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Transports en commun au Sénégal : 10 galères du quotidien qui testent les nerfs des usagers

Auteur: Moustapha TOUMBOU

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Dans les transports en commun de masse au Sénégal, le quotidien des passagers s’apparente souvent à un parcours d’obstacles. Ce n’est pas tant une question d’habitude que d’endurance. Des difficultés les plus banales aux dysfonctionnements les plus profonds, la réalité du terrain déjoue régulièrement les promesses d’un service public de transport inclusif et efficace. En voici dix facettes.
1. Le casse-tête de la monnaie
Monter à bord d’un tata, Dem Dikk ou car rapide avec un billet de n’importe qu’elle montant devient parfois un exercice de diplomatie. Très souvent à court de « Weccat », le receveur de Tata demande au client de patienter en prenant le soin d’inscrire sur le dos du ticket la somme à rendre ou en le signant. Le problème avec cette pratique est qu’il peut arriver que le client, pris dans le brouhaha du bus, oublie de récupérer son appoint à la descente ou -fait plus rare- que le receveur n’ait toujours pas de monnaie à donner. Une situation que les abonnés aux cars rapides connaissent bien avec certains « apprentis », ces fins connaisseurs de règles de bienséance. Il est peut-être temps pour ces moyens de transport d’élargir leurs modes de paiement en intégrant les E-wallets.
2. Les courses-poursuites des bus Tata et des cars rapides
Sur certaines lignes de bus Tata, les conducteurs semblent engagés dans une compétition dont le règlement reste inconnu du grand public. Leur objectif n’est pas de rafler les clients en chemin, mais de devancer leurs afin d’être le premier à arriver au terminus. Dans cette logique opaque, les arrêts deviennent optionnels, même lorsqu’un passager les réclame avec insistance ou quand un client souhaite monter à bord. Le chauffeur, concentré sur son duel, ignore les protestations. Il fonce, dépasse, prend des virages secs et sacrifie sans état d’âme la qualité du service à cette curieuse obsession de devancer l’autre. La route devient le théâtre d’une rivalité dont seuls les usagers font les frais, ballotés, frustrés, parfois contraints de descendre bien loin de leur destination réelle. Les raisons de ces courses restent pour l’heure inconnues mais, tout porte à croire que la ligne attribue une prime secrète au premier arrivé.
3. La surcharge
La logique de rentabilité prime parfois sur la décence aux heures de pointe. À bord, l’espace vital se dissout. Des corps se frôlent sans consentement. Malgré cela, le chauffeur n’hésite pas à s’arrêter à chaque arrêt pour prendre des clients bien aidé par le receveur qui demande aux usagers de se serrer davantage pour faciliter l'ccès aux nouveaux entrants. Dans cette ambiance, les mains se baladent. La promiscuité devient le terreau de comportements inappropriés, souvent tus par peur ou lassitude. Vols, pelotages sont des pratiques récurrentes.
4. L’invisibilité des personnes vulnérables
Les personnes âgées, handicapées, les femmes enceintes ou les mères avec enfants se voient rarement céder une place. L’individualisme prend le dessus. Certains plongent les yeux dans leur téléphone et d’autres, feignent le sommeil. Même les injonctions écrites à l’entrée de certains véhicules n’éveillent plus aucun sursaut moral. La solidarité, pourtant valeur partagée dans les discours, s’efface devant le confort personnel. Et ce sont les plus fragiles qui en paient le prix.
5. Les pannes techniques
Il suffit d’un bruit suspect sous le capot pour que le véhicule ralentisse et s’immobilise complètement. Les passagers sont alors priés de descendre, souvent sans explication. Parfois, le receveur demande de patienter, le temps de « réparer ça ».  Après quelques coups donnés au moteur, le bus reprend brièvement la route avant de s’arrêter à nouveau. Il arrive parfois que le receveur négocie avec un autre bus afin de récupérer des passagers et les autres fois, les clients sont obligés de se débrouiller pour trouver un autre moyen de transport afin de rallier leur destination.
6. Les pickpockets et les incivilités
La cohue dans les transports en commun devient le camouflage parfait pour les voleurs à la tire. Une main glisse dans un sac, un portefeuille disparaît, un téléphone se volatilise. Aucun cri, rarement de témoin. Tout le monde descend, indifférent. Les incivilités s’expriment de différentes manières et sont l’œuvre de tout le monde. Haussements de ton, refus de payer, insultes au receveur ou altercations entre passagers.
7. Des véhicules en état de décomposition avancée
Certains bus semblent avoir franchi leur date de péremption depuis longtemps. Les sièges grincent, les fenêtres ne s’ouvrent plus, les portières claquent difficilement. Il arrive de rencontrer certaines portières côté conducteur qui se ferment à l’aide de… loquet. Le plancher, parfois, laisse apparaître l’asphalte. Des câbles pendent du plafond. L’odeur d’essence se mêle à celle de la chaleur humaine. Cette usure manifeste ne choque plus. Elle est intégrée au décor quotidien, signe d’un laisser-aller généralisé dans la gestion du parc roulant.
8. L’exclusion des personnes handicapées
Ni rampes d’accès, ni places dédiées. Les transports en commun sénégalais semblent ignorer les personnes à mobilité réduite. Monter dans un bus ou un car rapide devient pour elles un défi quasi insurmontable. Et lorsqu’un fauteuil roulant apparaît, c’est souvent l’improvisation totale. A l’exception des bus de Dakar Dem Dikk qui possèdent un système d’inclinaison permettant de réduire l’écart avec le trottoir.
9. Des arrêts fantômes ou décidés au bon vouloir du chauffeur
Les arrêts de bus ne sont pas toujours respectés. Certains chauffeurs s’arrêtent où bon leur semble. Un coup de frein brutal et le bus s’immobilise au milieu de la chaussée sans se soucier des autres automobilistes. Cette situation est aussi provoquée par la rareté d’arrêt bus.
10. Une attente qui n’en finit jamais
À certains arrêts, les minutes deviennent des heures. Aucun horaire fixe. L’usager attend. Parfois en vain. Il finit par marcher jusqu’au carrefour suivant, dans l’espoir de croiser un bus plus régulier. Cette imprévisibilité des rotations alimente la frustration collective.
Auteur: Moustapha TOUMBOU

