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En France, les enseignants victimes d’un "véritable déclassement salarial"

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En France, les enseignants victimes d’un "véritable déclassement salarial"

Le rapport 2019 de l’OCDE sur l’éducation montre que les enseignants français, et en particulier ceux du primaire, ont des salaires médiocres en comparaison avec leurs homologues des pays développés. Une situation que dénoncent les syndicats.


Après quinze ans de carrière, un enseignant français en école primaire gagne 37 700 dollars bruts (34 140 euros) par an, quand son homologue allemand gagne, lui, près du double avec un revenu annuel brut de 74 486 dollars (67 450 euros). C’est l’un des enseignements du dernier rapport annuel "Regards sur l’éducation", publié mardi 10 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : en France, les enseignants sont moins payés que leurs homologues des pays membres de l’OCDE.

Selon ce rapport, le salaire des professeurs français est inférieur de 7 % à la moyenne des pays de l'OCDE en début de carrière. Puis, l’écart se creuse considérablement en milieu de carrière avec des enseignants français, tous niveaux confondus, qui gagnent 22 % de moins que la moyenne des pays développés. L'écart se resserre toutefois fortement en fin de carrière, selon l'OCDE, puisque les salaires français sont inférieurs de seulement 2 % à la moyenne.

Les disparités sont encore plus criantes pour les enseignants du primaire qui sont en moyenne plus jeunes, moins souvent agrégés et ont moins l’opportunité de faire des heures supplémentaires ou d’avoir accès à des primes que les professeurs du secondaire. Une situation que dénonce depuis plusieurs années le SNUipp, principal syndicat des enseignants du primaire.



"Le rapport de l’OCDE apporte de l’eau à notre moulin et conforte nos positions, affirme Francette Popineau, du SNUipp, contactée par France 24. Il existe aujourd’hui un gros delta entre ce que nous gagnons et ce que gagnent nos collègues européens."

De fait, les écarts relevés par le rapport "Regards sur l’éducation" concernant les enseignants du primaire sont considérables, surtout en milieu de carrière : - 4 411 dollars par rapport à la Slovénie, - 9 407 dollars par rapport à l’Espagne, - 19 506 dollars par rapport au Danemark, - 25 713 dollars par rapport aux Pays-Bas, - 36 786 dollars par rapport à l’Allemagne et – 70 924 dollars par rapport au Luxembourg.


Le rapport de l’OCDE montre également que l’évolution du salaire des enseignants qualifiés et ayant quinze ans d’ancienneté entre 2000 et 2018 a augmenté dans la moitié des pays de l'OCDE. Mais en Angleterre, en France et en Grèce, c’est l’inverse : le salaire des enseignants y a diminué respectivement de 3 %, jusqu'à 6 % et de 17 %.

L’école : un investissement ou une simple dépense ?

"Cette situation s’explique chez nous par le gel du point d’indice depuis 2010, explique Francette Popineau. Nous sommes victimes d’un véritable déclassement salarial. Il faut que le ministre de l’Éducation s’empresse d’ouvrir des discussions car il y a urgence à régler cette question."

Le faible niveau des salaires pose notamment la question de l’attractivité de la profession d’enseignant. Le SNUipp reconnaît qu’il est de plus en plus difficile de trouver des candidats et à attirer les meilleurs élèves. Résultat : le niveau des enseignants baisse depuis plusieurs années.

L’étude de l’OCDE a par ailleurs le mérite de tordre le cou à un lieu commun sur le temps de travail des enseignants. Au niveau du primaire, les instituteurs français travaillent 900 heures par an alors que la moyenne de l’OCDE est de 794 heures. "Il y a une tendance en France à penser qu’on est payé moins car on travaille moins, mais les données montrent que c’est faux", pointe Francette Popineau.


Les enseignants français doivent enfin gérer davantage d’enfants puisqu’ils en ont en moyenne 19,6 par classe, alors que la moyenne de l’OCDE est de 15,1.

"Les pays qui réussissent dans les évaluations internationales ont fait des efforts en jouant sur trois leviers : les effectifs, la formation et les salaires, décrit Francette Popineau. Toute la question est de savoir si on mise sur l’école ou pas. Le gouvernement considère-t-il qu’il s’agit d’un investissement pour l’avenir ou bien seulement des dépenses supplémentaires ?"

Lors de sa campagne présidentielle en 2017, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir mettre l’accent sur l’école primaire afin de réduire les inégalités "dès la racine". Sa promesse phare de diviser par deux les effectifs en CP et CE1 dans les zones REP (Réseau d'éducation prioritaire) et REP+ a été tenue. Mais pour le SNUipp, cela ne suffit pas. "La fameuse priorité au primaire, on attend toujours de la voir en matière salariale. Il va bien falloir donner quelques gages aux enseignants", prévient Francette Popineau. Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé l'ouverture d'un dialogue sur la question.

   
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1 Commentaires

  1. Auteur

    Hl

    il y a 4 jours (11:13 AM)
    Osons le dire: la France est un grand pays mais en déclin sur plusieurs plans.

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