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Pour devenir président, combien ont-ils dépensé ?

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Pour devenir président, combien ont-ils dépensé ?

Les candidats ont 60 jours pour transmettre leurs comptes de campagne à la CNCCFP, charmant acronyme pour désigner la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Tous ont dépensé la dotation de l’État de 153 000 €, reçue avant le suffrage. Si la somme n’est pas utilisée dans sa totalité, le candidat doit rembourser l’excédent. Mais depuis le passage à l’euro, ce n’est jamais arrivé !

Par ailleurs, un candidat ne peut pas dépasser un plafond de dépenses de 16,851 millions d’euros au premier tour et de 22,509 millions cumulés s’il poursuit jusqu’au second tour.

Si les candidats font leurs comptes, c’est surtout pour obtenir le remboursement de l’État auquel tous peuvent prétendre :

- 800 000 € maximum en cas d’élimination au premier tour avec moins de 5 % des voix ;

- 8 millions d’euros maximum en cas d’élimination au premier tour avec plus de 5 % des voix ;

- 10 millions d’euros maximum pour les deux candidats présents au 2e tour.

Jean Lassalle : environ 170 000 €

Le député des Pyrénées-Atlantiques a dépensé « entre 170 000 et 180 000 € pendant la campagne », nous indique son mandataire financier Antoine Nougarède « C’est, à ma connaissance, la campagne la moins chère de l’histoire de la Ve République », commente-t-il. Dans ce budget, est donc comprise la dotation de l’État de 153 000 €, plus des dons.

Comment a-t-il fait pour dépenser si peu ? D’abord, il n’y avait aucun salarié autour de Jean Lassalle, tous étaient bénévoles, quelques-uns seulement ont été indemnisés « mais pas à la hauteur d’un salaire ». Ensuite, le candidat n’a pas fait de grands meetings, seulement des réunions publiques dans des cafés, des libraires ou des salles municipales gratuitement mises à sa disposition. Dans ses déplacements, seules deux à quatre personnes l’accompagnaient.

Parmi les postes de dépenses, il y a eu le loyer pendant quatre mois d’un local de campagne à Paris, soit 12 000 € environ, puis 5 000 à 6 000 € de frais d’impression (car l’État prend en charge l’essentiel des frais d’impressions pour les affiches officielles et professions de foi).

Le plus gros poste de dépenses : les déplacements, surtout au mois d’avril, précise Antoine Nougarède. « Des trajets en avion de ligne et trois ou quatre avions-taxis pour pouvoir quitter la Corse ou Marseille le soir tard, afin d’être à Paris pour une interview tôt le matin. Une fois, on a même dû faire appel à un hélicoptère ! »

François Asselineau : 1 million d’euros

L’UPR (Union populaire républicaine) indique sur son site avoir récolté environ 1,5 million d’euros de dons sur un objectif de départ fixé à 1,8 million, pour financer la campagne présidentielle et les législatives.

« Le budget de départ était de 800 000 € pour la présidentielle, mais on a dépensé 1 million, donc si nos comptes sont validés on devra fournir 200 000 € de notre poche, nous détaille Alain Parisot, délégué régional de la Bretagne et des Pays de la Loire. On compte sur un million d’euros pour les législatives, donc il va falloir qu’on atteigne 2 millions ou 2,2 millions d’euros de dons… Nous n’avons contracté aucun prêt bancaire. Et nous sommes passés de 16 000 à presque 27 000 adhérents depuis que François Asselineau a obtenu les 500 parrainages. »

Les deux principaux postes de dépenses ont été les frais d’impression des affiches, bulletins de votes et tracts, ainsi que les meetings, le candidat ayant fait sept ou huit meetings dans de grandes salles. Quant à l’équipe de campagne, elle comptait huit salariés et une dizaine de bénévoles.

Nicolas Dupont-Aignan : 1,5 million d’euros

Avec 4,7 % des voix au premier tour dimanche dernier, le candidat de Debout la France ! n’est pas passé loin d’un remboursement plus important de ses frais de campagne. Il y a deux jours, il a lancé un appel aux dons à ses sympathisants car il lui manque 300 000 € pour boucler son budget.

En tout, Nicolas Dupont-Aignan aura dépensé 1,5 million d’euros dont 300 000 € d’un emprunt qu’il a contracté à titre personnel, le reste provenant de dons de particuliers.

Les dépenses se répartissent en trois tiers : le fonctionnement (locaux, salaires des 22 permanents…), les frais d’impression, et les meetings et déplacements.

« Nous avons fait une campagne raisonnable, d’une part parce qu’on avait en tête que c’était possible de faire moins de 5 %, estime Olivier Clodong, directeur de campagne. D’autre part, même si on avait fait plus de 5 %, nous pensons qu’il est possible de faire une belle campagne sans dépenser 15-20 millions qui sont remboursés par l’État, donc par le contribuable. »

Philippe Poutou : 800 000 €

Son équipe de campagne l’assure, le budget n’a pas dépassé les 800 000 € remboursables par l’État. En plus de la dotation de 153 000 €, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste a bénéficié d’un prêt bancaire de 647 000 €.

Son plus gros poste de dépense ? Les frais d’impression des tracts et affiches, pour un tiers du budget. Outre les meetings et les déplacements, les frais de recherches pour les signatures ont aussi été un poste important.