Commentaires (34)

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    babs il y a 2 mois

    Très bonne contribution, les commentaires du dessus (MDR) en disent long sur la frustration des sénégalais.

    Pourtant les solutions ne sont pas si difficile à implémenter.

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    Mas il y a 2 mois

    Reprenez ceci dans un bref film vidéo et passer le à une heure de grande écoute pendant 6 mois dan les radios et télévision. Très bien! Intelligente contribution.

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    Bill il y a 2 mois

    Ce texte est généré par IA à 70 pourcent.
    C est grave...

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    Bill il y a 2 mois

    Ce texte est généré par IA à 70 pourcent.
    C est grave...

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    Bill il y a 2 mois

    Ce texte est généré par IA à 70 pourcent.
    C est grave...

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    il y a 2 mois

    Bel article, très bien rédigé sur le fond et sur la forme

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    il y a 2 mois

    Pays de merde bon courage moi je me casse d ici
    Imaginez le bordel dans 5 ans avec 3 millions de population en plus aieaieaie

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    Lol il y a 2 mois

    Les receveurs et receveuses des “tata” fonctionnent comme des apprentis, car-rapides. Un “tata” met plus de deux heures pour faire le trajet entre Dakar et Bambilor, soit plus de temps qu’il n’en faut pour aller de Dakar à Mbour ou Thiès. Franchement, on comprend maintenant pourquoi on meurt jeune dans ce pays : tout est devenu un luxe.

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    il y a 2 mois

    Le SATHIE PLAISIR

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    Affuchez l'heure de depart! il y a 2 mois

    L'heure de départ des bus est connu, mais on estime que les utilisateurs n'ont pas le droit de savoir.
    Un manque total de respect.

