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Chronique

Enseignement : les racines du mal

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Enseignement : les racines du mal

J’ai toujours été de ceux-là qui pensent qu’il faut une seule alternative pour sauver le système éducatif : privatiser l’enseignement public. Tout ceux qui font le pauvre, dépensent plus qu’une scolarité par mois pour des futilités. Au cours des funérailles, ce sont ceux qu’on désigne comme couches vulnérables qui rivalisent de moyens en sacrifiant des bœufs ou en exhibant les pagnes les plus chers.

Au Sénégal, les cérémonies traditionnelles coûtent plus cher aux organisateurs qu’une année de scolarité. L’accoutrement d’une femme est plus cher qu’une année de scolarité. Qui disait que les coiffures des têtes de ses cinq filles lui coûtent plus cher que son ravitaillement ? N’est-ce pas là une preuve que si l’éducation de nos enfants nous préoccupait autant que nos futilités quotidiennes, nous pouvions tous payer pour leur éducation.

Si chaque parent payait mensuellement dix mille francs au moins de scolarité, son enfant ne viendrait pas le trouvait à la maison pour lui dire que nous sommes en grève. La gratuité ou le social n’a  jamais développé un pays et ne le développera jamais.

L’école publique est une poubelle parce que tout est gratuit parce que tout est pagaille, parce que tout est mercantilisé. Si les inscriptions étaient bien gérées, elles pouvaient contribuer à régler beaucoup de choses. Mais celles-ci vont dans la poche des chefs d’établissements. Un fournisseur révélait qu’un de ses clients demande que du ravitaillement et non du matériel scolaire. Un établissement de quatre cents (400) élèves à raison de quatre mille francs chacun à l’inscription dispose d’une caisse d’un million six cent mille francs (1.600.000 F). Ajoutez-y les deux cartons de l’année scolaire qui varient entre un million six cent mille et trois millions, vous aurez facilement de quoi construire une salle de classe ou de quoi équiper l’établissement.

L’école publique est une poubelle parce que les enseignants n’ont plus d’éthique ni de déontologie. Ils sont nombreux à sécher leurs cours pour faire du rattrapage dans le privé. Ils sont nombreux à se porter malade au public pour rattraper des heures perdues dans le privé. Ils sont nombreux à mieux préparer les cours du privé que ceux du public. Ils font plus de devoirs surveillés au privé que dans le public. Je dis, j’en ai vu qui fuient les cours du public pour s’occuper de la bonne marche de leurs affaires. Et pourtant, ils sont les premiers à jaser s’il y a retard du paiement des salaires.

Quand des enseignants sont chefs d’entreprises, quand des enseignants sont reporters ou patrons de presse, quand des enseignants sont chefs d’établissement privés alors qu’ils sont encore en activité, c’est inquiétant. Quand des enseignants sont commerçants, tabliers ou marchands ambulants, quand des enseignants quittent la brousse à la fin du mois et attendent leur salaire pendant une semaine au niveau de certaines structures financières  qui ne payent les salaires qu’à partir du 10 ou du 15 au vu et au su des autorités, il y a de quoi agir et de repenser le système. Nous n’avons plus d’enseignants, mais des va en grève. Nous n’avons plus d’enseignants, mais des opportunistes. Nous n’avons plus d’enseignants, mais  des hommes et des femmes d’affaires. Si on s’intéresse plus à sa propre réussite qu’à celles des enfants, on cesse d’être enseignant. On devient un arriviste.

Mais ils sont souvent à l’image de leurs chefs hiérarchiques. Des chefs d’établissement qui ne rendent jamais compte, il y en a dans ce pays. Pourtant personne ne leur tord la main. Des chefs d’établissement qui confondent les moyens publics et leurs propres moyens sont passibles de jugement pour enrichissement illicite. Le véhicule, le carburant, le matériel de bureau sont souvent plus à la disposition de la famille qu’à la disposition du service public.

Que dire des parents d’élèves que nous sommes. Désengagés, rien de plus. Mais les parents d’élèves du privé ne le sont pas. Et pourquoi ? Là où est ton argent, là sera ton cœur. Dans le public, c’est le laisser aller et le laisser faire, donc tout le monde adopte.

A mon avis, les élèves ne sont responsables en rien. Ils ne sont que ce que nous avons fait d’eux. Personne ne veut plus rester à la maison pour les éduquer, alors ils s’éduquent eux-mêmes. La génération dépravée que nous avons aujourd’hui, violente et agressive, n’est que le fruit de la surprotection des enfants. Quand le parent aussi n’a plus le droit de corriger son enfant, on ne peut qu’avoir une génération dépravée et souillée par les antivaleurs.

