Le Sénégal met en avant une dynamique numérique impressionnante, soutenue par un écosystème en plein essor de startups, incubateurs et initiatives publiques comme la DER (Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes) et Teranga Tech. Ces acteurs favorisent l’innovation et la création d’emplois, surtout dans les grandes villes où l’accès à Internet haut débit et aux outils digitaux est de plus en plus courant. Le taux de pénétration d’Internet du pays a atteint 112,42 % fin 2024, selon l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), ce qui reflète notamment le nombre d’abonnements par habitant, parfois multiples.
Toutefois, cette avancée numérique reste très inégalement répartie. En milieu rural, où vit environ 45 % de la population, l’accès à Internet est limité à moins de 30 %, et le taux d’équipement en smartphones ou ordinateurs est beaucoup plus faible. Les infrastructures sont insuffisantes, la formation aux compétences numériques est encore embryonnaire, et les coûts restent un obstacle majeur. Ce clivage crée une digitalisation à deux vitesses, où une partie significative de la population est exclue des bénéfices économiques et sociaux liés à la technologie.
Cette disparité alimente une fracture sociale déjà existante, renforçant les inégalités entre zones urbaines et rurales, entre classes sociales, et entre générations. Le Sénégal fait face au défi de rendre son développement numérique réellement inclusif, pour éviter que la transformation digitale ne devienne un facteur d’exclusion plutôt qu’un levier de progrès partagé.
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