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Excision, mariage d’enfants et droits sexuels : Les maux de la société sénégalaise

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Excision, mariage d’enfants et droits sexuels : Les maux de la société sénégalaise

Dans son livre intitulé : « Excision, mariages d’enfants, droits sexuels et reproductifs » publié samedi dernier, Cheikh Moussa Camara aborde des sujets à la fois tabous et sensibles qui sont au cœur de la société sénégalaise. L’auteur veut, à travers cette publication, susciter le débat pour mieux inciter les décideurs à agir et trouver des solutions à ces fléaux.

« Excision, mariages d’enfants, droits sexuels et reproductifs ». C’est le titre du nouvel ouvrage de Cheikh Moussa Camara publié le 5 août 2017 à la maison d’éditions L’Harmattan Sénégal. Dans ce livre, Cheikh Moussa Camara, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), fait une socio-analyse pour poser le débat sur ces questions dont on ne parle pas souvent sur l’espace public, alors qu’elles gangrènent nos sociétés.

Sur l’excision, l’auteur révèle qu’elle reste toujours une pratique courante. Pourtant, a-t-il rappelé, chaque fois, dans les radios, à la télévision, on montre des communautés qui déclarent abandonner cette pratique, mais en même temps elles continuent à s’y adonner. Pour l’auteur, si l’excision continue toujours à être pratiquée au Sénégal, c’est parce que les mesures prises par l’Etat du Sénégal « ne sont pas efficaces » et que la loi n’est pas appliquée. Pour cela, il invite les différents acteurs qui militent contre cette pratique à repenser les stratégies en procédant, d’abord, par la sensibilisation. «Tant que les populations ne s’approprient pas ces changements, la loi ne sera pas appliquée », croit-il.

Le mariage d’enfants, communément appelé mariage précoce, est un autre sujet abordé dans l’ouvrage de Cheikh Moussa Camara. L’auteur rappelle que le Sénégal a ratifié beaucoup de conventions internationales qui fixent l’âge du mariage à 18 ans. Or, au Sénégal, l’âge légal du mariage est de 16 ans. M. Camara note qu’il y a un décalage entre les normes et les textes, car, en principe, le Sénégal doit se conformer pour élever l’âge légal du mariage. Toutefois, il pense qu’il ne sera pas facile d’y arriver parce qu’il faut faire face aux résistances socio-culturelles, aux mouvements traditionnels et à certains religieux qui sont contre l’élévation de l’âge du mariage. Pour le sociologue, Mamoudou Wane, l’Etat est le premier protecteur des droits des enfants. Donc, a-t-il ajouté, l’Etat doit élaborer des droits et mettre en place un environnement capable de protéger l’ensemble des groupes vulnérables.

Education à la sexualité

Au-delà des mariages d’enfants, il y a la sexualité précoce chez les jeunes. Cheikh Moussa Camara parle de ce phénomène dans son ouvrage. Cette question, dit-il, on n’en parle pas souvent, alors qu’il y a une sexualité très précoce dans les écoles. La preuve, renchérit le Professeur Babacar Fall de la Faculté des sciences et techniques de l’éducation et de la formation (Fastef), 70% des grossesses précoces notées dans les écoles se passent entre les jeunes eux-mêmes. « Il faut protéger les jeunes, discuter avec eux. Si nous ne créons pas les conditions pour que la question de la sexualité des jeunes soit posée, nous allons toujours connaître ces mêmes problèmes », a invité le Professeur Fall. La question de la sexualité, on en parle moins au Sénégal. Selon Cheikh Moussa Camara, il y a une « certaine hypocrisie sociale » au Sénégal, car on a l’impression que la sexualité est un sujet tabou. Pourtant, dans la réalité, a-t-il constaté, les gens en parlent. « Quand on titre sur la sexualité dans les journaux, tout le monde va acheter. Cela veut dire qu’au fond ça intéresse les gens », a-t-il remarqué.

En outre, les grossesses précoces, de plus en plus nombreuses, entraînent systématiquement la multitude d’avortements et d’infanticides. Au Sénégal, la question de l’avortement est de plus en plus agitée. Des mouvements sociaux défendent même l’autorisation de l’avortement si la fille est victime d’inceste ou de viol. Cheikh Moussa Camara souligne que le problème est sensible, car il y a des partisans et des groupes qui sont contre. Pour cela, il faut se pencher sur la question et jeter les bases d’un débat pour pousser les décideurs, les chercheurs à agir.

Par ailleurs, l’auteur a aussi jeté un regard sur Internet avec les derniers développements notés sur les réseaux sociaux au Sénégal avec des images indécentes qui sont publiées sur la toile. M. Camara a souligné que les réseaux sociaux ont des avantages, mais aussi beaucoup d’inconvénients. Ainsi, il urge, dit-il, d’inciter les jeunes à une utilisation rationnelle de cet outil.



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