Nathalie Arthaud : 900 000 €

Le budget de la candidate de Lutte Ouvrière a été de 900 000 €. « Cette somme provient des cotisations de nos adhérents et, pour une moindre part, des dons que nous recevons », précise Caroline Dasini, la mandataire financière de la campagne.

Les dépenses portent principalement sur les meetings : location de salles, affiches et frais de déplacements, ainsi que dans une moindre mesure les frais de déplacements liés à la recherche de parrainages. Avec une particularité : « Pour les tracts, nous ne passons pas par des imprimeurs, ils sont réalisés par les militants avec le matériel du parti. »

Jacques Cheminade : 400 000 €

Le candidat de Solidarité et Progrès avait annoncé un budget de 400 000 €. En plus de la dotation d’État, le financement provient de dons. « Les prêts bancaires nous ont été refusés », indique Bruno Abrial, l’attaché de presse de la campagne.

Il estime que les déplacements du candidat ont été le plus gros poste de dépenses de la campagne.

Jean-Luc Mélenchon : 8 millions d’euros

Le budget initial de la France Insoumise est de 8 millions d’euros : 5 millions proviennent d’un emprunt et 3 millions de dons ou de la vente de produits dérivés. « Sachant qu’au départ, nous comptions sur un prêt de 3 millions d’euros, qui nous a finalement été refusé, explique Christian Marre, secrétaire général de la campagne. En fait nous avons reçu 2,5 millions de dons, d’une moyenne de 25 €. Ça nous a beaucoup surpris ! » Un budget qu’il juge « assez modeste » pour la campagne d’un « gros » candidat.

La France Insoumise a cherché dès le début à maîtriser les coûts. D’abord en minorant les frais de logistique : un local pas trop grand, un loyer raisonnable, du matériel soldé pour les tables, chaises du siège, etc. L’équipe n’a loué un véhicule qu’à partir de février et s’est déplacée autant que possible en train ou métro, en réservant dans des hôtels pas trop chers. La politique de recrutement des salariés a été très stricte : 25 salariés sur une équipe de 60, avec donc beaucoup de bénévoles, y compris à temps complet.

Le gros poste de dépenses a été l’organisation des meetings, les tracts, les affiches. Mais ce qui a le plus surpris l’équipe de la France Insoumise, c’est la sécurité : « Ça a coûté bien au-delà de ce qu’on avait imaginé, indique Christian Marre. On avait chiffré la sécurité traditionnelle (vigiles, encadrement médical et sanitaire), mais pas les demandes des préfets. Par exemple, à Marseille, on a dû louer de gros camions pour barrer les routes, on en a eu pour 15 000 €. Ailleurs, on a loué des blocs de béton pour bloquer les accès aux véhicules. La marche du 18 mars a coûté 13 000 € de service médical. »

Benoît Hamon : environ 15 millions d’euros

Le budget était estimé à 15 millions d’euros et l’équipe de campagne a veillé à maîtriser ses coûts en embauchant une personne à temps plein pour étudier à fond les devis. Le PS n’ayant pas de problème d’argent, Benoît Hamon a pu bénéficier de 6 millions d’euros du parti, plus un emprunt de 8 millions d’euros, contracté en son nom, auquel s’ajoutent près de 200 000 € de dons.

François Fillon : environ 16 millions d’euros

Le candidat des Républicains n’a pas eu de problème de financement. Son budget devrait être légèrement inférieur au plafond de 16,8 millions.

Il a pu bénéficier de 10 millions d’euros qui restaient de la primaire de la droite et du centre. Celle-ci en effet a rapporté 17 millions d’euros grâce aux 2 € des 8,5 millions de participants. L’organisation de la primaire a coûté 7 millions, donc le reste a été reversé à l’association de financement de la campagne de François Fillon. Le candidat a pu également compter sur 3 millions d’euros de dons et il a emprunté 5 millions à son parti.

Emmanuel Macron : environ 15 millions d’euros

L’équipe du candidat d’En Marche ! estime à 12-13 millions les dépenses jusqu’au premier tour et pas plus de 2,7 millions jusqu’au 2e tour. « Il y a une incertitude avec nous parce qu’il n’y a pas de distinguo entre le parti et la campagne, donc on est en train de travailler là dessus avec la CNCCFP », nous explique le trésorier Cédric O.

En Marche ! a bénéficié d’un prêt de 8 millions d’euros pour le premier tour, et d’un autre de 2,7 millions pour le 2nd tour. Le reste, ce sont des dons. En Marche ! en a récolté près de 9 millions en un an, même si tout n’a pas été dédié à la campagne.

Les dépenses les plus importantes ont été engagées pour les meetings : « Environ 30 % du budget, puis 30 % pour la communication au sens large (frais d’impression, clips…) et le reste, c’est des frais de fonctionnement, loyers, salaires, etc. »

Marine Le Pen

Depuis le début de l’année, le Front National ne communique plus sur le financement de sa campagne. Fin 2016, le trésorier du FN Wallerand de Saint-Just estimait, dans Libération : « Le budget idéal est de 12 millions d’euros pour la présidentielle : 9 pour le premier tour, 3 pour le second. »

Marine Le Pen a bénéficié d’une avance du FN et d’un prêt d’environ 6 millions d’euros de son père Jean-Marie Le Pen, via son micro-parti Cotelec. Le problème de financement de la campagne vient également du fait que les banques françaises ne veulent pas prêter au parti d’extrême droite. Le reste des financements a dû donc vraisemblablement venir d’une banque étrangère.

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