Alors que plusieurs pays africains ont opté pour la création de fonds souverains – outils censés stabiliser leurs économies, lisser les revenus volatils ou investir dans des projets d’avenir – le Sénégal, pourtant engagé dans une dynamique extractive avec l’arrivée imminente des premiers revenus pétro-gaziers, ne dispose toujours pas d’un tel instrument. Cette absence interroge à l’heure où les débats sur la gestion stratégique des excédents budgétaires, des ressources naturelles et des capacités d’investissement à long terme s’intensifient sur le continent.
Aujourd’hui, plus de 20 pays africains, parmi lesquels le Nigeria, le Ghana, le Rwanda ou encore le Maroc, ont mis en place des structures de ce type, avec des modèles institutionnels et des finalités variables. Certains ont une vocation strictement intergénérationnelle, d’autres se veulent des leviers de développement. Le Fonds gabonais pour les générations futures, par exemple, est alimenté par les recettes pétrolières, tandis que le Fonds souverain du Nigéria est divisé en compartiments dédiés à la stabilisation budgétaire, au développement d’infrastructures et à l’épargne à long terme.
Dans ce paysage, l’absence d’un fonds souverain sénégalais s’explique moins par une incapacité juridique ou technique que par des arbitrages budgétaires et des choix de gouvernance encore non tranchés. La perspective d’un afflux de revenus pétroliers et gaziers, qui devrait s’intensifier à partir de 2025, alimente pourtant des attentes croissantes sur la nécessité de doter le pays d’un mécanisme crédible de gestion et de valorisation de ces ressources.
Lors du débat d’orientation budgétaire de 2023, la question avait été évoquée, sans que cela ne débouche sur une décision politique formelle. Le document de cadrage macroéconomique faisait état de la possibilité de créer un compte de stabilisation ou un fonds spécial d’investissement, mais sans calendrier défini. Ce flou reflète une tension classique : faut-il affecter les futurs revenus extractifs à des usages immédiats (réduction du déficit, financement d’infrastructures, dépenses sociales) ou les placer dans un véhicule d’investissement destiné à préparer l’après-pétrole ?
Au-delà des choix politiques, le contexte régional pose également des contraintes. Dans l’UEMOA, les marges de manœuvre budgétaires sont encadrées par des critères de convergence stricts, notamment sur le déficit et l’endettement. La création d’un fonds souverain autonome pourrait complexifier davantage l’architecture budgétaire et soulever des questions de compatibilité avec les règles communautaires, en particulier si ce fonds devait être logé hors du budget de l’État.
Enfin, la question de la gouvernance reste centrale. La réussite d’un fonds souverain repose sur des principes de transparence, de rigueur comptable, et de capacité d’arbitrage stratégique sur les investissements. Or, dans un contexte où les institutions de contrôle budgétaire peinent encore à s’imposer pleinement, l’absence d’un consensus sur la gouvernance d’un éventuel fonds pourrait expliquer cette prudence institutionnelle.
Le Sénégal dispose toutefois d’un précédent : le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), créé en 2012, qui intervient comme co-investisseur dans des projets structurants. Mais il ne s’agit pas d’un fonds alimenté par des revenus extractifs ou d’excédents budgétaires, et son périmètre d’action reste distinct de celui des fonds souverains classiques.
Ainsi, l’enjeu n’est pas seulement de créer un fonds souverain, mais de définir clairement ses objectifs : stabiliser les finances publiques face à la volatilité des cours, financer des investissements à long terme ou préserver un capital pour les générations futures. En l’état, l’absence d’un tel instrument reflète une prudence budgétaire, mais aussi un manque de consensus sur l’allocation optimale des futures ressources extractives. Reste à savoir si cette prudence est une stratégie ou un simple décalage face à des mutations économiques qui, elles, ne tarderont pas.
Le fonsis créé en 2012.. suivi du fonds intergenerationel 10 ans plus tard....faites des recherches
Répondre à
Et le FONSIS dans tout çail y a 2 mois
Franchement il faut aller vers le FONSIS avant de venir pondre votre torchon ici
Répondre à Et le FONSIS dans tout ça
il y a 2 mois
Un fond avec quel argent. Tout est parti en grosse voiture
Naarbiil y a 2 mois
Plus malhonnête que toi, ça n'existe pas
Répondre à
Pastef mbour 3 thiesil y a 2 mois
Mais il y'a un fonds inter_generationnel deja créé et qui dépend de la présidence. Il joue le même rôle que ce que vous venez de décrire.
reply_authoril y a 2 mois
Apprenez L'ARABE ou bien L'ANGLAIS à distance et en un temps record.
Suivi personnel, méthode douce selon votre rythme.
CONTACT e-mail : senprof2024@gmail.com
Commentaires (4)
Le fonsis créé en 2012.. suivi du fonds intergenerationel 10 ans plus tard....faites des recherches
Franchement il faut aller vers le FONSIS avant de venir pondre votre torchon ici
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Mais il y'a un fonds inter_generationnel deja créé et qui dépend de la présidence. Il joue le même rôle que ce que vous venez de décrire.
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