Rencontres de Pastef au Palais de la République, résurgence des pratiques politiques ‘’politiciennes’’ ? [ Par Kadialy NOBA]
Si l'information selon laquelle le Président de la République s'apprête à recevoir au Palais de la République, les députés du groupe parlementaire Pastef les Patriotes, alors il y a problème.
D'abord, parce que c'est contraire au principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs, car la tête de l'exécutif (Président de la République) bénéficie de la même légitimité que le collège parlementaire (élection au suffrage universel direct). Cette rencontre ne s'inscrit dans aucune règle légale d'organisation et de fonctionnement de la démocratie sénégalaise dans la mesure où la séparation et l’équilibre despouvoirs sont conçus et exercés à travers des procédures démocratiques (préambule de la Constitution sénégalais).
Ensuite, parce que politiquement, cela ne fait pas sens et dénote une incohérence caractérisée. Rappelons que le Président de la République est, depuis sa démission du poste de secrétaire général du Pastef, devenu un simple militant qui jouit des mêmes droits au même titre que tout militant. N'étant plus leur chef sur le plan politique, sur quelle légitimité ou autorité peut-il se fonder pour organiser une rencontre politique, de surcroît au sein du Palais de la République ? On glisse tout droit vers une confusion des genres et des rôles. Cela devient inquiétant et risible puisque les actes de cette nature se répètent. Parait-il qu'une habitude s'installe lorsque l'acte est répété plus de deux fois (après la rencontre avec les coordonnateurs départementaux de Pastef, c'est au tour des députés de Pastef).
Le Palais n'est pas une permanence de Pastef. Par conséquent, il y va aussi de la responsabilité des députés qui prendront part à cette rencontre de s'expliquer, le moment venu, devant le peuple sénégalais.
Enfin, cette rencontre viendrait jeter, encore une fois, le glas sur le vent de changement que nous avons tant vendu au peuple sénégalais. À force de faire les mêmes erreurs et de rompre nos promesses de rupture des pratiques politiques "politiciennes" (ce qui est communément appelé le bilan immatériel), on deviendra décrédibilisé et inaudible.
Car, les sénégalais ne jugeront pas uniquement nos résultats dans notre capacité à tenir nos promesses dans la conception, l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques publiques mais aussi, et surtout, dans notre façon de faire de la politique, de gérer les deniers et de manier les symboles de la République.
Il ne s’agit ni moins ni plus de paroles d'un militant qui a toujours espoir qu'il n'est jamais trop tard de bien faire.
Se ressaisir tant qu'il est encore temps de bien agir et ce, dans le sens de la rupture des pratiques politiques "politiciennes" d'une autre époque serait un grand service qu'ils puissent (Président de la République, responsables Pastef et députés) nous rendre.
Kadialy NOBA
Moncap Diaspora France
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