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Donald Trump impose des sanctions contre l'Iran quand l'ONU vante le multiculturalisme

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Donald Trump impose des sanctions contre l'Iran quand l'ONU vante le multiculturalisme
Les États-Unis ont imposé lundi des sanctions unilatérales très controversées pour renforcer la pression sur l'Iran au moment même où les Nations unies déplorent "un déficit de solutions multilatérales" face aux trop nombreux "défis multilatéraux".


Nouveau décret présidentiel à l'appui, Donald Trump a annoncé, lundi 21 septembre, des mesures punitives contre 27 personnes ou entités, officiellement au nom du respect de sanctions de l'ONU contre Téhéran pourtant contestées par le reste du monde.

"Mon gouvernement utilisera tous les moyens à sa disposition pour bloquer les ambitions iraniennes en matière d'armes nucléaires, balistiques et conventionnelles", a prévenu le président américain.

Parmi les mesures, des sanctions visant le ministère iranien de la Défense, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, et même le président vénézuélien Nicolas Maduro, accusé d'aider l'Iran à "contourner l'embargo de l'ONU sur les armes". La plupart étaient en fait déjà sur d'autres listes noires américaines.

Nouvelle escalade

Mais ces annonces symboliques marquent une nouvelle escalade de la part de l'administration Trump, puisqu'elles sont censées permettre de faire respecter des sanctions onusiennes considérées comme imaginaires par ses adversaires comme par ses alliés.

Les États-Unis ont en effet affirmé ce week-end que "toutes les sanctions de l'ONU contre la République islamique d'Iran" étaient de "retour", à la suite d'une procédure contestée qu'ils ont eux-mêmes déclenchée. Ces sanctions avaient été levées en vertu de l'accord international conclu en 2015, lorsque Téhéran s'est engagé à ne pas se doter de l'arme nucléaire.

Or le président Trump, jugeant insuffisant ce texte négocié par son prédécesseur Barack Obama, en a retiré avec fracas en 2018 son pays, qui a dans la foulée rétabli voire durci ses propres sanctions bilatérales. À présent, dans une pirouette juridique, les États-Unis invoquent leur statut de pays "participant" à cet accord pour rétablir les sanctions, ce que contestent la quasi-totalité des autres membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Rien de nouveau"

Pour le reste du monde, donc, il ne s'est strictement rien passé ce week-end. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a balayé les nouvelles sanctions. "Il n'y a rien de nouveau", "les États-Unis ont déjà mis toute la pression qu'ils pouvaient sur l'Iran" sans réussir à mettre les Iraniens "à genoux", a-t-il estimé lundi lors d'une conférence virtuelle organisée par le cercle de réflexion Council on Foreign Relations.

Les Européens ont eux aussi estimé que la manœuvre américaine était "sans effet en droit", alors même que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo les appelait à "appliquer ces sanctions".

Lundi, à l'ouverture d'un sommet virtuel célébrant les 75 ans de l'ONU, son secrétaire général Antonio Guterres a déploré "un déficit de solutions multilatérales" face aux trop nombreux "défis multilatéraux".

"Personne ne veut d'un gouvernement mondial - mais nous devons travailler ensemble pour améliorer la gouvernance mondiale", a-t-il ajouté alors que, selon des experts, la pandémie de Covid-19 a cruellement mis en lumière la perte d'efficacité du système multilatéral face à la pire crise depuis la Seconde Guerre mondiale.


"Coups de boutoir"

L'ONU, "notre maison commune, est en désordre", a aussi lancé le président français Emmanuel Macron. "Ses fondations s'érodent, ses murs se lézardent parfois sous les coups de boutoir de ceux-là même qui l'ont construite", a-t-il ajouté en visant implicitement les États-Unis.

Au cours de ce sommet du 75e anniversaire, les dirigeants de la plupart des pays sont intervenus avec des discours enregistrés par vidéo à l'avance et ne devant pas excéder trois minutes. Mais l'administration Trump n'a dépêché qu'une diplomate de second rang, dans une nouvelle manifestation de son mépris pour l'organisation mondiale.

Le président américain doit toutefois intervenir mardi, lorsque les même dirigeants commenceront, pendant une semaine, à s'exprimer lors de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, tenue également en raison de la pandémie de Covid-19 de manière virtuelle, avec des vidéos enregistrées ne devant pas dépasser chacune les 15 minutes.  

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