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Pandora Papers : Russie et Jordanie critiquent les accusations de montages financiers

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Pandora Papers : Russie et Jordanie critiquent les accusations de montages financiers
Le Kremlin a rejeté les informations "infondées" publiées par une vaste enquête journalistique affirmant que plusieurs proches du président Vladimir Poutine possédaient des richesses dissimulées par des montages offshore. La Jordanie s’est, de son côté, insurgée contre les révélations sur les avoirs du roi.

Le Kremlin a dénoncé, lundi 4 octobre, les informations publiées par l'enquête journalistique internationale Pandora Papers, selon lesquelles plusieurs proches de Vladimir Poutine ont dissimulé de l'argent à travers des montages offshore.

"Ici, nous avons simplement affaire à un ensemble d'allégations tout à fait infondées (...) Quand il y aura des publications sérieuses, fondées sur des choses ou faisant référence à des choses sérieuses, alors nous en prendrons connaissance avec intérêt", a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "On ne comprend pas en quoi ces informations peuvent être considérées comme fiables", a-t-il poursuivi.

Cette enquête, publiée dimanche par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et baptisée Pandora Papers, en référence à la légende de la boîte de Pandore, a mobilisé environ 600 journalistes. Elle s'appuie sur près de 11,9 millions de documents, qui proviennent de 14 sociétés de services financiers, et a mis au jour plus de 29 000 sociétés offshores. De nombreux dirigeants politiques à travers le monde y sont mis en cause.

Appartement à Monaco et terrain à Moscou

Selon l'ICIJ, Svetlana Krivonogikh, une femme présentée par des médias russes comme une ex-maîtresse du président Vladimir Poutine, a acquis en 2003 un appartement pour 4 millions de dollars à Monaco via des comptes offshore.

En novembre 2020, le site russe d'investigations Proekt avait dans une enquête affirmé que cette femme avait entretenu une liaison avec Vladimir Poutine dans les années 1990 et au début des années 2000. Elle aurait au cours de ces années accumulé une fortune colossale. Le Kremlin avait déjà démenti auparavant les allégations de Proekt, Dmitri Peskov les qualifiant en novembre 2020 de "provocations" et de journalisme bas de gamme.

Selon l'ICIJ, un autre proche présumé du président, Piotr Kolbine, est lié à un juteux montage offshore impliquant l'oligarque Guennadi Timtchenko, lui aussi un ami du chef de l'État russe. L'enquête de l'ICIJ affirme par ailleurs que Konstantin Ernst, PDG de la première chaîne de télévision russe, a acquis de manière douteuse un immense terrain à Moscou via une société offshore.

Une "menace" pour la sécurité du roi de Jordanie

La Jordanie a, de son côté, dénoncé lundi comme "déformées" des informations publiées par la vaste enquête journalistique internationale sur des avoirs du roi Abdallah II dans des sociétés offshore à l'étranger, estimant qu'elles constituaient une "menace pour la sécurité du monarque et de sa famille". Dans un communiqué publié à Amman, le palais royal a reconnu qu'Abdallah II possédait des propriétés aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais affirmé qu'elles avaient été financées "personnellement" par le monarque.

Selon les informations de Pandora Papers publiées dimanche, Abdallah II a créé une trentaine de sociétés offshore, c'est-à-dire dans des pays ou territoires à fiscalité avantageuse, par le biais desquelles il a acheté 14 propriétés de luxe aux États-Unis et au Royaume-Uni, pour plus de 106 millions de dollars. "Certaines informations de presse publiées sur les biens immobiliers du roi sont inexactes, déformées et exagérées", a indiqué le palais royal. "La publication par certains médias des adresses de ces appartements et résidences constitue (...) une menace pour la sécurité du roi et des membres de sa famille", a ajouté le communiqué.

Le roi "possède un certain nombre d'appartements et de résidences aux États-Unis et au Royaume-Uni (mais) cela n'est pas nouveau et n'est pas secret", d'après la même source. Il utilise "certains de ses appartements lors de ses visites officielles et y reçoit des invités officiels. Il utilise avec des membres de sa famille d'autres résidences lors de visites privées", a encore dit le communiqué. "Le coût de ces propriétés et tous les frais qui y sont associés sont personnellement financés par le roi et aucune de ces dépenses n'a été faite aux frais du budget de l'État ou du Trésor", a-t-il poursuivi.

Aussitôt après la publication de l'enquête par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), des avocats du roi jordanien, cités par la BBC, avaient déjà assuré qu'il avait utilisé sa fortune personnelle et avait eu recours à des sociétés offshore pour des raisons de sécurité et de discrétion.

Des démentis de plusieurs dirigeants

Plusieurs autres dirigeants ont été épinglés dans cette enquête et accusés d'avoir dissimulé des avoirs dans des sociétés offshore, notamment à des fins d'évasion fiscale. Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi, qui contrôlait une société aux Bahamas jusqu'à au moins 2006 selon l'enquête, a démenti lundi toute "action illicite".

Dimanche déjà, le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, s'était défendu d'avoir placé 22 millions de dollars dans des sociétés écran pour financer l'achat du château Bigaud, une grande propriété à Mougins dans le sud de la France. "Je n'ai jamais rien fait d'illégal ou de mal", a-t-il tweeté, "mais cela ne les empêche pas d'essayer de me dénigrer et d'influencer les élections législatives tchèques", prévues vendredi et samedi prochain.

Le président équatorien, Guillermo Lasso, a, lui, logé des fonds dans deux trusts dont le siège se trouve aux États-Unis, dans le Dakota du Sud, selon l'ICIJ qui épingle également les présidents du Chili et de République dominicaine.

"Tous mes revenus ont été déclarés et j'ai payé les impôts correspondants en Equateur, faisant de moi l'un des principaux contribuables dans le pays à titre personnel", a assuré dans un communiqué Guillermp Lasso, un ancien banquier. "Tous les investissements réalisés en Equateur et à l'étranger se sont toujours faits dans le cadre de la loi".


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