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Candidature à Bennoo : Le serpent de mer remonte à la surface

Auteur: Loffice

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Le bonheur actuel de la coalition Bennoo Siggil Senegaal (Bss) ne se résumait pas uniquement au retrait du projet de loi n°13-2011 qui devait consacrer l’élection d’un ticket à l’élection présidentielle. Outre cette victoire aussi « belle qu’historique », Dansokho et ses camarades ont pu saisir la perche de Wade pour sortir la tête de l’eau, en ajournant les débats sur l’abracadabrante candidature de l’opposition. Mais, la fête n’aura duré que le temps d’une rose.
 
Un autre salut de l’opposition se cachait derrière le retrait du projet de loi n°13-2011. A elle seule, cette victoire sur Wade, consécutive au retrait forcé dudit projet de loi, ne justifiait pas le jubilé quotidien des « présidentiables » de Bennoo. L’autre succès qui jusque-là est jalousement et secrètement savouré par les camarades de Dansokho réside en effet, sur le report des discussions autour de la difficile candidature de l’opposition. Après plusieurs reports, le dernier conclave sur la question avait consacré la première éclosion des germes de divergences. D’une candidature unique, d’abord prônée par la Ld avec le soutien de l’Afp, et celui fuyant et conditionné du Ps, à la candidature plurielle « limitée » prônée par l’Apr, Bennoo est longtemps resté au creux de la vague. Le débat sur la question sera plusieurs fois reporté. Mais, cette problématique de la candidature n’en demeure pas moins taboue ; elle est évitée par tous les leaders. Ceux qui sont contraints d’en parler s’y prennent difficilement, avec un langage le plus parabolique possible. Le 29 mai 2011, une solution intermédiaire semble se dessiner dans la foulée. Le Sg de l’Udf/Mbolo-mi, Demba Sy, parle d’une innovation : « Nous avons décidé de choisir un candidat de l’unité et du rassemblement », dit-il au sortir de l’atelier tenu à l’hôtel Ngor Diarama. Le puzzle n’est pas pour autant constitué : Macky Sall, présent à la rencontre réitère sa plaidoirie en faveur d’une pluralité de candidatures. Il ne sera pas le seul. Landing Savané s’abstient, le temps de « consulter sa base ». La principale pomme de discorde s’invite encore à la table. Elle a un goût de plus en plus amer avec ce risque de clash qui court derrière Bennoo. Les esprits « libres » commencent à s’en prendre aux uns, les autres répliques, les langues se délient. « Ça sent mauvais » ! Se désole un membre influent de la coalition.
 
Niasse, au nom de Bennoo Au moment où certains caciques des « Assises nationales » commencent à se poser des questions, un épisode non écrit dans le scénario est venu débloquer la situation. Pour un temps au moins. Le jeudi 16 juin, Wade décide de changer les règles du jeu électoral. A la surprise générale, une procédure d’urgence est enclenchée pour désormais, élire un président et un vice-président de la République avec seulement 25% des suffrages valablement exprimés. L’affront est trop osé pour ne pas mériter une action commune. Bennoo renoue avec la cohésion, Wade recule. Tous les esprits se tournent alors vers la fête après cette victoire « collective » sur « l’adversaire commun ». Le mécanisme ayant mené l’entreprise est formalisée : le « Mouvement du 23 juin » est porté sur les fonts baptismaux. Mais, la question de la candidature revient par elle-même. La LD, théoricienne de la candidature unique par excellence, décide de ressusciter le « mort ». Bathily passe par « ses jeunes » et demande une autre « procédure d’urgence ». Le deal des « Jallarbistes » : sonner la fin de la récréation, ce samedi 30 juillet 2011. L’occasion de la 6ème conférence nationale du Mouvement des jeunes de la Ld, sera saisie pour affronter la question de la candidature. Pour annoncer la couleur, le MJD décrète : « La question liée à la candidature devrait être posée et réglée de façon urgente (…) ». Le phénix renaîtra alors de ses cendres. L’ajournement n’a que trop duré et, surtout. Et, « il faut oser dire que Moustapha Niasse est déjà choisi », reconnaissent certains membres influents de Bennoo. De ces sources, l’on apprend que le leader de l’Afp portera les habits déjà taillés à travers le portrait robot du candidat du « rassemblement et de l’unité ». Et, tout autant que Bathily, Amath Dansokho refuserait tout autre scénario. Ainsi, pour son dernier rendez-vous électoral, Niasse sera le porte-drapeau de la majorité des membres de Bennoo. Il sera à l’assaut de Wade, aux côtés d’un autre dernier mohican, Ousmane Tanor Dieng, d’un « commando » qui, au nom de l’Apr, compte achever son ancien mentor, et de Cheikh Bamba Dièye, qui refuse ce scénario issu d’une « police de la pensée ».
 
Mansour NDIAYE
Auteur: Loffice
Publié le: Jeudi 28 Juillet 2011

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