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Vendredi 01 Juin, 2018 +33
Politique

Premier Gouvernement Barrow : Un Accouchement Difficile

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Premier Gouvernement Barrow : Un Accouchement Difficile

Le nouveau président Adama Barrow était attendu, surtout dans le dosage et l’équilibre de l’attelage de son premier gouvernement. Les tractations ont traîné et ont été difficiles à faire aboutir. C’est le moins que l’on puisse dire, tant satisfaire cette coalitionk, ainsi que les égos des membres de 7 partis d’opposition (en réalité 6 partis et un mouvement citoyen fondé par la seule femme leader du groupe, le Dr. Aïssatou Touray) a parfois paru une équation insolvable et à plusieurs inconnues. 
 
Depuis son exil de Dakar, le président Adama Barrow avait posé sur la table des discussions avec ses partenaires de la Gambia Coalition 2016, les possibilités de composition de gouvernement. Sachant qu’il est acté que le président est en place pour un mandat de transition de 3 ans, Adama Barrow avait l’option entre un gouvernement « politique », sorte de récompense aux forces politiques étant venues à bout de 22 ans régime de terreur de Jammeh, ou alors, un gouvernement de technocrates et de techniciens pour se mettre tout de suite au travail pour une relance économique de la Gambie. 
 
Le débat à distance entre d’une part le président Adama Barro accompagné dans son exil à Dakar par un de ses alliés, l’avocat Me. Mai Fatty, leader de la Gambia Moral Congress (parti membre de la Coalition) et d’autre part le reste de la coalition resté Banjul dont l’opposition historique Me. Ousseynou Darboe (du même parti que Barrow – la UDP – United Democratic Party) et Halifa Sallah leader du parti de gauche le PDOIS (People’s Democratic Organisation for Independance &Socialism)et porte parole de la Gambia Coalition 2016, n’a jamais pu être tranché. Nos sources avancent que ce débat s’est poursuivi ces derniers jours depuis le retour à Banjul du nouveau président en milieu de semaine dernière non sans tension. 
 
Les velléités de revendications ont vite fait jour dans cette coalition et les problèmes d’égos avec. 
 
Nos sources révèlent que les débats n’ont jamais été sereins entre les deux leaders Mai Fatty et Halifa Sallah. 
 
Ce dernier ne voyant pas forcément d'un bon œil « la place pris par Mai Fatty auprès du président nouvellement élu et de la coalition alors que la Gambia Moral Congres (parti de Mai Fatty) est un parti mineur de la coalition». 
 
Halifa Sallah, reproche d’ailleurs ouvertement à Mai Fatty au cours d’une réunion «tes déclarations à l’emporte-pièce depuis Dakar, sans preuve ni fondement sur les millions supposés avoir été dérobés par Jammeh, nous ont mis en difficulté dans le pays. Nos concitoyens nous ont reproché d’avoir laissé Jammeh nous piller alors que toi tu étais tranquillement à Dakar à souffler dans les braises ». 
 
Cette remontrance de Halifa Sallah était pour dire que «Mai Fatty n’a pas la carrure d’un homme tempéré et d’un homme d’État et de gouvernement » pour l’empêcher de faire partie de l’équipe. Nos sources affirment que Halifa Sallah, leader respecté de la coalition pour son parcours et son vécu militant avait cette fois-ci «un coup de retard sur Mai Fatty, puisque ce dernier avait désormais l’oreille du président». On a d’ailleurs frôlé le pire quand le mentor Ousseynou Darboe s’est rangé à l’avis de Halifa Sallah, un peu contre le point de vue du président élu qui réitère sa confiance à Mai Fatty. 
 
Et Adama Barrow informe séance tenante que «Mai Fatty serait ministre de l’intérieur». C’était l’offense de trop pour le leader du PDOIS qui ne l’entend pas de cette oreille et menace presque, selon nos sources «de ne pas faire partie du même gouvernement où Mai Fatty siègerait en tant que ministre de l’intérieur ». On n’en est pas encore là, mais la défection de Halifa Sallah de la coalition victorieuse ferait très mal pour le symbole de la Gambie unie pour relever le défi de la relance et de la réconciliation.  Ce n’est d’ailleurs pas le seul écueil puisque, dans les états-majors politiques de la coalition cette fois-ci, on ne voit pas forcément d’un grand intérêt la place qui est faite au leader de la NRP (National  Reconciliation Party)Hamath Bah au ministère de la culture et du tourisme. On lui reproche surtout, en dépit de son statut d’opposant coriace à Jammeh de «n’être qu’un rallié de la dernière heure, et de n’avoir rejoint la campagne électorale qu’au dernier moment après un long exil de convenance en Allemagne pendant que tous les autres affrontaient les affres du régime de Jammeh ».  
 
