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Economie

EXPLOITATION DE L’OR DE SABODALA : Comment les sociétés minières se sucrent sur le dos des populations et de l’Etat

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EXPLOITATION DE L’OR DE SABODALA : Comment les sociétés minières se sucrent sur le dos des populations et de l’Etat

Le mercredi 3 juin 2009, l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade, déclarait à Kédougou avoir reçu le premier lingot d’or sorti du sous-sol de Sabodala. Et pourtant, son prédécesseur Abdou Diouf avait reçu en 1991, de la Société minière de Sabodala (Sms) et d’Eximmcor, les premiers lingots d’or extraits des gisements de Sabodala. Une contradiction manifeste qui avait suscité beaucoup de commentaires de la part de l'opinion, surtout après que des articles de presse ont parlé de deals entre certaines autorités et la société Mineral deposits limited (Mdl) sur l'exploitation de l’or, au grand dam des populations et de l'Etat. Quatre ans après, le site de Sabodala aiguise plus encore les appétits et le problème reste toujours entier. La société Teranga Gold Operation (Tgo) qui a hérité de la concession minière de Mdl, pointée du doigt par les populations de Kédougou et par de nombreux observateurs, de même que des députés à l’Assemblée nationale, car accusée d’avoir réussi à «poursuivre» ce qu’ils considèrent comme un «pillage organisé», se défend et dégage en touche. Pour démêler l’écheveau, «Le Populaire», en partenariat avec l’Institut Panos, a enquêté sur le site de Sabodala. 

 

KEDOUGOU - Alors que se poursuivent l’exploitation et les explorations d’or dans la région de Kédougou, «terres des hommes», la souffrance des populations va crescendo. Du moins, c’est le sentiment le mieux partagé par les populations que nous avons rencontrées sur place à Sabodala. Ces dernières, qui soutiennent qu’il n’y a aucune évolution dans leur quotidien, vivent encore dans des cases en paille et n’ont presque pas d’activités génératrices de revenus. Les infrastructures de base dont se glorifient les sociétés minières sont minimes par rapport à leurs attentes. Comparable à «un géant aux pieds d’argile», la région de Kédougou ne bénéficie pas réellement des ressources tirées de son sous-sol. Seules les entreprises étrangères sont présentes dans la région, car il n’existe quasiment aucune entreprise sénégalaise dans ce secteur. La seule société sénégalaise Eximmcor, qui a eu à exploiter cet or, a été expulsée, 4 mois après le démarrage de sa production en collaboration avec la Société minière de Sabodala (Sms). Ainsi, durant toute la période d’exploitation de l’or de Mineral deposits limited (Mdl) à Teranga Gold Operation (Tgo), c’est la seule société qui exploite dans la zone, les populations que nous avons rencontrées à Sabodala se sentent marginalisées et ne bénéficient toujours pas des retombées de cette exploitation. 

 

Exploitation nébuleuse de l’or : Tgo sur les pas de Mdl ? 

 

Il y a quelques années, la société Mdl qui exploitait l’or de Sabodala était pointée du doigt pour sa gestion nébuleuse, renseignent la plupart des acteurs qui travaillent dans le milieu aurifère et que nous avons rencontrés. Ils en veulent pour preuve la gestion du gold room, qui ne demandait en fait aucune spécialité particulière, sinon la discrétion et la droiture, et qui était assurée par des Thaïlandais et des Philippins ou des Népalais. Les représentants de l’Etat dans la mine n’assistaient qu’à l’enlèvement de l’or du site, mais ne savait pas ce qui se passait dans le gold room, selon nos interlocuteurs. Aussi, malgré l’existence d’entreprises de travaux publics au Sénégal, tous les travaux de génie civil pour la construction de la base de processing plan ont été confiés à l’entreprise mauritanienne Mce. Ces informations ont figuré en bonne place dans le site du mineral deposits www.mineraldeposits.com. 

