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Le camp Trump avance de nouvelles accusations, démenties par les autorités

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Le camp Trump avance de nouvelles accusations, démenties par les autorités
Son équipe de campagne croit à des fraudes massives permises par les machines de vote. Les entreprises visées et l'agence de cybersécurité assurent que l'élection a été «la plus sûre de l'histoire des États-Unis».

Sydney Powell, une des avocates de Donald Trump, l'affirme : son équipe s'apprête à «libérer le Kraken». Autrement dit, à déchaîner la colère des dieux, à travers la créature mythologique tentaculaire, en montrant l'étendue de la fraude à l'élection présidentielle du 3 novembre dernier. Une manipulation des résultats «sans précédent», conduite par un réseau politique «lié à l'extrême gauche» mais aussi à des personnalités internationales controversées comme George Soros. «Cela a été organisé et conduit avec l'aide d'entreprises de la Silicon Valley, des big Tech, des réseaux sociaux et des médias», attaque la militante et juriste, qui s'en tient pour l'instant aux accusations, et dit réserver «la primeur des preuves à la justice».

À LIRE AUSSI : Présidentielle américaine: comme en 2016, les sondeurs ont échoué à mesurer la lame de fond trumpiste
La remise en cause du système des machines de vote constitue en tout cas la nouvelle obsession du camp Trump, avec une série d'explications sur les possibilités de triche, et un teasing pour maintenir ses supporters en haleine. Et ce, alors que Joe Biden commence à constituer son cabinet et qu'il se ferait appeler «Président-élu» depuis peu.


Dominion et Smartmatic, au coeur des accusations

Au centre des accusations, donc, différentes entreprises dont la canadienne Dominion, créée en 2003 et désormais basée dans le Colorado. Elle vend à la fois les machines et les logiciels d'exploitation qui permettent à des organisations ou institutions à travers le monde de tenir des élections. Si en 2016, 1635 collectivités américaines avaient eu recours aux produits Dominion selon l'Université Wharton, environ 2000 comtés ou autres juridictions auraient cette année utilisé les systèmes, à travers 30 états (dont la plupart des Etats-pivots au centre des batailles judiciaires actuelles). L'entreprise serait devenue 2e fournisseur public, derrière Election Systems & Software.

Dans un tweet, Donald Trump affirmait jeudi dernier que le logiciel de Dominion aurait «effacé 2,7 millions de votes Trump à travers le pays», des centaines de milliers de votes républicains étant en sus réattribués à Joe Biden. Une accusation sans élément concret, le président évoquant des liens étroits «avec le Venezuela et donc la Chine». Dominion avait en effet essuyé des revers opérationnels lors d'une élection vénézuélienne, mais les éventuels «composants chinois» restent à déterminer, ainsi que la culpabilité de l'ensemble.

Autre opérateur électoral mis en cause : Smartmatic, fournisseur de logiciels, également bien implanté aux États-Unis, et dont Peter Neffenger, président du conseil d'administration, fait partie de l'équipe de transition mise en place par Joe Biden. L'homme est toutefois également ancien amiral. Selon la présentatrice de Fox News Maria Bartiromo, citant une source du renseignement américain, «le système Smartmatic possède une porte dérobée, qui lui permet d'être contrôlé, autorisant les personnes intervenantes à connaître en temps réel combien de votes sont nécessaires pour obtenir un avantage électoral».


Des systèmes truqués auraient permis à de nombreuses organisations de modifier les résultats, ou encore de mixer les votes «illégaux» selon Trump, c'est-à-dire arrivés hors délai, et les votes légaux. Pour enfoncer le clou, ce dernier tweetait samedi 14 novembre une vidéo issue d'un reportage diffusé sur NBC News. Le passage cité évoque les réticences de Dominion et d'autres éditeurs de logiciels électoraux à participer à un concours de hacking. Leurs machines, finalement testées sans leur consentement, s'avérant aisément piratables.


Retournant aux accusations plus larges, Rudy Giuliani, autre avocat de Donald Trump, rappelait qu'en 2019, trois représentants démocrates dont la candidate aux primaires Elizabeth Warren avait signé une enquête sur les systèmes de vote et «exprimé leur inquiétude» sur de possibles fraudes. Et citait un article de 2012 du New York Times qui relevait que la montée du vote par correspondance pouvait préoccuper et générer plus d'«erreurs et fraudes».

Reste donc à produire, en cour et devant les journalistes, les preuves qui étayeront ces allégations. «Dans le Michigan, je peux déjà le prouver, témoins à l'appui» promet Rudy Giuliani. «À Phoenix en Arizona aussi, ainsi qu'à Milwaukee, Wisconsin». Sydney Powell montrait samedi la même résolution, assurant que l'action des Républicains «renversera l'élection dans de nombreux États».


«L'élection du 3 novembre a été la plus sûre de l'histoire des Etats-Unis»

Mise en cause, Dominion a publié un communiqué pour revenir sur plusieurs des accusations. Citant les «fact-checks» de différents grands médias dont Associated Press, Dominion est d'abord revenu sur les «2,7 millions de votes volés» à Trump, indiquant que le chiffre vient d'un rapport non authentique, basé sur des chiffres d'Edison Research. Dont le président Larry Rosin, déclare «ne pas avoir trouvé de fraude». L'effacement de 914.000 votes en Pennsylvanie serait de même impossible, l'ensemble des comtés comptabilisés ayant donné 676.000 voix à Trump, avec une participation de 76%. Plus largement, l'entreprise assure que son logiciel n'a connu aucune défaillance, les ratés dans le Michigan étant dus à des erreurs humaines. L'entreprise dément également tout «raid» sur ses serveurs et ajoute que les résultats électoraux enregistrés sur ses machines sont 100% auditables. Enfin, l'entreprise a voulu rassurer sur son absence d'engagement politique : si elle reconnaît un don fait à la fondation Clinton en 2014, elle assure qu'il s'agissait du financement d'une opération «bipartisane».

Quant à Smartmatic, elle a assuré samedi qu'elle ne possédait pas Dominion ni ne lui a jamais vendu la moindre technologie. Concernant George Soros, et malgré l'absence de toute accusation concrète à son encontre, l'entreprise rappelait qu'il ne détenait «aucune part». Le seul lien avec le philanthrope étant celui de Lord Mark Malloch-Brown, ami historique de Soros et directeur de Smartmatic.


L'administration américaine y est également allée de ses explications. Sur une page de son site, l'agence gouvernementale de Cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) a également nié tout problème, revenant également sur plusieurs accusations ou rumeurs des militants pro-Trump, et y opposant une longue série de documents officiels sur le contrôle des procédures électorales. Selon plusieurs médias américains, le directeur de la CISA, Christopher Krebs, qui témoigne dans une vidéo à propos de la fiabilité électorale, est actuellement sur la sellette, Donald Trump envisageant son remplacement.


D'autres autorités locales et fédérales ont accompagné la cyberagence et écarté toute possibilité d'une manipulation des votes. «Il n'existe aucune preuve d'un système électoral ayant effacé, perdu ou changé des votes, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit», ont-elles ainsi affirmé. «Il n'existe aucune preuve d'un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit. Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l'objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l'intégrité de nos élections». «L'élection du 3 novembre a été la plus sûre de l'histoire des États-Unis» affirment-elles enfin.


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