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L'exécutif rejette toute défaillance après les heurts du 1er-Mai

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L'exécutif rejette toute défaillance après les heurts du 1er-Mai

L’exécutif s’est défendu mercredi de toute défaillance dans le maintien de l’ordre au lendemain des violences et dégradations qui ont éclipsé la traditionnelle manifestation syndicale du 1er-Mai à Paris. Au total, 109 personnes étaient en garde à vue à la suite des incidents, qui ont fait mardi quatre blessés légers dont un CRS, selon la préfecture de police.

En déplacement en Australie, Emmanuel Macron a souligné que le 1er-Mai était “la journée des travailleurs, pas la journée des casseurs” et assuré que les mesures nécessaires avaient été prises face à la polémique sur ces violences dues à quelque 1.200 militants “Black blocs”, activistes vêtus de noirs et masqués qui ciblent les “symboles de l’Etat et du capitalisme”. “Il y a un gouvernement, il y a un Etat, il est dirigé, et il continuera à agir”, a déclaré le président à la presse.

En déplacement mercredi dans le Cher, Edouard Philippe a souligné la “fermeté” et la “tranquillité” des pouvoirs publics face à “des casseurs dont la volonté est de remettre en cause notre société et à certains égards notre démocratie””. La veille, le Premier ministre avait fustigé les “professionnels de la polémique”. “Il y aura des polémiques, je vais vous dire il y en a toujours : soit on bouge trop vite, soit on bouge pas assez vite, soit y’a trop de monde, soit y’a pas assez de monde”, avait-il dit lors d’une visite dans un commissariat du XIIIe arrondissement de Paris.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a dénoncé mardi une “faillite de l’Etat régalien”, tandis que la présidente du Front national, Marine Le Pen, mettait en cause le “laxisme du pouvoir”, sa “mansuétude” et sa “complicité” à l’égard des “milices d’extrême gauche”.

“IRRESPONSABILITÉ DES DISCOURS RADICAUX”

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui avait incriminé des “bandes d’extrême droite”, a fait marche arrière mercredi. “Apparemment ça n’est pas le cas”, a dit le député des Bouches-du-Rhône sur BFM TV, expliquant avoir cru initialement qu’il s’agissait de “fachos”. “Ceci n’est pas une activité révolutionnaire, (...) ne vous laissez pas embarquer là-dedans, ça finit toujours mal”, a-t-il dit à l’adresse des jeunes manifestants.

Invité de France 2, le ministre de l’Intérieur a mis en garde, à la suite d’Edouard Philippe, contre les “discours radicaux” qui inciteraient à la violence. “Lorsque vous avez une partie de la classe politique, sur les marges, qui appelle à ‘faire la fête à Macron’, certains le prennent au pied de la lettre”, a estimé Gérard Collomb. Mardi, le chef du gouvernement avait condamné “l’irresponsabilité des discours radicaux qui encouragent de tels agissements”.

François Ruffin, député “insoumis” de la Somme, appelle à une manifestation nationale samedi à Paris pour “faire la fête à Macron” à l’occasion du premier anniversaire de son élection. Gérard Collomb a assuré que le dispositif de maintien de l’ordre serait renforcé pour ces rassemblements, qui interviennent dans un climat social tendu avec les grèves à la SNCF et Air France.

“J’ai peur qu’un certain nombre de gens soient aspirés par la spirale des mots”, a souligné le ministre de l’Intérieur. Le préfet de police de Paris a concédé mercredi sur BFM TV que les images de violence du 1er-Mai étaient “choquantes” mais qu’il convenait de “regarder le bilan humain” de la journée. Michel Delpuech a fait état de six véhicules incendiés et 31 commerces détruits ou endommagés.

UN MOUVEMENT “PUISSANT”

Il a défendu “une gestion républicaine de l’ordre public, équilibrée”. “Il y a eu 283 interpellés, trouvez un précédent”, a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que les forces de l’ordre avaient été surprises par le nombre de “Black blocs”, venus également d’Allemagne ou d’Italie. “Ça a pris un peu temps, j’en conviens” pour les circonscrire, a-t-il dit. Les forces de sécurité en attendaient “500 à 1.000”.

Gérard Collomb a reconnu que les forces de l’ordre devraient désormais “s’adapter” à un mouvement - déjà identifié lors des manifestations de 2016 contre la loi Travail dite “El Khomri” - “qui est puissant”. “On est en train de regarder l’identité d’un certain nombre de gens, ils seront recherchés et traduits en justice”, a-t-il dit sur France 2. Mais, a-t-il poursuivi, “nous ne pouvons pas interpeller un certain nombre de gens qui arrivent en civil et puis qui tout d’un coup s’habillent en ‘black bloc’, se mettent au milieu de la foule”.

“Lorsque vous êtes policier, si tout de suite vous chargez, vous faites des blessés.” Les syndicats de police Unsa et Alliance, notamment, s’interrogent sur la “doctrine” de maintien de l’ordre appliquée mardi, fondée sur la préservation du bilan humain. En octobre 2014, lors d’affrontements entre forces de l’ordre et activistes sur le site du projet contesté de barrage de Sivens (Tarn), un jeune militant, Rémi Fraisse, avait été tué par l’explosion d’une grenade. “Il n’y a pas de faillite de l’Etat”, a plaidé Gérard Collomb sur France 2. “A pareille époque, dans les dernières manifestations, nous allions faire le tour des hôpitaux, ici on n’a pas fait le tour des hôpitaux parce que personne n’a été blessé”.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse


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