 

Dans un accord signé entre l’Etat du Sénégal et Mdl en 2005 publié en bourse, le gouvernement de l’époque avait accepté que Mdl soit exonéré des droits de douane, de l’impôt sur les sociétés, ainsi que des taxes de toute nature. L’Etat était convenu avec Mdl qu’il devait faire des investissements sociaux réalisés sur le site, mais que ceux-ci devaient être déduits des taxes ad Valorem et royalties à payer au trésor public. Les 10% de participation gratuite de l’Etat ne seraient pas rémunérés jusqu’à l’amortissement total et définitif des montants initialement investis et qui étaient de 125 milliards de francs Cfa. Des informations que Mdl avait aussi publiées dans son site en date du 24 janvier 2007. 

 

Aujourd’hui, Tgo qui a pris le relais dans l’exploitation de l’or est regardé du même œil par bon nombre de gens de Sabadola. Ce, à cause des pratiques qui ne prennent pas en compte leurs intérêts et qui heurtent la transparence. Dès lors, la question qui mérite d’être poser est de savoir si Tgo n’est pas en train de suivre les pas de Mdl ? En tout cas, son comportement, à l’instar des autres sociétés minières implantées dans la zone, par rapport au respect des règles établies dans l’exploitation de l’or, souffre de transparence. 

 

Pour preuve, la Commission de revue des conventions minières (Crcm) a révélé dans son rapport qu’«à ce jour, les comptes du fonds de réhabilitation des sites miniers ne sont alimentés par aucune société en phase d’exploitation». Plus grave, le ministre des Mines et de l’Energie, Aly Ngouille Ndiaye a déclaré, lors de son passage à l’Assemblée nationale, pour répondre à la question orale du député Demba Diop sur l’exploitation de l’or à Sabodala, que les entreprises ont différentes parades qui leur permettent de mettre à l’abri leur argent et de ne pas payer l’administration fiscale. Ce qui, à bien des égards, démontre que l’exploitant principal Tgo ne respecte pas certaines règles établies. Et tout cela au détriment de l’Etat et des populations. 

 

L’Etat du Sénégal impuissant face aux sociétés minières 

 

KEDOUGOU - Le Sénégal à lui seul ne peut pas lutter contre ces compagnies étrangères qui exploitent l’or de Sabodala. Du moins c’est ce qu’a avoué le ministre des Mines et de l’Energie, Aly Ngouille Ndiaye, lors de son passage à l’Assemblée nationale. Le ministre en veut pour preuve le fait que l’Etat a été contraint de négocier avec Tgo pour le convaincre à revoir à la hausse sa redevance minière qu’il a longtemps refusée d’augmenter au même titre que les autres sociétés minières. D’ailleurs, Tgo était prêt à aller en arbitrage, selon Aly Ngouille Ndiaye, si l’Etat continuait à persister. Cela, d’autant plus que le Sénégal garde encore un mauvais souvenir des arbitrages avec Kumba Ressources, qui, après s’être retiré du projet Sabodala du temps de Mdl, lui réclamait la somme de 600 milliards de francs Cfa. Ce qui fait, à en croire le ministre, que l’Etat a opté alors pour la négociation jusqu’à obtenir gain de cause. Il avait même indiqué que «si l’Etat était allé en arbitrage, les sommes qu’il attendait risqueraient à la limite d’être payées en frais d’avocat». 

 

Ce constat a été partagé par certains spécialistes des mines qui ont requis l’anonymat. D’après eux, le Sénégal à lui seul ne peut pas changer la donne. «En sus des arguments du ministre, les Codes miniers sont identiques partout en Afrique. De fait, si un Etat ne se plie pas à certaines exigences de ces sociétés minières étrangères, elles pourront décider de partir. Pis, l’Etat ne peut pas sévir très rapidement, car ces sociétés ont des contrats bien bétonnés et tout se joue à ce niveau. Dans certains cas, l’Etat laisse faire, mais dans d’autres, il n’a pas les moyens pour intervenir. Et ce qui a le plus défavorisé les pays africains, c’est le fait d’avoir suivi les recommandations de la Banque Mondiale, c’est-à-dire rendre attractif les Codes miniers pour attirer les sociétés minières. Ce qui fait que toutes ces sociétés minières font ce qu’elles veulent». 

