Le tireur à l’origine d’une fusillade lundi soir à Manhattan (États-Unis), qui a entraîné la mort de quatre personnes, aurait visé la ligue de football américain (NFL) qu’il tenait responsable du développement d’une encéphalopathie traumatique chronique (ECT), selon les informations avancées par le maire de New York.
Le motif de son attaque ? Shane Tamura, 27 ans, a tué quatre personnes ce lundi soir avant de se donner la mort dans le quartier de Manhattan à New York (États-Unis). Selon le maire de la ville, Eric Adams, l’agresseur a cherché à cibler la NFL, le grand championnat de football américain.
En effet, dans sa lettre de suicide découverte après les faits, Shane Tamura a affirmé «avoir développé une ETC (encéphalopathie traumatique chronique) en jouant en NFL. Pourtant, dans les faits, le jeune homme n’a jamais joué à ce niveau mais a été quarterback au lycée.
L'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) est une maladie neurodégénérative progressive qui résulte de traumatismes crâniens répétés, même légers, souvent subis sur une longue période. Elle touche généralement les joueurs de football américain, de boxe ou encore de rugby.
En France, par exemple, l'ancien international français de rugby, Sébastien Chabal, a indiqué en avril dernier avoir des problèmes de mémoire depuis l'arrêt de sa carrière. «Je n’ai aucun souvenir, vraiment aucun, d’une seule seconde d’un match de rugby que j’ai joué», avait-il déclaré à l'époque.
Pas de diagnostic avant la mort
L'ETC découle notamment d'une accumulation anormale dans le cerveau de la protéine «tau», qui perturbe le fonctionnement des neurones. Face à la multiplication des cas, de plus en plus de fédérations sportives mettent en place des mécanismes de prévention, avec une amélioration des équipements de protection et une surveillance médicale accrue.
Aux États-Unis, les athlètes de la NFL sont nombreux à souffrir d'ETC. Selon une étude menée en 2017 par l'université de Boston, sur les 111 cerveaux d'anciens joueurs professionnels de la NFL autopsiés, 110 montraient des signes d'encéphalopathie traumatique chronique.
Cette maladie peut entraîner de nombreux symptômes cognitifs (perte de mémoire, difficulté de concentration, confusion mentale), comportementaux (agressivité, dépression, anxiété, paranoïa) et neurologiques (troubles moteurs, de l’élocution, démence).
Actuellement, il n’est pas possible de diagnostiquer avec certitude qu’une personne souffre d’ETC. Il faut attendre la mort de cette dernière et l’examen de son tissu cérébral pour avoir une preuve concrète. Toutefois, le diagnostic peut être cliniquement suggéré par les antécédents et les symptômes du patient, à l’aide de tests et d’imageries cérébrales.
Le tireur s’est suicidé après son attaque en se tirant dans la poitrine et non la tête. Dans la note trouvée dans son portefeuille, il avait écrit : «Étudiez mon cerveau, je suis désolé». Son autopsie devrait donc permettre l’établissement d’un diagnostic clair.
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