À la veille de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4), la société civile a investi les rues de Séville pour réclamer une réforme en profondeur de la fiscalité mondiale et du système d’endettement international. Aux côtés de Greenpeace, les manifestants ont dénoncé l’inaction des puissants, face à l’urgence climatique et sociale.Des activistes de Greenpeace ont rejoint des centaines de manifestants dans une marche haute en couleur. Point culminant du défilé : une marionnette géante représentant un « bébé Elon Musk » brandissant une tronçonneuse, au-dessus de la planète Terre. Un message clair : les multinationales et milliardaires doivent être tenus responsables des dommages environnementaux qu’ils causent, lit-on dans un communiqué parvenu à Seneweb.En effet, la FfD4 s’ouvre dans un climat mondial instable, marqué par des conflits, des inégalités croissantes, des tensions géopolitiques et une crise climatique qui s’aggrave rapidement. Pour beaucoup, les réponses politiques restent largement en deçà de l’urgence.Le document préparatoire de la conférence, intitulé Compromiso de Sevilla, a suscité des critiques. Bien qu’il propose des avancées en matière de coopération fiscale et de taxation de la pollution, il est jugé insuffisant sur la question clé de la réforme de la dette souveraine, diluée sous la pression des pays du Nord.Pour Fred Njehu, responsable politique mondial de la campagne Fair Share chez Greenpeace Afrique, Séville représente une opportunité cruciale : "Il est temps que les milliardaires et les entreprises polluantes paient leur juste part pour financer l’action climatique, la protection de la nature et les services sociaux". Même son de cloche chez Eva Saldaña, directrice exécutive de Greenpeace Espagne et Portugal : "La coopération multilatérale ne doit pas servir d’alibi à l’inaction. L’intérêt général doit primer sur les logiques de profit". Greenpeace appelle notamment à l’adoption d’une Convention fiscale de l’ONU pour établir des règles fiscales équitables à l’échelle mondiale.La fin des subventions aux énergies fossiles, l’instauration de taxes progressives et de sanctions contre les grands pollueurs.L’utilisation de ces fonds pour financer l’action climatique, tant au niveau national qu’international, en particulier pour soutenir les populations les plus vulnérables.Rebecca Newsom, responsable de la campagne Stop Drilling, Start Paying, souligne l’urgence : "Les catastrophes climatiques se multiplient. Il faut taxer les compagnies pétrolières, gazières et charbonnières pour financer les pertes et dommages". Hanen Keskes, responsable de campagne pour Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, insiste sur un autre levier d’action : "Le poids de la dette empêche les pays vulnérables de répondre efficacement aux crises. Il faut des mesures d’allègement immédiates et structurelles". Un appel à la solidarité internationaleAu-delà des chiffres et des négociations diplomatiques, les manifestants rappellent une vérité fondamentale : sans justice fiscale et climatique, il ne peut y avoir de développement durable. Les attentes sont fortes, la pression populaire aussi.
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