 

Ainsi, il faut encore plus de concertations, de synergie et de solidarité entre Etats africains, selon certains de nos interlocuteurs. Mieux, ajoute l’un d’entre eux, «la solution idéale serait de confectionner un Code minier harmonisé au niveau de l’Union africaine et qui donnerait assez d’avantages à l’Etat et aux populations». 

 

401,2 milliards Cfa perdus en 7 ans 

 

L’exploitation minière de Sabodala n’a pas réellement rapporté, durant toutes la période allant de 2005 à 2012, ce qu’elle devrait normalement apporter à l’Etat du Sénégal. Dans la synthèse du rapport de la Commission de revue des conventions minières (Crcm), dont nous avons copie, il est clairement dit, suite aux constats faits sur le terrain, que le manque à gagner de l’Etat est de 401,2 milliards de francs Cfa sur la période de 2005 à 2012, dont 220,8 milliards, soit 55% du montant, au titre des exonérations douanières et 140,4 milliards, soit 45% du total, pour les exonérations fiscales. 

 

Une pareille situation peut être imputée aux nombreux avantages accordés aux sociétés minières présentes dans la région de Kédougou, et particulièrement à Mdl qui exploitait à l’époque. Laquelle situation est favorisée par un Code minier avantageux pour les sociétés minières, qui en ses articles 28, 58, 59, 64… leur confèrent trop d’avantages, surtout en exonération des taxes. Et au même moment, il offre très peu d’avantages à l’Etat et aux populations des zones où est exploité l’or. Ce qui a ouvert durant toutes ces années la porte à toutes les dérives. 

 

La réplique des sociétés minières 

 

Les sociétés minières, qui se sont prononcées sur ce manque à gagner de 401,2 milliards de francs Cfa dont parle l’Etat, ont été toutes unanimes dans leur réponse. D’après elles, il ne pouvait en être autrement dans la mesure où elles dépensent beaucoup dans la phase de recherche. El Hadji Daoucoumba Fall, géologue, responsable des travaux à Sored Mines, une société minière en phase d’exploration à Khossanto renseigne que «dans la phase d’exploration, on dépense sans rien gagner en retour». Lui emboîtant le pas, le vice-président de Oromin Joint venture, Abdoul Aziz Sy, soutient que «de 2005 à aujourd’hui, nous avons dépensé pratiquement 160 millions de dollars. Depuis, on ne fait que dépenser et il n’y a aucun franc qui est rentré dans les poches des actionnaires d’Oromin qui ont pris tous ces risques. Donc, quand on fait une découverte, ce qui est le cas, l’Etat nous permet de récupérer les investissements que nous avons dépensés pendant une certaine période. Et même quand on découvre, avant de commencer la production, il faut faire des investissements. Nous faisons des dépenses avec de gros risques». 

 

Il avertit que si le Sénégal dit qu’il n’accorde plus d’exonération, «les gens iront investir au Mali». Ce qui signifierait qu’il n’y aurait plus d’investissements directs étrangers. Cela, alors même qu’on a besoin de ces investissements pour «équilibrer la balance des paiements et pour créer l’emploi». «Car, même si on est en phase d’exploration, on crée quand même l’emploi dans des zones qui sont enclavées», estime M. Sy. D’après lui, il ne faut pas occulter «des avantages économiques», juste à cause de taxes impayées. 

 

Le Directeur général de Tgo, Macoumba Diop a, pour sa part, déclaré que les exonérations fiscales qui ont entraîné un manque à gagner à coût de milliards pour l’Etat était «un sacrifice que devait faire le Sénégal et il l’a fait. Pour attirer un investisseur dans un gisement d’aussi faible qualité, avec un teneur d’or qui varie entre 1,5 gramme par tonne de roche jusqu’à 4 grammes par tonne de roche, il faut mettre des mesures d’encouragement». 

