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Planification familiale :1 300 femmes sauvées, plaidoyer pour plus de ressources à Pikine Nord

Auteur: Yandé Diop

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Planification familiale :1 300 femmes sauvées, plaidoyer pour plus de ressources à Pikine Nord

Sage-femme d’État, Diénaba Barry Diack affirme que selon les données de l’Enquête démographique et de santé (EDS) de 2023 près de 1 300 vies de femmes ont été sauvées grâce à la planification familiale. Elle s’est exprimée en marge d’une rencontre sur la mobilisation des ressources en faveur de la planification familiale. Elle s’est tenue à la mairie de Pikine Nord ce weekend, réunissant journalistes, acteurs communautaires et spécialistes de la santé. L’objectif étant de réfléchir aux stratégies permettant de pérenniser les acquis dans un contexte marqué par la raréfaction des financements extérieurs. En effet dit-elle, « les résultats obtenus ces dernières années grâce aux politiques publiques en matière de planification familiale ». Selon elle, les efforts consentis par l’État depuis 2012 ont permis de faire progresser de manière significative l’utilisation des méthodes contraceptives modernes. « Nous sommes passés d’un taux de 12 % à environ 26 % aujourd’hui, ce qui a contribué à une réduction importante de la mortalité maternelle », a-t-elle expliqué devant les journalistes.

Pour la sage-femme, il est essentiel de préserver ces acquis tout en poursuivant les efforts. « Nous sommes encore loin de l’objectif national fixé à 46 % de taux de prévalence contraceptive d’ici 2028. C’est pourquoi nous devons renforcer le plaidoyer pour mobiliser davantage de ressources », a-t-elle insisté. Elle plaide notamment pour un engagement plus fort des collectivités territoriales. L’exemple de Pikine Nord est souvent cité : le maire finance certaines activités de santé maternelle, permettant aux prestataires d’offrir des services gratuits de planification familiale dans les postes de santé chaque mois. Pour les acteurs du secteur, ce type d’initiative pourrait être reproduit dans d’autres communes afin d’élargir l’accès aux services.

Dans la même dynamique, le sociologue Momar Talla Seck, chargé de plaidoyer à l’ONG Acdev, a insisté sur l’importance de l’appropriation communautaire. Selon lui, la mobilisation des ressources ne peut être efficace sans l’engagement actif des communautés. « Rien ne peut se faire sans une forte mobilisation communautaire et sans une appropriation des stratégies par les populations », a-t-il souligné. À ses yeux, cette implication permet non seulement de renforcer l’efficacité des interventions, mais aussi d’instaurer des mécanismes de suivi et de redevabilité. Le sociologue rappelle également que les ménages sénégalais jouent déjà un rôle majeur dans le financement du système de santé. « Les études montrent que les ménages contribuent à hauteur d’environ 46 % des dépenses de santé au Sénégal. Cela montre à quel point la santé est une préoccupation majeure pour les familles », a-t-il expliqué.

Pour lui, l’enjeu est désormais de trouver des stratégies innovantes qui permettraient d’alléger ce poids financier sur les ménages. Réduire les dépenses directes liées à la santé pourrait permettre aux familles de réinvestir ces ressources dans d’autres domaines essentiels comme l’éducation ou les activités économiques. Clôturant les échanges, Alassane Baldé a rappelé l’importance de cette rencontre organisée à la mairie de Pikine Nord. Selon lui, la réflexion sur la mobilisation des ressources devient indispensable dans un contexte où les financements extérieurs se raréfient. « Nous estimons qu’il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir à la manière de mobiliser des ressources endogènes pour assurer la pérennité des actions en matière de santé, notamment la planification familiale », a-t-il expliqué. Pour lui, les journalistes ont également un rôle déterminant à jouer. À travers leurs productions, ils peuvent contribuer à renforcer le plaidoyer et sensibiliser davantage les décideurs, les collectivités locales et les communautés sur l’importance de soutenir financièrement ces programmes. « La planification familiale n’est pas seulement un enjeu de santé publique, c’est aussi un enjeu économique et social majeur », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation collective de l’État, des municipalités et des communautés pour relever ce défi.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Dimanche 08 Mars 2026

Commentaires (3)

  • image
    Et nous ? il y a 19 heures
    À quand les pilules pour homme ? Nous aussi hommes avons plus envi de faire des gosses sans concertations.
  • image
    Pillules il y a 18 heures
    Que de mensonges... des femmes stérilisées pour la plupart, et cancer du sein à venir pour d'autres.
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    Djibson il y a 17 heures
    On croit au "Créateur " , au "Grand PLANificateur", au "PLAN" mais on "planifie" soi-même, quand même....

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