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Economie

Gestion du PAD : Aboubacar Sedikh Bèye veut mettre fin à l’anarchie

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Gestion du PAD : Aboubacar Sedikh Bèye veut mettre fin à l’anarchie

L’actuel directeur général du Port autonome de Dakar (PAD) veut imprimer sa marque sur cette institution qu’il gère depuis seulement 5 mois. Aboubacar Sedikh Bèye veut rompre avec les vieilles pratiques qui paralysent la structure. Il l’a fait savoir hier au cours d’une visite de chantiers. 

Aboubacar Sedikh Bèye ne veut plus de l’anarchie au Port autonome de Dakar (PAD). Le successeur de Cheikh Kanté à la tête de cette institution veut un nouveau départ. ‘’L’année 2018 sera marquée par des efforts centrés sur la vision d’un port moteur du Plan Sénégal Emergent (Pse). Le Port rencontre des contraintes majeures liées à la congestion qui affecte sa compétitivité mais aussi, aux difficultés financières qui plombent les investissements des structures dont il a besoin pour améliorer sa productivité’’, a indiqué le nouveau patron du PAD, hier à l’occasion d’une visite de chantiers dans les locaux de l’institution.

L’ancien directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a mis en place le plan de travail articulé autour de cinq priorités. Il s’agit d’abord de la congestion. M. Bèye veut se concentrer sur la compétitivité du port mais aussi, celui du fret retour. ‘’A peu près 73% des conteneurs repartent vides. Nous allons mettre beaucoup de ressources à la direction commerciale, près de 250 millions de francs CFA pour travailler avec les agents du port qui sont dans la promotion des exportations, mais aussi avec les chargeurs et tout ce qui tourne autour de l’export pour le booster’’, a expliqué M. Bèye.

En réalité, la congestion du port de Dakar est de ‘’plus en plus préoccupante’’, selon son Dg. Car elle affecte ‘’sérieusement’’ le fonctionnement des opérations portuaires et ‘’freine’’ sa compétitivité. ‘’On assiste à un flux important de camions qui tournent autour de 1 500 pour le terminal à conteneurs. Aujourd’hui, les navires peuvent rester 15 à 30 jours en rade, parce qu’ils ne peuvent pas rentrer dans le port. Cela se traduit en une perte sèche de l’économie nationale’’, a souligné l’ex-Dg de l’Ansd. En fait, un navire qui reste en rade un jour, c’est 15 à 20 000 dollars environ (10 millions de francs CFA). ‘’C’est énorme pour les entreprises qui font venir des bateaux. C’est des millions de dollars qui sont perdus par l’économie nationale. Ce qui veut dire quelque part que c’est le port qui est un goulot d’étranglement, une source d’inefficacité pour l’économie du pays. Donc, il nous faut travailler à réguler ce problème si on veut être un port moteur du PSE’’, reconnaît-il.

50 000 francs CFA de taxe pour un camion qui passe une nuit au port 

Ainsi, il prévoit de réhabiliter le réseau ferroviaire, en travaillant avec la Douane, pour permettre de dégager la voie à partir de la zone nord sur la baie de Hann. Et si possible, faire un port sec à Diamniadio où les opérations de dédouanement pourraient se faire. ‘’Un problème de balise peut faire qu’un camionneur peut rester tout un week-end pour attendre un tampon. Le plan de circulation devrait être révisé. Il faudra réhabiliter le rail pour faire en sorte que les conteneurs sortent par le rail. Il faudra créer de l’espace et faire du port un espace de flux et non de stock’’, a-t-il dit. Il faut dire que les coûts de stationnements sont lourds.