 

 

SABODALA : Les autorités locales décrient le programme social minier, des députés s’indignent 

 

KEDOUGOU - Avec le programme social minier, les attentes des populations sont loin d’être satisfaites. Et ce ne sont pas le maire de Saraya et le sous-préfet de Sabodala qui diront le contraire.?Eux qui soutiennent que les réalisations qui figurent dans le programme social minier de Tgo sont largement insuffisantes. 

 

Selon Ithiar Bindia, le sous-préfet de Sabodala, «les populations se plaignent de cette insuffisance soulignant que la localité n’a pas d’électricité, alors qu’à quelques pas, il y a Tgo et Oromin. Et lorsqu’on montre souvent des images à la télé, on montre les logements de la société Tgo avec l’éclairage de leurs installations. Ce n’est pas réellement ce qui se passe à Sabodala où les populations vivent dans le noir et dans des cases». M. Bindia pense que comme Tgo a signé une convention avec l’Etat dans laquelle ce dernier leur demande d’appuyer les populations locales, ces réalisations sont le minimum que ces sociétés puissent faire pour que les populations sentent les retombées de l’activité minière». 

 

Pour le maire de Saraya, Gouda Soumaré, les réalisations faites par Tgo peuvent se compter du bout des doigts. Ce sont, entre autres, «un district de santé à Diakhaba, l’amélioration du plateau technique du district de Saraya, la construction de forage et le lycée de Khossanto, en plus d’un pavillon au lycée technique de Kédougou qu’il a équipé et d’une ambulance remise aux populations». Des réalisations bien en deçà de ce que les populations attendaient réellement, selon le maire de Saraya. Dépité par la situation, il déclare : «Si on regarde ce que les compagnies gagnent et les réalisations faites, c’est très minime». M. Soumaré pense que si on évalue ces réalisations dont se glorifie Tgo par rapport au programme social minier, «c’est zéro». 

 

Toutefois, ni le maire de Saraya ni le sous-préfet de Sabodala ne veulent verser dans le nihilisme. Selon le maire Gouda Soumaré, «Tgo a fait tout de même des réalisations, il faut le reconnaître. Mais ce n’est rien comparé à ce qu’elle aurait pu faire». Le sous-préfet Ithiar Bindia, quant à lui, soutient que «Tgo par exemple a mis fin au problème d’eau qui existait à Sabodala». Il reconnaît que l’électrification ne relève pas du domaine de Tgo qui en réalité n’a que 36 000 mégawatt comme l’a dit Christian Mace, chef du département environnement à Tgo. 

 

Du côté des parlementaires, l’indignation est de mise. En effet, les élus du peuple, qui suivent de très près tout ce qui se déroule à Sabodala, n’ont pas manqué d’exprimer leur colère lors du passage du ministre des Mines, le 5 juin dernier, à l’hémicycle pour répondre à la question orale du député Demba Diop «Diopsy», relative à l’exploitation de l’or de Sabodala. Pour le député Diopsy, «les villageois manquent de tout, pendant que ceux qui travaillent dans ces sociétés mènent des vies de pacha». De son côté, Serigne Mansour Sy Djamil, plus radical, a martelé que «l’or n’est pas entre les mains des Sénégalais et même si on doit provoquer une guerre, il faut que ça s’arrête». 

 

Les nouvelles autorités vont-elles réussir à imposer la transparence ? 

 

KEDOUGOU - Depuis des décennies, l’exploitation de l’or de Sabodala a profité plus aux sociétés étrangères qu’aux populations. Mais aujourd’hui, la donne pourrait changer. Car les autorités actuelles ont manifesté une volonté politique de faire bouger les choses en imposant une plus grande transparence. D’abord, le ministère des Mines a lancé la révision du Code minier jugé trop avantageux pour les sociétés minières. Et ce n’est pas tout. L’Etat est aussi en train de revoir tous les contrats avec les sociétés minières présentes à Sabodala. En sus, le président de la République a nommé récemment le haut fonctionnaire pour la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie). 

