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Après les Etats-Unis, Londres interdit tablettes et ordinateurs en cabine

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Après les Etats-Unis, Londres interdit tablettes et ordinateurs en cabine

Après les Etats-Unis, Londres interdit ordinateurs et tablettes en cabine sur des vols venant de cinq pays arabes et de Turquie. Ces restrictions affecteront les passagers prenant des vols directs vers le Royaume-Uni en provenance de six pays : Turquie, Liban, Jordanie, Egypte, Tunisie et Arabie saoudite.

La décision du Royaume-Uni d'emboîter promptement le pas à son allié américain en interdisant en cabine tout appareil électronique plus grand qu'un smartphone n'a pas manqué de déclencher la controverse, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

D'autant que cette interdiction va encore plus loin qu'aux Etats-Unis : en effet parmi les 14 compagnies affectées par les mesures de Londres, six sont Britanniques dont British Airways et Easyjet. Pour tenter de répondre à toute critique, le gouvernement de Theresa May a jugé ces mesures « nécessaires et proportionnées » et ajouté que la Première ministre avait présidé plusieurs réunions ces dernières semaines centrées sur la sécurité aérienne.

Selon les médias britanniques citant des sources au sein du renseignement, cette décision n'est pas due à une menace imminente spécifique, mais est une réponse à une inquiétude grandissante face à des groupes terroristes qui ont désormais la capacité de dissimuler des bombes dans des ordinateurs comme l'a démontré l'attentat à bord d'un avion en Somalie en 2016.

Néanmoins, plusieurs experts aériens ainsi que certains membres du gouvernement regrettent une réaction disproportionnée qui pourrait avoir de sérieuses conséquences diplomatiques et commerciales pour le Royaume-Uni.

La Turquie bon élève, bon gré mal gré

La compagnie Turkish Airlines a annoncé qu'elle allait immédiatement appliquer les nouvelles règles posées par Washington. En revanche, les autorités turques dénoncent cette interdiction et refusent d'être associées aux autres pays cités. Ankara demande à Washington de retirer l'aéroport d'Istanbul de cette liste, indique notre correspondant à Istanbul,Alexandre Billette.

Turkish Airlines a annoncé que les mesures seraient appliquées dès ce matin, pour le premier vol vers New York, celui de 8h30. La compagnie nationale turque prend les devants alors que Washington a donné quatre jours aux compagnies aériennes pour se plier aux nouvelles exigences.

La Turquie n'a pas le choix d'accepter les règles, même si Ankara déplore une mesure néfaste pour les Turcs et pour les Américains. Le ministre des Transports Ahmet Arslan craint de voir chuter le nombre de passagers vers les Etats-Unis depuis Istanbul et il demande à Washington de réviser sa liste noire : « On ne peut pas comparer l'aéroport Atatürk avec les autres aéroports de la liste... Plus de 80 millions de passagers utilisent cet aéroport chaque année, et nous prenons déjà toutes les mesures de sécurité nécessaires. »

C'est un autre coup dur pour Turkish Airlines après l'attentat de l'aéroport Atatürk, la vague de terrorisme en Turquie, la crise du tourisme après la tentative de putsch... La compagnie a été déficitaire pour la première fois depuis des années en 2016.

Interogations

« Il y a deux types d'attentats que l'on redoute avec l'emploi d'ordinateurs, de tablettes, de consoles de jeu ou de liseuses, explique Jean Serrat, ex-commandant de bord et consultant aérien. On a peur qu'un explosif soit caché à l'intérieur. Il y a un an, un Airbus A321 de la compagnie Daalo Airlines a explosé quinze minutes après son décollage de Mogadiscio, en Somalie, à cause d'un explosif dissimulé dans un ordinateur portable disposé dans le siège devant le jihadiste et qui a fait un trou de plus d'un mètre de diamètre au-dessus de l'aile de l'avion.

« Le deuxième type d'attentat, beaucoup plus grave, poursuit Jean Serrat, consiste à utiliser le wifi des avions ou leur système de cinéma pour pouvoir entrer à l'intérieur de logiciels qui pilotent l'avion et entre autres, la poussée des moteurs ».

La décision américaine d'interdire ordinateurs et tablettes sur les vols en provenance du Moyen-Orient suscite bien des questions, relève notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio. Si les Etats-Unis craignent des explosifs dissimulés, ceux-ci ne représentent-ils pas le même danger en soute ? Pourquoi ne pas aussi interdire les téléphones, dont les dernières générations sont aussi performantes que des ordinateurs ?

Par ailleurs, pourquoi les compagnies étrangères sont-elles visées et pas les compagnies américaines qui volent sur les mêmes destinations ? Quels sont les moyens de vérification des unes que les autres ne possèdent pas ?

Enfin, s’agit-il d’un manque de confiance à l’égard des services de sécurité des pays concernés ou d'un argument commercial ? Si un passager souhaite travailler dans l’avion, il se retrouve obligé de choisir une compagnie américaine.

Les autorités n'ont pas donné de réponse et le sujet n’est pas à l’ordre du jour du sommet antiterroriste qui se tient aujourd’hui à Washington, même s'il est à parier qu’il sera évoqué en coulisse.


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3 Commentaires

  1. Auteur

    Anonymerat

    En Mars, 2017 (16:17 PM)
    Mesures inefficaces.



    si vraiment un terroriste envisage de faire sauter un avion avec une tablette , il ira embarquer dans un pays non interdit.





    peuff!!!

  2. Auteur

    Modou

    En Mars, 2017 (17:07 PM)
    Il peut ne pas s'agir seulement de sécurité.

    Trois des compagnies aériennes qui ont été visées par ces mesures - Emirates, Etihad Airways et Qatar Airways - sont depuis longtemps accusées par leurs concurrents américains de recevoir des subventions massives et efficaces de leurs gouvernements.

    Ces compagnies aériennes s’ inquiétaient depuis quelques mois et pensaient que le Président Trump allait prendre des représailles.

    C’est peut être les représailles.

    Ces trois compagnies aériennes, ainsi que les autres compagnies aériennes ciblées dans l'ordre, sont susceptibles de perdre une quantité importante d'affaires de leurs clients les plus lucratifs : les gens qui voyagent en classe affaires et de première classe.

    Les voyageurs d'affaires sont susceptibles de vouloir travailler pendant le vol - la raison pour laquelle ils sont prêts à payer classe affaires ou de première classe c’est parce que cela leur permet de travailler dans le confort.

    Ces voyageurs n’aimeront l’obligation d'avoir à faire tout leur travail sur les smartphones, ou ne pas être en mesure de travailler du tout.

    Le résultat probable est que beaucoup d'entre eux cesseront de voler par les compagnies aériennes du Golfe, et vont commencer à voyager par les compagnies aériennes américaines.

    Comme l'indique le Financial Times, cette decision n'affecte pas seulement les vols directs des compagnies aériennes vers et en provenance des États-Unis – elle attaque les aéroports «centraux» qui sont au cœur de leurs modèles commerciaux.

    Ces compagnies aériennes ne transportent pas seulement des passagers directement de la région du Golfe vers les États-Unis – ells transportent également des passagers vers et de nombreuses autres destinations, les transférant d'un avion à l'autre dans les hubs.

    Cette approche "hub and spoke" est un modèle économique standard pour les compagnies aériennes long-courriers, leur offrant de grandes économies.

    Cependant,Cette decision crée également de grandes vulnérabilités et peut dégrader le hub, en infligant de lourds dommages économiques.

    Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (17:22 PM)
    bien analysé modou

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