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Au tribunal, les nébuleuses fonctions d'Alexandre Benalla

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Au tribunal, les nébuleuses fonctions d'Alexandre Benalla
Un homme au "statut particulier", qui savait "jouer entre les lignes": le tribunal a tenté mardi à Paris de cerner les fonctions exactes à l'Elysée d'Alexandre Benalla, qui est jugé pendant trois semaines notamment pour les violences du 1er mai 2018.

Identifié par Le Monde en train de brutaliser un couple place de la Contrescarpe à Paris, en marge de la manifestation du 1er mai 2018, Alexandre Benalla a été licencié deux jours après l'explosion du scandale, dont les secousses ont duré plusieurs mois.

Quelle était son rôle exact au "Château" ? Comme les commissions parlementaires et les juges d'instruction, le tribunal s'est heurté mardi au rôle nébuleux du jeune homme alors âgé de 26 ans.

Recruté en mai 2017 après avoir assuré la sécurité du candidat Emmanuel Macron, Alexandre Benalla a une nouvelle carte de visite: chargé de mission, adjoint au chef de cabinet de l'Elysée.

Ses missions, telles qu'il les a décrites: "organisation des déplacements, coordination des services de sécurité lors des évènements, déplacements privés du couple Macron et gestion des présents diplomatiques, détaille la présidente Isabelle Prévost-Desprez.

Alexandre Benalla assure qu'il n'avait "aucune autorité pour donner un ordre" aux policiers du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) et aux gendarmes du commandement militaire, chargé de la sécurité du chef de l'Etat. Il "transmet[tait] des informations", nuance-t-il.

- "Donnez-nous un exemple, parce que là, c'est un peu ésotérique", ironise la présidente.

- "Par exemple, l'épouse du président souhaite organiser une fête de la musique à l'Elysée: je participe à la réunion d'organisation, je peux dire à [un policier]: est-ce qu'il est possible d'installer un écran géant à cet endroit ?", décrit le prévenu.

- "Vous êtes le donneur d'ordre, quand même...", glisse la magistrate.

Il confirme qu'il lui arrivait aussi de "coprésider" des réunions avec le préfet de police de Paris: sur l'organisation du "One planet summit" et les obsèques de Johnny Hallyday en décembre 2017, pour le retour des Bleus après la Coupe du monde de football en juillet 2018.

Alexandre Benalla était une "autorité" sur le terrain, déclare à la barre Maxence Creusat, commissaire à la préfecture de police de Paris. Au point que les chefs du GSPR étaient "ostracisés" par le chargé de mission, comme il l'a déclaré lors de l'enquête ?

"Si vous êtes avenant, urbain, à un moment donné, les gens se retournent vers vous, c'est vous qui êtes vu comme un animateur", estime le policier. "C'est jouer entre les lignes" et "Alexandre Benalla était un très bon joueur entre les lignes".

- "Proximité avec le Président" -

A l'Elysée, "tout est question d'efficacité, de rapidité", assure Alexandre Benalla. "Il n'y a pas de decorum, de formalisme défini dans des liens hiérarchiques, il y a une mission, tout va vite, aucune journée ne ressemble à l'autre, ça commence à 6H30 et ça fini à minuit, 1H00 du matin au mieux".

Oui, il avait un "statut particulier" lié à sa "proximité avec le Président de la République et son épouse". "Je pense qu'il n'y a pas à se cacher de ça, je joue la franchise là-dessus depuis le début", dit-il en haussant les épaules.

Dans son rapport final, la commission d'enquête du Sénat installée après l'explosion de l'affaire insiste sur le "flou entretenu" sur ses fonctions, souligne la présidente. Avait-il une "fonction de sécurité personnelle du président ?"

"Je n'étais pas le garde du corps d'Emmanuel Macron", répète Alexandre Benalla, qui critique l'"a-priori négatif de la commission d'enquête. Quand on ne veut pas voir, on ne voit pas".

Pour lui, ses fonctions étaient "très claires". "C'était suffisamment clair pour que ça se passe bien et ça s'est bien passé jusqu'au 1er mai 2018", estime-t-il.

Ce jour-là, justement, Alexandre Benalla a envoyé un SMS au Président de la République pour le prévenir de "l'incident" de la place de la Contrescarpe.

Un message envoyé depuis son téléphone personnel, qu'il a assuré avoir "perdu" - or, les investigations ont montré qu'il l'avait utilisé juste après sa garde à vue.

"Perdre quelque chose, le retrouver, c'est une possibilité. J'ai jamais fait obstacle à la manifestation de la vérité", se défend M. Benalla. En 2019, il avait finalement restitué une clé USB avec une sauvegarde du téléphone.

"Ici on peut mentir comme on veut, mais quand ça coince, ça coince", prévient la présidente. "Je vous le dis, M. Benalla".

Le procès se poursuit jusqu'au 1er octobre.


1 Commentaires

  1. Auteur

    il y a 2 jours (09:51 AM)
    le fiancé naar de ...
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