 La tolérance trop poussée, devient du laxisme. Et le laxisme conduit à l’anarchie. Et aucun état ne s’est développé dans l’anarchie. Ce qui s’est passé dans le dernier recrutement des élèves-maitres est assez révélateur.

Le seul responsable de cette forfaiture, de cette honte nationale, c’est l’Etat. Nos dirigeants sont aussi des parasites. Ils aiment vivre sur le dos des plus faibles. Quand un ancien cireur de chaussures renfloue le compte bancaire de son enfant à hauteur de trois milliards en moins d’une décennie, quand un ancien étudiant avec un boulot précaire construit une maison d’un luxe insolent aux Almadies à la grande surprise de son président de la république sans qu’on sévisse, cela incite tout le monde à la tricherie. Malheureusement, les Sénégalais ont été habitués à ce jeu pendant plus d’une décennie. Ce qui est sûr ce n’est pas en dix ans qu’on pourra reformater les esprits déjà tordus car, malgré la traque des biens mal acquis, des gens croient encore que l’impunité est toujours de rigueur. Que le gain facile est d’actualité. Que la corruption est une règle de conduite. Et que l’enseignement est voué aux gémonies.


liiiiiiiaffaire_de_malade

6 Commentaires

  1. Auteur

    Papesai

    En Septembre, 2014 (13:00 PM)
    Biend dit les racines du mal
  2. Auteur

    Nams

    En Septembre, 2014 (13:45 PM)
    l' école est malade donc le pays est malade .c' est pourquoi tout est à l' envers: l' impunité , le vol , la paresse , la malhonnêteté , la gabegie , le mercantilisme etc;chacun fait ce qu' il veut au finish c' est du n' importe quoi ; les enfants ne sont que le résultats de ce que nous faisons .
    • Auteur

      Jallo

      En Septembre, 2014 (14:52 PM)
      l'article fait tour d'horizon des mauxn qui gangrennent notre systeme educatif. c'est une analyse holistique bien reflechiie. toutefois vous conseille de bien choisir les mots pour decrire la situation en toute objectivité. quand vous ^permettez de mettre tous les enseignants dans le meme sac, quand vous vous permettez dire qu'il n y a plus d'enseignants dans ce pays, vous vous versez dans une generalisation de mauvaise foi. j'apprecie votre article mais mais le choix de certains mots, à mon avis, dénature l'acception texte.
    Auteur

    Gorguy

    En Septembre, 2014 (14:58 PM)
    Est ce que toutes ces raisons sont valables pour sanctionner les enfants en privatisant l'enseignement ???

    La réponse est NON au contraire il faut démocratiser et redéfinir les priorité de l'enseignement en mettant l'accent sur l'éducation et la formation afin d'éveiller les jeunes à plus d'humilité dans la vie de tous les jours et à rechercher l'autonomie par l'acquisition de savoir et surtout de savoir faire....



    Wa salam...
    Auteur

    Fastef

    En Septembre, 2014 (21:39 PM)
    Reglez.pour.de.bon.l'injustice.que.les.400.Diplomés.de.la.FASTEF.subissent
    Auteur

    Balance

    En Septembre, 2014 (16:21 PM)
    Monsieur votre analyse a le mérite de toucher du doigt quelques grands maux du système éducatif mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Si certains chefs d’établissement comme vous le dites se "sucrent" avec l'argent des inscriptions et celui des crédits délégués, beaucoup d'entre -eux se démènent comme de beaux diables pour faire fonctionner des établissements qui n'existent que de nom (les nouvelles créations ou les collèges et lycées de proximité). Pour votre gouverne, les cartons ont été réduits et beaucoup d’établissements ont un budget de fonctionnement de moins de 300.000 F par an et quant à l'argent des inscriptions il est géré par le CGE et non par les chefs d’établissements.
    Auteur

    Coco

    En Septembre, 2014 (16:27 PM)
    merci , tu ose dire le mal qui frappe notre systeme educatif.

    au prive , les gens cherchent a savoir pourquoi ils payent la scolarite de leur enfan??????

    aucune conscience professionnllee actuelement, il faut sanctionner tous les jours ou licencier les tricheurs

    pendant 10 ans et le resulta va suivre....il faut un tyran avec son baton tous les jours....

    a bientot

    salutation

    babou

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