 

L’Etat veut, par ailleurs, avoir un certain contrôle sur l’exploitation artisanale d’or à Kédougou. D’ailleurs, le ministre des Mines et de l’Energie a sorti un arrêté afin de mettre de l’ordre dans le secteur. Désormais, il faut remplir quatre conditions pour exercer le métier d’orpailleur. D’abord, il faut disposer d’une carte d’orpailleur qu’il faut acquérir en présentant une photocopie de la pièce d’identité. Ensuite, il faut présenter un extrait de casier judiciaire. Puis, il est exigé un certificat de résidence. Enfin, seuls les citoyens de nationalité sénégalaise sont autorisés à mener ce travail d’orpaillage traditionnel. 

 

En plus de ces mesures, les orpailleurs traditionnels ne peuvent plus exercer dans des périmètres appartenant à autrui, comme les sociétés minières détentrices de permis d’exploitation en bonne et due forme. Aussi, les orpailleurs ont l’obligation de ne vendre leur or qu’à des comptoirs agréés, établis au Sénégal. Maintenant, reste à savoir si les autorités resteront fermes jusqu’au bout, afin d’amener les sociétés à adopter, de gré ou de force, les règles de la transparence dans les mines. 

 

Tgo se lave de tout soupçon 

 

KEDOUGOU - Depuis qu’elle a acquiert le gisement de Sabodala des mains de Mdl en 2010, tous les regards se sont tournés vers Teranga Gold Operation (Tgo). Etant l’unique société minière qui exploite l’or de Sabodala, Tgo est vu, aujourd’hui, comme l’héritière d’une nébuleuse par certaines personnes du milieu aurifère, même si elle essaie de se laver de tout soupçon. Arrivé sur un terrain qui leur a été cédé par Mdl, Tgo, depuis le démarrage de l’exploitation, essaie de se donner bonne conscience. D’ailleurs contre toute attente, Tgo a accepté la taxe supplémentaire, malgré ce qui a été signé dans son contrat initial avec l’Etat du Sénégal, comme l'a souligné le ministre des Mines Aly Ngouille Ndiaye à l'Assemblée nationale. 

 

Ainsi, en plus d’avoir versé 5,462 milliards de francs Cfa en 2012 au Trésor public sénégalais, Tgo a revu à la hausse sa redevance minière de 3 à 5%. Soutenant que la taxe supplémentaire ne devrait pas être appliquée à Tgo du fait du contrat initial qu’il a signé avec l’Etat, le Directeur général Macoumba explique : «Nous avons accepté la proposition du chef de l’Etat qui est de payer 5% en 2012, 4% en 2013, 3% en 2014, et 2% en 2015 et ces 2% continuent jusqu’à la fin de l’exploitation». Cela, souligne-t-il, «pour démontrer encore une fois que nous voulons être une entreprise citoyenne, bien que Sgo ne fait pas de bénéfices. C’est seulement à la fin de l’année 2013 que la société sera autonome financière. Jusque-là, les actionnaires sont obligés d’injecter des fonds pour faire tourner la société». 

 

Poursuivant ses explications, M. Diop dit que «depuis que la société a commencé à produire, on n’a pas assez produit d’or et on n’a pas assez vendu d’or pour pouvoir financer le fonds de roulement de l’entreprise et les investissements supplémentaires. Nous avons, en un moment, fait un choix soit d’arrêter les investissements et de faire des bénéfices très vite, ou de réinvestir au Sénégal et compter sur des bénéfices futurs». Sinon, persiste-t-il, «personne ne gagne rien». 

