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Le Silence. le sourire, le griot et le peuple ( Par Abdel Aziz Mayoro Diop, Journaliste - Écrivain)

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Le Silence. le sourire, le griot et le peuple ( Par Abdel Aziz Mayoro Diop, Journaliste - Écrivain)

À quelque chose malheur est bon car, au bout du compte, après ces moments quelque peu tumultueux que le pays a récemment vécus, c’est notre démocratie qui s’en est retrouvée renforcée. Mais aussi certaines de nos valeurs. Alors que depuis plus d’une décennie, c’est la disette quasi totale à ce niveau. Ce dont nous devons donc être fiers. Voire même, nous en enorgueillir. Sans modestie aucune. Et ce ne serait pas trop pécher. Juste la petite dose qui n’obligera pas à la confession. Celle qu’un simple mea culpa suffira à absoudre.

   

   Et cela, Monsieur Le Président de La République, grâce d’abord à votre silence. D’or, certes, ainsi de l’adage. Mais un peu plus. Parce que fort révélateur. Bien au-delà des cinq brèves traductions auxquelles je m’adonne humblement ici:


   En refusant, de par le verbe ou l’acte, de répondre à l’invective, il préserve la Paix sociale. Ce qui, pour le moins, est un plus pour la démocratie. Un ajout. Et nous y avons tous gagné.


   Ce silence est aussi preuve de Puissance. Car savoir renoncez à la force, alors qu’on n’en est pas dépourvu, et pardonner, sans y être obligé et sans exiger une autre forme de contrepartie, relève simplement du privilège des hommes puissants.


   Mais ce silence est également l’expression d’une grande Noblesse. Celle de l’acte. La seule, d’ailleurs, que reconnaît et récompense Dieu. Et ce n’est pas celle du prince.


   Et ce silence tire du puits de l’oubli et de l’ignorance une de nos plus grandes valeurs. À savoir, le Respect qu’autorise l’âge. Le Grand âge, s’entend! Tant bien même a t-il voulu, à l’occasion, blanchir l’outrage. Qui, plus est, sera fait au nom du fils. Fut-il l’unique fils. Et, à ne pas s’y tromper, il n’est le père que de ce fils-là.


   Enfin ce silence est l’expression d’une Sagesse. Et, c’est tout à notre bénéfice. Heureux, dit-on, les peuples dont les rois sont des sages.


   Certes, le nôtre n’est pas encore près d’entonner d’une seule voix l’hymne du bonheur. Aucun peuple ne l’est d’ailleurs. Cependant l’espoir placé en vous est intact. Immense même. Ainsi de la confiance qu’il a eu à vous accorder il y’a trois ans dans sa majorité. Mais, après tout, ce n’est que logique - de bonne guerre même - car il est beaucoup demandé à ceux qui ont beaucoup reçu. 


   Et, comme pour mieux éclairer cette grande fresque, s’ajouterait le sourire avenant de La Première Dame. Certes, naturel et nous y sommes habitués depuis longtemps. Mais, en l’occurrence, il est aussi éloquent que le silence de l’époux. Au nom du respect, de l’élégance, de la vertu, de la piété et de la bonne éducation. Mais également du beau. Et ce n’est pas tout. 


   Car vous avez pris de la hauteur, sans être hautaine, Madame. Et, quoique l’isolement que vous impose votre statut, vous n’êtes pas éloignée du peuple dont vous prenez, autant que possible, en charge et dans la mesure de vos modestes moyens - comparés à ceux des autres Premières Dames - les multiples préoccupations. Mais, en plus de votre discrétion et de votre humilité, vous êtes, avant tout, une compagne. Et dignement. Et quelle grâce! 


   Fille, soeur, épouse, et mère, vous méritez bien et même plus „ d’accrocher à la main un sac qui vaut plus de 12 millions de francs CFA „  ( soyons sérieux donc cher collègue! Et pourtant, je vous admire tant ). Ce clin d’oeil n’épargne pas, non plus, la fougue de certains correcteurs. Et, comme le diable est dans les détails, Dieu sait qu’ils en commettent parfois. Des bévues. 


   Indiscutablement, cependant, l’intention est fort louable. Mais souvent mal orientée. Alors qu’il y’a beaucoup à faire en la matière. Presque, à tous les niveaux. Aussi bien dans le discours politique, chez les enseignants et même les agrégés, que dans la presse. ( Je ne suis donc pas exempt ). Ce qui excuse, à moitié, les élèves et étudiants. À moitié, seulement. En vérité, nous avons tous tort de ne lire que peu. Voire même pas du tout. Et, comme pour donner raison à ceux qui soutiennent qu’il faut mettre dans un livre le secret qu’on veut cacher à un Africain, la volonté politique pour promouvoir le livre et la lecture laisse encore beaucoup à désirer. Or, pour tout développement, le meilleur investissement est dans l’éducation et la formation. Elle n’ont pas de prix. En sus de l’urgente nécessité de les articuler à nos besoins. Coûte que coûte! Sinon, à quoi bon tout ce latin s’il ne sert qu’à célébrer la messe des morts.


