populistes. Sans oublier l’indéfectible allié russe d’un régime devenu de plus en plus dictatorial. Multipliant les arrestations et les enlèvements de toute voix critique. Mais bien incapable en revanche de juguler les groupes jihadistes qui infligent de retentissantes défaites aux forces armées.
Il faut foutre dehors toutes ces ONG et fondation occidentales
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