 

«Notre contribution dans le social et le communautaire s’élève à 212 500 000 FCfa par an» 

 

Par rapport aux plaintes des populations, Tgo rappelle qu’il y a eu des investissements faits dans les infrastructures sociales de base. «On a logé gratuitement des étudiants de Kédougou à Dakar. On a construit des forages, la Case des tout-petits, une salle de réunion, le collège de Khossanto. On a construit des salles de classe à Diakhaby, mis à disposition une ambulance à nos frais, affectée aux populations», liste Christian Mace, le chef du département environnement. Mieux, ajoute-t-il, leur contribution dans le social et le communautaire s’élève à «425 000 dollars par an minimum, soit 212 500 000 de francs Cfa, soit plus de 4 milliards de francs Cfa depuis qu’on a commencé à apporter notre contribution». 

 

Selon Christian Mace, Tgo ainsi que les autres entreprises minières du Sénégal ont reçu à ce propos des félicitations du directeur des mines et de la géologie, Ousmane Cissé, à la faveur d’un atelier. Et c’est en ces termes, déclare-t-il, que le Dmg a exprimé tout son satisfecit : «Arrêtez de faire des infrastructures de base. Ça va bien, vous en avez assez fait merci». D’après M. Mace, contrairement aux dires et au constat de certains, «on a fait beaucoup plus que ce qui était espéré». 

 

C’est pour cela que Tgo va, à présent, changer sa clé de répartition en disant plus oui aux activités génératrices de revenus et moins oui aux constructions d’infrastructures de base, a fait savoir Christian Mace. 

 

La politique de l’emploi décriée 

 

KEDOUGOU - Les Kédovins dénoncent la politique d’emploi menée par les entreprises minières qui favorisent la forte présence étrangère. Selon Idrissa Diallo, un jeune technicien supérieur en électro mécanique, «la main d’œuvre locale ne domine pas dans ces sociétés minières. Quand on fait des appels de recrutement, Kédougou n’en bénéficie pas. Dans les différents départements de ces sociétés, les natifs de Kédougou ne dépassent pas 15% du personnel». 

 

Après vérification dans le site de Tgo, il s’est trouvé que pour l’origine des salariés au 31 décembre 2012, dans la partie où on a mentionné ressortissants régionaux (région de Kédougou), ils sont à peine de 10%, alors que les expatriés sont de 9%, les ressortissants nationaux (des autres régions) sont de 55% et les ressortissants locaux (zone de Sabodala) 26%. Toujours dans les informations qu’ils nous ont été fournies, Teranga emploie 956 personnes. Avec ses sous-traitants, l’effectif sur le site s’élève à plus de 1100 personnes. De plus, des travailleurs journaliers de la communauté locale sont employés en fonction du cycle d’activité. Le 31 décembre 2012, 175 travailleurs journaliers étaient employés sur le site. Tgo a également révélé qu’il fait appel aux sociétés d’intérim où il prend des employés sur la base de contrat de mission. 

 

Pour ce qui concerne les emplois non qua-lifiés, Tgo informe qu’elle les prend prioritairement dans la région. Pour les emplois qualifiés, c’est une compétition ouverte. Tgo précise : «Quand on n’a pas une compétence sur place, on est obligé d’aller la chercher là où elle est». Dans le même sillage, la société renseigne que le recrutement de la main d’œuvre non qualifiée est géré par le Comité de recrutement local. Ce dernier est constitué des chefs de village de la zone du projet, d’un représentant de l’Etat, d’un représentant des autorités locales, d’un représentant de la jeunesse et d’un représentant du département ressources humaines de Tgo. Le comité se réunit une fois par semaine, réunion durant laquelle Tgo exprime ses besoins d’effectifs à venir. 

 

Cependant, avec les résultats de l’enquête de la Commission de revue des conventions minières (Crcm) rendus publics en avril dernier, on se rend compte que les sociétés minières ne sont pas en conformité avec les règles établies. Du point de vue du respect des engagements en matière d’emploi, il a été noté un recours très significatif au personnel expatrié. Ce qui laisse penser que les sociétés n’ont pas véritablement respecté les engagements pris avec l’Etat pour ce qui concerne les emplois. Et c’est fort de ce constat que les autorités ont demandé aux sociétés de remplacer ces personnels expatriés par des nationaux. 