   Ceci étant, il m’arrive souvent, en présentant parfois à mes proches, une de mes compositions musicales, de leur dire le sourire en coin : „ eh bien! voilà mon nouveau diplôme de griot „. Mais, en suivant l’intervention discrète, et audacieuse, d’Abdoulaye Mbaye Pekh, dans cette pièce d’insanités où, visiblement, la lâcheté le disputait à l’hypocrisie et à la peur autour d’un vieil homme qui, au fond et parce que les os ne sauraient mentir au temps, n’inspirait plus que compassion quoique dans un désarroi légitime, j’apprendrai que le fait du griot ne se résume pas tout court aux éloges et aux chansons, mais qu’il pouvait aussi retrouver son sens premier dans notre échelle de valeurs qu’expriment, dans le secret des dieux, le courage et, si nécessaire, une certaine témérité. Et quelle grandeur! Monsieur! Quelle noblesse!


   Ceci d’autant que - et le mérite y est aussi -  cela ne vous empêchera pas de réaffirmer votre fidélité. À l’homme d’abord. Même si, visiblement, il n’a plus, comme au bon vieux temps, la grande passion de son pays. Au clan ensuite. Mais, compte tenu de la gravité du moment, vous n’avez pas hésité à vous en détacher. Certain, pour une fois au moins, que la foule trahit souvent le peuple. 


   Enfin, mon respect et mes éloges vont à ce peuple qui n’a jamais su supporter l’injustice. Et son indignation, quasi générale, fut fort appréciable. Tant bien même certaines colères de cour, pour le moins, feintes, il a encore su, une fois de plus, prendre ses responsabilités. Faire preuve d’une grande conscience. Et cela fait partie de ses multiples qualités. Face, malheureusement, à son seul et unique grand défaut qui est de parler, de parler encore, de toujours parler.


   C’est pourquoi, comme je n’ose pas demander au Président de La République, de l’inclure dans le programme du référendum qu’il compte lui soumettre prochainement et qui, je l’espère, réduira aux doigts des mains, et pas plus, le nombre des partis politiques - et quelle pagaille encore! je lui fais, au peuple s’entend! cette petite proposition qui, à mon humble avis, n’a pas moins son importance pour notre futur :


   Si vous le voulez bien, remplaçons simplement par une langue, l’étoile qui est au milieu de notre drapeau. Certain - en le hissant, comme il est de coutume - que notre Grand Péché, ainsi soumis aux caprices du vent, finira bien par être absous un jour. Quitte à ce que cela nous vaille, avec le temps et à la place, un petit trou que nous remplirons cependant d’un grand espoir. 


   Abdel Aziz Mayoro Diop

   Journaliste - Écrivain

   Allemagne

   Auteur de:

   - L’Ailleurs et L’Illusion NEA

   - Prisonniers de la vie NEAS

   - Prison d’Europe NEAS ( 3 ème Prix des Lycées et Collèges du Sénégal )


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3 Commentaires

  1. Auteur

    3xxxx

    En Mars, 2015 (13:26 PM)
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    • Auteur

      Galsen For Ever

      En Mars, 2015 (14:30 PM)
      abdel aziz mayoro diop parle de la morosité économique qui sévit dans le pays ou bien de l'acharnement que subit karim parce que juste fils d'abdoulaye wade, ou mieux, de la dictature rampante qui risque de faire basculer notre cher sénégal tout droit vers le chaos, au lieu de faire les beaux yeux à macky sall.


      on ne t'a pas entendu quand moustapha niass insultait les sénégalais, pourtant 2eme personnalité de l'etat, non plus quand le gouvernement actuel médiocre et rancunier accusait abdoulaye wade de voleur de tapis, de tableaux et de centaines de véhicules sans même parler de la plainte de macky en france contre la famille de wade et qui a fini par être classée sans suite.

      le silence. l'hypocrisie et l'indignation séléctive (de abdel aziz mayoro diop, piètre journaliste et Écrivain)
  2. Auteur

    Thioromabaye

    En Mars, 2015 (20:28 PM)
    Wakh niou lou ame solo wala fayda de mo gueune ak gueuname bi mouye mel ni nar bou perte.
    Auteur

    Atypico

    En Mars, 2015 (00:32 AM)
    La fierté et l'orgueil ne sont vraiment pas de mise dans cette affaire Wade/MAcky monsieur le poète laudateur ! Macky a certes eu raison de ne pas répondre à son adversaire et néanmoins père spirituel, par l'invective et la répression auxquelles le conviaient stupidement certains idiots de ses courtisans. Cela aurait été tomber dans le piège que lui tendait le vieux brigand Wade ! Mais Macky n'a réalisé ici rien de grand, il n'a fait que défendre au mieux ses intérêts et il continue de porter une lourde responsabilité dans l'usage de l'arbitraire de la CREI, dans le ridicule d'un procès hyper coûteux mis en oeuvre pour masquer sa non rupture avec les pratiques dynastiques de l'ancien régime dont il est le continuateur à plus petite échelle. Pour le moment, Macky ne pardonne rien, il calcule et manoeuvre sans désemparer pour se débarrasser de l'épine Karim et conserver une majorité pour briguer victorieusement un second mandat. C'est seulement pour lui une façon intelligente de se positionner - au nom de la démocratie et de la paix sociale - (tout comme le font les leader en Europe )- dans la bataille que se livrent - indépendamment des intérêts du peuple ( démos) - les divers clans de la classe politique, qui est chez nous une classe politico maraboutiquière !

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