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    il y a 2 mois

    Premier commentaire .
    Qu'est ce que LE NOIR vien foutre ici ??
    Il n y a de noir qu'au Senegal ? Et c'est un pays de gens merchants ???? Depuis ton clavier, c'est courageaux hein !.

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    il y a 2 mois

    Premier commentaire .
    Qu'est ce que LE NOIR vien foutre ici ??
    Il n y a de noir qu'au Senegal ? Et c'est un pays de gens merchants ???? Depuis ton clavier, c'est courageaux hein !.

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    Onde le fou il y a 2 mois

    Comme j'ai ma voiture ca ne me concerne plus maintenant. Je prie dieu quil en soit ainsi jusqu'à la fin de mes jours. Amine . Je veux plus a faire avec chauffeurs et apprentis.

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    reply_author il y a 2 mois

    ok! Pries de pas tomber en panne (véhicule ou poche)!
    c'est mon cas depuis quelques temps, ma voiture est en panne, mes finances serrées et je souffre: bousculades; retards; pertes de temps; malaises et mal à l'aise... j'étouffe mais sers les dents!
    qu'Allah me vienne en aide! C'est difficile wallay!

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    reply_author il y a 2 mois

    ok! Pries de pas tomber en panne (véhicule ou poche)!
    c'est mon cas depuis quelques temps, ma voiture est en panne, mes finances serrées et je souffre: bousculades; retards; pertes de temps; malaises et mal à l'aise... j'étouffe mais sers les dents!
    qu'Allah me vienne en aide! C'est difficile wallay!

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    Alba il y a 2 mois

    Au meme moment, Les deputes roulent ou veulent rouler a bird de voitures a 50 millions plus carburant et maintenance.
    Au meme. Moment, Les guides religieux sont a lere des Bentkey,Mercedes, BMW.
    Pour dire que ca ne devrait pas deranger les gens, champions du Par Parlo.
    Les nouveaux dirigenants et Keira familles sont dans un autre monde et int Deja oublie toutes his doleances. Alors du courage dans is deplacements
    Le Ter et le BRT vont juste soulager Les gens de Dakar.

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    Deug rek il y a 2 mois

    Moi vendredi matin j ai failli me prendre un car rapide en braquant mon volant pour entrer dans mon service
    Le chauffeur de car rapide voulait coûte que doubler l autre car rapide qui était devant ce qui l a poussé à monter sur le trottoir à droite, je devais tourner à gauche donc le choc aurait été côté chauffeur , j ai freiné a la dernière minute en le klaxonnant violemment mais il a continué à foncer sans se préoccuper du danger et des risques qu il prenait.
    Bref il s en foutait pas mal.
    S il m avait heurté, tué ou blessé il aurait simplement dit téwoumako Balma akh, alors qu il l a fait exprès. Il faut que ça change. Trop de laisser aller et de laxisme dans ce secteur primordial de l économie Sénégalaise.

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    il y a 2 mois

    Effectivement, les arrêts aussi de policiers en pleine circulation aussi est un fléau souvent pour demander des sous au vu et suis de tout le monde

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    Ngoor il y a 2 mois

    Vous avez oublié ou volontairement omis ces arrêts imposés par les agents (policiers ou gendarmes). Ainsi, les clients souffrent en perte de temps en attendant que le chauffeur et les agents trouvent un accord

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    il y a 2 mois

    E Wallet??? on sait ce que c'est; mais pouquoi ne pas citer de moyens de payement électroniques qui existent déjà??? (ou simplement dire payements électroniques) Snobisme à la petite semaine d'un apprenti journaliste qui vient de découvrir ce mot!!!