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13 Commentaires

  1. Auteur

    Dxb

    En Août, 2013 (19:33 PM)
    Texte trop long ...referez vous a la chansson de Daara J Sabadola sur Youtube.
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  2. Auteur

    Sos Mine

    En Août, 2013 (19:36 PM)
    MAIS REGARDEZ MOI CE TRAITRE MENTEUR ESCLAVAGISTE:Il avertit que si le Sénégal dit qu’il n’accorde plus d’exonération, «les gens iront investir au Mali». Ce qui signifierait qu’il n’y aurait plus d’investissements directs étrangers. Cela, alors même qu’on a besoin de ces investissements pour «équilibrer la balance des paiements et pour créer l’emploi». «Car, même si on est en phase d’exploration, on crée quand même l’emploi dans des zones qui sont enclavées», estime M. Sy. D’après lui, il ne faut pas occulter «des avantages économiques», juste à cause de taxes impayées. DU MOMENT QUE LE SENEGAL PERD 401 MILLIARDS EN 7 ANS IL PARLE D EQUILIBRER QUELLE BALANCE DE PAIEMENT? PARLANT D EMPLOIS LES KEDOUVIENS N ONT QUE DES EMPLOIS SUBALTERNES :Ils en veulent pour preuve la gestion du gold room, qui ne demandait en fait aucune spécialité particulière, sinon la discrétion et la droiture, et qui était assurée par des Thaïlandais et des Philippins ou des Népalais. MEME DES MAURITANIENS tous les travaux de génie civil pour la construction de la base de processing plan ont été confiés à l’entreprise mauritanienne .IL N IRONT NULLEPART AILLEURS VU LES CONDITIONS TRES FAVORABLES D EXPLOITATION MINIERES QU ILS AU SENEGAL  :dedet:  :dedet: .L AILLEURS N EXISTE PAS LES MINES C EST SABODOLA ILS SAVENT BIEN SINON ILS SERAIENT PAS LA .LE GOUVERNEMENT DOIT ETRE FERME AU RESPECT DU CONTRAT Les 10% de participation gratuite de l’Etat ne seraient pas rémunérés jusqu’à l’amortissement total et définitif des montants initialement investis et qui étaient de 125 milliards de francs Cfa. A DEFAUT CASSER LE CONTRAT ET NEGOCIER AVEC D AUTRES MINIERS PLUS FAVORABLES AUCUN ARBITRAGE NE DONNERA RAISON A UNE COMPAGNIE MINIERE QUI NE RESPECT PAS SES ENGAGEMENTS CONTRACTUELS.
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    Auteur

    Lipo

    En Août, 2013 (20:03 PM)
    nous ne devons plus accepter le dicta des compagnie minieres qui pillent nos resssources sommes nous souverains oui ou non ils faut modifier les contrats pour les reactualiser pour l'interet des polpulations et du pays Ces societes exploitent detruisent pullulent puis s'en vont apres avoir epuiser nos ressources en 10 ans ils ne ont meme pas apporter 10 milliards cela ne peut plus continuer les deputés patriotes doivent continuer a mettre la pression sur le gouvernement
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    Auteur

    Pauvre Afrique

    En Août, 2013 (20:31 PM)
    L'exploitation de l'or et de d'autres minerais à kédougou et au "Sénégal oriental" devait être l'occasion du rattrapage historique du déséquilibre né de l'économie coloniale. Elle devait permettre aux populations de ces régions de se sentir sénégalais par la réalisation d'infrastructures majeures qui traduisent la présence de l'Etat. Elle devait aussi démentir la fameuse "malédiction" liée à la volorisation des ressouces naturelles! Ce sera le contraire! Maintenant, nous populations de cette région et environs, nous devons payer les errements de l'Etat sénégalais, les contrats mal négociés, l'incurie et la légéreté des gouvernements successifs. Notre environnement doit être saccagé plus pour satisfaire à la soif d'or des multinationales. Nos villages doivent être déplacés pour livrer nos terres à la prédation d'un état qui nous considère comme une périphérie soumise à une "economie de traite coloniale". Notre humiliation, notre spoliation doivent être le prix à payer pour le renflouement des caisses publiques vidées par moult "détounements" et gaspillages. Alors la "terre des hommes", le "pays" des soras et des "fils du caméléon" doivent mener un combat total et résolu pour le respect et la dignité. Car c'est là un précédent important: après l'or ce sera...le fer, le marbre, etc.
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    Auteur