Un camion qui reste la nuit peut être taxé à 50 000 francs CFA. Ce qui fait dire au DG du port que le ‘’plus cher, c’est le temps perdu’’. ‘’Toute minute perdue à l’intérieur et à l’extérieur du port entache la productivité de l’économie, et c’est des points de croissance et de l’emploi perdus. C’est toute une chaîne qui doit fonctionner de façon rapide pour que le pays soit émergent en 2035. On est en retard par rapport à la concurrence’’, regrette-t-il. En effet, le port est réparti sur 20 sites. Pour corriger cet impair, un site en face du môle 2 a été choisi. Les négociations pour l’acquisition d’un immeuble sont en cours pour recasser sur un seul site les petits commerçants installés aux alentours du port.

Dans le même sillage, le deuxième point du plan de restructuration du PAD sera consacré à l’assainissement et à la réhabilitation des ‘’équilibres financiers’’ avec un accent sur le recouvrement, la réduction des charges. Mais également, sur l’accroissement des recettes à travers la valorisation du domaine. ‘’La 3ème priorité sera de finaliser les négociations avec DP World, dans le cadre de la construction d’un nouveau port à Ndayane. Les négociations ont commencé depuis un moment et nous allons les finaliser la semaine prochaine à Paris et nous devrions pouvoir démarrer les travaux au courant de l’année 2018’’, informe Sedikh Bèye. La modernisation du système d’information portuaire, la mise en place d’un guichet unique, seront aussi au rendez-vous. Et pour finaliser son plan de réorganisation, il prévoit de ‘’travailler sur l’amélioration’’ des conditions de travail et du personnel du port et de tous les autres acteurs portuaires.

Les contrats des travailleurs reconduits

Du côté des travailleurs, il y a justement de quoi pousser un ouf de soulagement. En effet, Les employés licenciés par l’actuel Dg du PAD, suite à sa nomination, vont pouvoir travailler à nouveau au sein de l’institution, mais pour une durée bien déterminée. ‘’Tout ce qui concourt à faire du port de Dakar un port compétitif sera fait. Toute charge qui pèse sur la compétitivité du port devrait être considérée. Tout travailleur qui contribue à l’amélioration de ce qu’on fait n’a rien à craindre. En toute rigueur, ces contrats seront renouvelés’’, a annoncé Sedikh Bèye. Au fait, 2018 étant déclarée année sociale par le président de la République, le patron du port a affirmé avoir renoncé à sa décision de suspendre certains contrats. ‘’Nous allons les reconduire. Seulement, nous ne pouvons pas le faire sur 12 mois.  Mais chacun pourra avoir du travail, mais les durées de contrat seront déterminées par les chefs de département’’, a-t-il rassuré.

Les restauratrices jubilent

‘’Jërëjëf, ñoo ngi lày bégé ! Jërëjëf, ñoo ngi lày bégé !’’ ont crié les femmes restauratrices du port, dès l’entrée de leur Dg à l’endroit qui leur sert de cuisine. Noirci par la fumée, l’odeur et l’eau noirâtre qui s’en dégagent, cet endroit a de quoi faire fuir les clients qui sont répulsifs à l’insalubrité. ‘’Voici l’endroit qui nous sert de cuisine. Il n’y a même pas de toilettes. Votre prédécesseur n’a jamais mis les pieds ici. Donc, nous nous réjouissons de cette visite.

Chaque mois, nous payons une facture de 30 voire 50 000  francs CFA et le lieu nous est interdit d’accès en cas de non-paiement. Les clients ne viennent plus ici à cause de l’insalubrité’’, se plaint le porte-parole Fatou Ndao. Face à ces doléances, M. Bèye leur a fait savoir qu’il allait rencontrer leur responsable prochainement. ‘’Vous ne pouvez plus continuer à préparer à manger dans ces conditions. Il n’y a ni hygiène ni sécurité. C’est aussi de notre responsabilité de veiller sur votre sécurité. Certes, il faut obligatoirement que les ouvriers mangent pour pouvoir travailler, mais il faut qu’on vous mette dans de meilleures conditions’’, a-t-il promis. Outre ce restaurant, le Dg du port envisage également de réfectionner le marché situé à quelques mètres de la direction générale. 



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