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    il y a 2 mois

    Les GUINÉENS ÉTRANGERS NIIY DADIALER WETHIETE BOU SEW BI DIKO YOBE GUINÉE... BILAHI JE EN CONNAISSANCE ALLONS REK

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    Nandité boy Town il y a 2 mois

    Merci à ce gars qui a écrit cette contribution. Ce n’est pas l’œuvre d’un bureaucrate enfermé dans son bureau, mais celle de quelqu’un qui vit au quotidien les réalités du Gorgolou sénégalais.
    Nos ministres et directeurs généraux devraient, eux aussi, être connectés aux réalités quotidiennes des Sénégalais. C’est pourquoi j’ai le cœur meurtri quand El Malick Ndiaye et certains de ses partisans essaient de nous faire avaler la pilule amère des voitures à 50 millions pour les députés.
    Ce texte n’a abordé que les problèmes liés au transport, mais la galère est la même dans les hôpitaux, où les malades ne sont plus considérés comme des patients, mais comme des clients. Ce n’est plus le premier arrivé qui est le premier servi, mais le plus riche, même s’il arrive en dernier.
    Les hôpitaux sont devenus des mouroirs. En complicité avec certains laboratoires, ils imposent des analyses coûteuses et souvent inutiles, ainsi que des ordonnances qui ne servent à rien, même quand le patient est en train de mourir.
    En somme, c’est le Sénégal qui est malade, enfoncé dans ce mal par des fonctionnaires véreux. Le mal est profond. Très profond.

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    il y a 2 mois

    Les GUINÉENS ÉTRANGERS NIIY DADIALER WETHIETE BOU SEW BI DIKO YOBE GUINÉE... BILAHI JE EN CONNAISSANCE ALLONS REK

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    il y a 2 mois

    Les GUINÉENS ÉTRANGERS NIIY DADIALER WETHIETE BOU SEW BI DIKO YOBE GUINÉE... BILAHI JE EN CONNAISSANCE ALLONS REK

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    il y a 2 mois

    Il faut y ajouter les voleurs et voleuses de plaisir

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    il y a 2 mois

    Il faut y ajouter les voleurs et voleuses de plaisir

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    reply_author il y a 2 mois

    Le pelotage, c'est mentionné

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    il y a 2 mois

    Les GUINÉENS ÉTRANGERS NIIY DADIALER WETHIETE BOU SEW BI DIKO YOBE GUINÉE... BILAHI JE EN CONNAISSANCE ALLONS REK

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    il y a 2 mois

    Les GUINÉENS ÉTRANGERS NIIY DADIALER WETHIETE BOU SEW BI DIKO YOBE GUINÉE... BILAHI JE EN CONNAISSANCE ALLONS REK

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    il y a 2 mois

    Cet article tous les maux du transport public sénégalais . Sunu réwmi kééman la

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    il y a 2 mois

    Au temps de la Sotrac, si on voyait partir le bus partir, on pouvait lire son numéro affiché derrière. Cela permettait de savoir le bus qu'on vient de rater. et pouvoir estimer le temps d'attente du prochain.

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    Abou il y a 2 mois

    Il faut y ajouter l, insalubrité

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    Yes il y a 2 mois

    11. La corruption... Suivez mon regard

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    Moi il y a 2 mois

    Je parle des conditions de voyages.

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    il y a 2 mois

    Vous êtes fort quand meme y'a méme pas une semaine j'ai failli me battre dans un bus Tata pour de la monnaie.
    Souvent des receveurs qui n'ont pas de monaie te parle mal ou te font descendre du bus juste pour 150.

    ALHAMDULILLAH

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    Défenseur il y a 2 mois

    Ça c'est partout et avec tous les risques.

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    reply_author il y a 2 mois

    Apprenez L'ARABE ou bien L'ANGLAIS à distance et en un temps record.
    Suivi personnel, méthode douce selon votre rythme.
    CONTACT e-mail : senprof2024@gmail.com

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    PAYS DE GENS MECHANTS il y a 2 mois

    C SIMPLE AU SENEGAL SI TU DOIS ALLER A L'AEROPORT DE DIASS TRES TOT LE LUNDI, TU COMMENCES A Y PENSER LE VENDREDI DU FAIT DES SOUFFRANCES A ENDURER JUSTE POUR MOINS DE 100KM.

    OH LE NOIR LOL

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    reply_author il y a 2 mois

    c pa grav sonko est rentré de chine il va tou réglé

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    reply_author il y a 2 mois

    J'en parlais la derniere fois, on m'a répondu que cest la c'est la volonté divine.

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