    Pauvre Afrique

    En Août, 2013 (21:05 PM)
    Et méfiez vous des missions de bons offices menés par certains fils du Sénégal oriental historique. N'oubliez pas que les "ennemis" sont d'abord parmi nous!!! Hier ils s'appelaient Mady Cissokho, Mamba Guirassi, Cheikh Cissokho, Moussa Diallo,etc! Aujourd'hui: Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily, Souty Touré, Moustapha Guirassi, Ibrahima Sory Diallo ( le bilakoro opportuniste et son ong de pacotille ), etc. Ignorez les et affrontez leurs vrais commanditaires...
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    Auteur

    Deug

    En Août, 2013 (22:20 PM)
    Ce problème ne date d'aujourdhui . tous les régimes depuis Diouf y sont mélés ! çà les fonctionnaires du ministère des mines et de la présidence le savent.
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    Auteur

    Pauvre Afrique

    En Août, 2013 (22:32 PM)
    Enfin pour ceux d'entre vous qui auraient oublié, pour les prédateurs de "là-bas" qui ne pensent qu'à l'aspect économique, on vous rappelle que cet or, que certains viennent de "découvrir", charrié par la Gambie, la Falémé, le Sénégal, c'est l'Afrique précoloniale de nos ancêtres, c'est le Wagadou, le Mali, le Gajaaga ( le professeur Bathyli serait il devenu amnésique?),etc. Donc cet or, rationnellement exploité, c'est votre histoire, votre identité, votre culture, votre ouverture au monde. Il a fourni, avec l'agriculture, les ressources qui vous ont permi de voyager, d'étudier, de survivre. Donc c'est un combat pour la survie que vous devez mener en dépit des menaces, des traitises, des appels au sentiment "patriotique". Résister ou trahir. Bonne soirée de kédougou à bakel.
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    Auteur

    Mossanne

    En Août, 2013 (22:45 PM)
    les compagnies minières se sucrent sur le dos des populations avec la complicité de l'état et pas sur le dos de l'état!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! des complices de l'état accepte des offres personnels des minières parce que ces complices s'enrichissent aussi sur le dos des populations...
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    Auteur

    Papi

    En Août, 2013 (23:12 PM)
    TGO ( Teranga Gold Opération) c'est MDL. Même actionnaires, même conseil d'administration.

    C'est madicke Niang qu a vendu l'or de Sabodala, rien d'autre....Dans sa tete, il doit s'etre dit que ces populations sont justes des peuls et Basari donc tans pis pour eux.

    Et, ce qui est malheureux, un Sénégalais était la, EXIMCORP, il l'ont chasse pour emmener MDL et leur donner le Materiel d'EXIMCORP.
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    Auteur

    Whouarffffff

    En Août, 2013 (06:58 AM)
    les africains sont toujours entrain de pleurer parce qu 'ils se font piller mais ils sont tellement bêtes et feignants qu ' ils sont incapable d ' exploiter ce qu ' ils possédent ......
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    Auteur

    Teuss-teussi

    En Août, 2013 (09:04 AM)
    Qui pourrait me dire combien coûte 1gramme d'or à sabodala ? chez les petits revendeurs



    merci
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    Auteur

    Ous

    En Août, 2013 (12:03 PM)
    voila si les propos qu'on affecte a Mr ousmane Cisse est de vraiment de lui ,il est vrai complexes
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    Auteur

    Anonyme

    En Octobre, 2015 (13:32 PM)
     :sunugaal: 
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