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Transport en commun - Renforcement des mesures coercitives : Certains chauffeurs approuvent, d’autres accusent Dieu

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Transport en commun - Renforcement des mesures coercitives : Certains chauffeurs approuvent, d’autres accusent Dieu

La mesure annoncée par l’Etat et qui consiste à rendre plus coercitif le dispositif réglementaire du transport en commun est diversement appréciée par les chauffeurs en fonction de la catégorie de voiture que ces derniers conduisent. Les conducteurs de véhicule «7 places» approuvent l’initiative, tout en rejetant la plus grande part de responsabilité sur leurs camarades des bus. Ces derniers dénoncent et se déchargent sur Dieu. Celui dont «personne ne peut échapper à la volonté».

L’effervescence du magal de Touba s’étant dissipée, la gare routière de Pompiers a retrouvé son calme d’antan. Pas de bruit de moteur, ni d’interpellation tous azimuts. Mais, les accidents mortels causés par cet évènement sont encore dans les esprits. C’est dans cette ambiance que les chauffeurs ont accueilli la nouvelle instruction du chef de l’Etat, Macky Sall, demandant au Premier ministre, Abdoul Mbaye, «en guise de réponse à ces catastrophes, en rapport avec les acteurs du secteur, à prendre  des mesures concrètes pour rendre plus coercitif le dispositif réglementaire en matière de transport en commun».

Cette nouvelle initiative, comme tant d’autres qui l’ont précédée, a encore divisé les acteurs. Cette fois-ci, la différence d’appréciation s’est faite en fonction de la masse du véhicule que l’on conduit. En effet, si les chauffeurs des voitures «7 places» approuvent, tout en demandant une généralisation à tous les segments du secteur, ceux des bus rejettent catégoriquement une telle initiative. S’agissant des deux camps, on a eu droit à un petit focus groupe où les positions sont restées les mêmes au sein de chaque clan.

A propos des premiers, c’est-à-dire des conducteurs de petits véhicules à 7 sièges, ils ont estimé que la mesure peut être salutaire, surtout à l’encontre de leurs collègues qui conduisent des bus. Selon eux, les principales causes des accidents viennent de la charge de ces moyens de transport et de la façon dont se comportent ceux qui sont au volant. «Vous ne pouvez pas avoir un bus à 50 places et y ajouter des «versailles» (places du milieu bricolées). Des porte-bagages, qui ne sont pas prévus dans la fabrication du véhicule, s’y ajoutent. Il n’est pas possible d’avoir cette surcharge et prétendre maîtriser la locomotive», s’insurge Mbaye Faye, un chauffeur de petit véhicule qui, au-delà de ce réquisitoire, insiste pour que les bus et camions arrêtent de rouler à minuit, parce que dit-il, ils aveuglent avec leurs phares trop puissants. 

 

«Des gens meurent entre les mains des médecins, c’est la volonté divine»

Lui et ses collègues invitent l’Etat à être plus regardant de ce côté-là, tout en ne s’en excluant pas. D’ailleurs, Dame Dieng appelle ses camarades à la prudence et au repos, dès qu’ils sont fatigués. Sur ces points, il reconnaît qu’il y a un certain laxisme. Toutefois, ils sont d’avis que la mesure ne doit pas s’arrêter à ce niveau. Pour eux, l’ensemble des acteurs doivent faire preuve de rigueur, notamment le Service des mines, les policiers et gendarmes sur la circulation mais aussi, qu’il y ait un élargissement des routes nationales jugées très exiguës. 

Quant aux chauffeurs de bus, c’est à peine s’ils s’estiment responsables de quoi que ce soit. Ils rejettent tout sur la volonté divine. «Pourquoi des gens meurent à l’hôpital entre les mains des médecins ? Le jour J, personne ne peut y échapper», s’exclame l’un d’eux. Un autre lui emboîte le pas. «Ma grand-mère est morte assise devant une calebasse en train de préparer du couscous. Personne n’y peut rien, si l’heure (de la mort) arrive». 

Toujours dans cette même dynamique, un troisième répondant au nom de Mathioro Niang fait remarquer qu’il n’y a pas un conducteur qui a envie de commettre un accident. «Le chauffeur s’aime plus que quiconque. Il n’a pas envie de mourir», soutient-il. 

Pour eux, la question est ailleurs. C’est le prix du carburant, le policier ou le gendarme qui est sur la route, le contrôle technique, etc. Mais au bout du compte, le seul comptable, à leurs yeux, est le Seigneur.

<25>[email protected]



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