D’un autre côté, avec la cooptation de Henry Gomez au poste de minstre de la jeunesse et des sports, le président Adama Barrow joue le coup double de servir un allié et en même temps d’en faire un «symbole» de l’implication de la diaspora gambienne dans sa nouvelle équipe gouvernementale. Puisque le Parti de Henry Gomez le GPDC (The Gambia Party for Democracy & Congress), lui même longtemps résident en Allemagne, est né à Hambourg. Pas sûr que les activistes Gambiens de Londres, Bruxelles, Paris, Stockholm, Washington, New York et même de Dakar et dont le président Adama Barrow ne manque jamais l’occasion de saluer la contribution aussi bien financière que dans les idées qui ont charpenté le programme de transition de la Coalition que l’éveil des consciences à travers les réseaux sociaux et les web site (web radio et portail d’information sur la Gambie animés par la diaspora Gambienne, pas sûr que cette diaspora se reconnaisse dans la nomination de Henry Gomez et se suffise à cette seule cooptation d’un Gambien de l’extérieur. Et encore !
 
Le délai de mardi qui avait été donné pour communiquer la liste du gouvernement est largement dépassé, et la liste du gouvernement n’est toujours pas complète. 
Une deuxième salve est attendue rapidement pour compléter l’équipe gouvernementale. 
Le portefeuille de la défense, un poste stratégique dans la toute nouvelle Gambie de l’après Jammeh arrivera-t-il à décider Halifa Sallah à mettre sa pierre à l’édifice. C’est tout l’enjeu de la finition de l’architecture gouvernementale. 
 
Dans la coalition, on ne manque pas de souligner pour le déplorer « l’auto-nomination de Lawyer Ousseynou Darboe au poste de ministre des affaires étrangères ». Ses pourfendeurs avancent l’âge assez avancé (78 ans) du mentor du président Barrow promu tout nouveau chef de la diplomatie Gambienne et disent qu’ils le voyaient plus en sage, en retrait, pour prodiguer ses conseils plutôt que d’être dans l’action gouvernementale ». 
 
Finalement, la sagesse vient du PPP (People’s Progress Party) du président Sir Dawda Kaïraba Diawara (premier président de la Gambie indépendante ayant dirigé le pays pendant 32 ans avant d’être renversé en 1994 par Yaya Jammeh), membre à part entière de la coalition victorieuse. Il nous revient que le PPP ne revendique rien, n’exige rien et se dit prêt à rendre service partout où le président Barrow aura besoin de ses membres. 
Le feuilleton de la coalition Barrow à l’épreuve de l’apprentissage de la démocratie et de la transparence n’en est qu’à son premier épisode. 
 
Et il devra satisfaire un véritable exercice d’équilibriste pour réussir à préserver l’unité de sa coalition jusqu’au terme de son mandat de transition.


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3 Commentaires

  1. Auteur

    Watt

    En Février, 2017 (17:05 PM)
    Hi, hi, hi, ha, ha, ha, cela commence bien.
  2. Auteur

    Anonyme

    En Février, 2017 (23:07 PM)
    Je suis gambien, et je peux vous dire que tout cela n'est que des mensonges.  :nono: 
    Auteur

    Un Passant

    En Février, 2017 (19:13 PM)
    Dommage que toutes les sensibilités ne soient pas reflétées et représentées dans ce gouvernement. Il y a des acteurs de premier ordre qui ont combattu le pouvoir Jameh au péril de nombreux sacrifices et qui n'ont pas été cités pour accompagner le nouveau Président Barrow dans cette immense tâche difficile de reconstruction de la Gambie : pourquoi attendre pour confier de réelles responsabilités à Fatou SENGHOR et également au Docteur Sedate JOBE que l'on a souvent vu sur les plateaux de télévision discuter, argumenter des propos qui ont largement contribué à sensibiliser et faire prendre conscience les plus sceptiques sur l'urgence et les moyens nécessaires qu'il convenait de prendre pour se débarrasser rapidement de l'ancien Président Dictateur Jameh.

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