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Immigration

Les immigrés, sacrifiés de la crise dans les pays riches

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Les immigrés, sacrifiés de la crise dans les pays riches

La population immigrée a augmenté de plus de 30% en dix ans dans les pays de l’OCDE, sauf en France, aux États-Unis, en Allemagne et aux Pays-Bas, où l’immigration légale a peu progressé.

 

Les immigrés ont globalement un niveau d’éducation et de revenu plus faible, des conditions de logement moins favorables et un accès au marché du travail plus difficile. C’est en substance ce qui ressort d’une étude de l’OCDE, publiée ce lundi, qui compare l’intégration des personnes nées à l’étranger, avec d’importantes disparités selon les États.

 

L’OCDE souligne toutefois une amélioration de l’efficacité des mesures visant à mieux intégrer les immigrés dans la société, qui se traduit par une augmentation de leur taux d’emploi dans la quasi-totalité des pays. «Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment pour que les enfants d’immigrés réussissent mieux à l’école et sur le marché du travail et pour que les femmes immigrées accèdent plus facilement à l’emploi», souligne l’organisation internationale.

 

Le nombre d’immigrés a augmenté d’un tiers depuis une décennie, ils représentaient en 2010 près de 110 millions de personnes, soit 9% de la population totale, dont un tiers vit aux États-Unis. La proportion a triplé en Espagne et plus que doublé en Islande et en Irlande.

 

Seuls quelques pays n’ont pas enregistré d’augmentation majeure, dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis. En France, la population immigrée se situe à 11% de la population totale, dans la moyenne de l’OCDE.

 

Taux de pauvreté plus élevé

 

Le revenu médian des ménages immigrés est inférieur à celui des ménages autochtones et, pour la moitié des pays, il représente moins de 80%. Les inégalités sont aussi plus fortes. Dans la plupart des pays de l’OCDE, la population immigrée est largement surreprésentée dans le décile le plus bas – 27,8% des ménages immigrés en France – et inversement sous-représentée dans la tranche des hauts revenus.

 

Le taux de pauvreté est également plus élevé dans la population immigrée dans toute la zone OCDE: 17,3% contre 8,7% pour les ménages autochtones. Si l’écart est très réduit dans certains pays comme le Portugal, Israël ou l’Irlande, le niveau de pauvreté est de 3,7 à 4,5 fois supérieur aux Pays-Bas, au Danemark, en Finlande et en Norvège ainsi qu’en France et en Belgique. Les enfants se retrouvent en première ligne, le taux de pauvreté des moins de 15 ans atteint 25% contre moins de 5% pour les enfants autochtones.

 

Autre enseignement, ils sont les premières victimes de la crise, ils ont subi une plus forte augmentation du taux de chômage depuis dix ans, de 2,7% contre 1% pour le reste de la population, soit un taux à 11,9% en 2010. Les pays fragiles de la zone euro – Espagne, Italie, Irlande… – sont les plus touchés.

 

«On mesure l’intégration à la réussite des enfants»

 

«On mesure l’intégration à la réussite des enfants et cela varie beaucoup d’un pays à une autre et selon l’âge auquel ils immigrent», relève Georges Lemaître de l’OCDE. Sur les résultats Pisa de compréhension de l’écrit, les enfants d’immigrés accusent un net retard, d’un an et demi en moyenne, plus marqué encore pour ceux nés à l’étranger. L’OCDE relève une année de différence dans les notes à l’écrit, entre des enfants de moins de 6 ans et ceux âgés de 11 à 16 ans. Le Château de la Muette insiste sur la nécessité d’une scolarisation précoce et plaide pour le regroupement familial. La France est l’un des pays où le taux de scolarité en école maternelle des enfants d’immigrés est l’un des plus élevés.

 

«Les disparités diffèrent aussi selon les politiques d’immigration», ajoute l’expert de l’OCDE. Plusieurs pays, comme le Canada ou l’Australie, ont mis en place des mesures visant à attirer des travailleurs hautement qualifiés. Résultat: c’est dans ces États, ainsi qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, qu’il y a eu la plus forte progression du nombre de diplômés. Alors que les immigrés sont en général sous-représentés parmi les diplômés du supérieur, c’est le cas contraire en Australie et au Canada. À l’inverse, en France, où le premier motif d’immigration est le regroupement familial – dans 60% des cas -, il y a une forte proportion d’immigration peu qualifiée.



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