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La Zone de libre-échange continentale africaine : Les banques, moteurs essentiels de la réussite

Auteur: Aicha Fall

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Après plusieurs années d'attente et de reports, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est à nouveau au centre des discussions comme un projet phare pour le développement du continent, même si des réticences à son encontre subsistent. Pour que cette initiative prenne forme concrètement, les institutions bancaires africaines sont des acteurs indispensables. Leur capacité à soutenir et financer le commerce entre pays africains pourrait bien être déterminante pour enclencher une dynamique économique durable sur le continent, à condition de surmonter d'importantes difficultés structurelles et réglementaires.
La ZLECAf a pour objectif de créer un vaste espace commercial regroupant 54 pays africains, soit plus d'un milliard d'habitants et un marché de plus de 3 000 milliards de dollars. Pourtant, à ce jour, les échanges entre pays africains ne représentent que 15 % du commerce continental, un chiffre nettement inférieur à la moyenne mondiale. La mobilisation des banques africaines est donc cruciale pour faciliter les paiements transfrontaliers, sécuriser les transactions et offrir des solutions de financement adaptées aux entreprises, notamment aux petites et moyennes entreprises (PME), véritables piliers des économies locales.
Selon la Banque africaine de développement, les besoins annuels en financement du commerce intra-africain sont estimés à près de 90 milliards de dollars. Ce montant est loin d'être couvert par les offres actuelles des banques du continent. Le lancement du système de paiement panafricain (PAPSS) est une avancée significative : conçu pour fluidifier et sécuriser les échanges financiers au sein de la ZLECAf, ce dispositif n'est cependant encore adopté que par une partie des institutions financières, ce qui en limite l'impact immédiat.
Cependant, les banques africaines opèrent dans un environnement complexe, marqué par des infrastructures parfois insuffisantes, des différences de réglementation entre États et une perception élevée des risques. Ces facteurs limitent leur capacité à offrir des crédits compétitifs et accessibles, surtout aux PME, ce qui ralentit la création de chaînes de valeur régionales. De plus, l'absence d'une harmonisation juridique et financière continentale complique la standardisation des produits bancaires et freine l'innovation.
Face à ces défis, certaines banques régionales multiplient les initiatives : partenariats transfrontaliers, digitalisation des services, développement de produits financiers adaptés aux spécificités locales, ou encore coopération avec les institutions publiques. En Afrique de l'Ouest et de l'Est, des consortiums bancaires émergent, cherchant à mettre en commun leurs ressources et expertises pour mieux soutenir les échanges interafricains.
Parallèlement, des organismes tels que la Banque africaine de développement et l'Union africaine déploient des programmes visant à renforcer la capacité des banques locales à financer le commerce et à accompagner l'intégration économique. L'inclusion financière devient un objectif majeur, avec la volonté d'ouvrir l'accès au financement aux secteurs informels et aux jeunes entrepreneurs.
La réalisation de ce projet ne peut se faire sans un engagement plus fort des banques africaines, véritables catalyseurs du commerce intra-continental. Leur rôle va au-delà de la simple intermédiation financière : elles représentent le moteur d'une croissance économique interne et d'une plus grande autonomie pour un continent en quête de son intégration. Le nouvel élan porté par la ZLECAf pourrait ainsi trouver en ces institutions les partenaires indispensables à son succès.
Auteur: Aicha Fall

Commentaires (1)

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    Aldo il y a 2 mois

    Il faut impérativement changer la mentalité des banquiers africains qui pensent souvent que le crédit est un don.

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