Lutte : Quand la violence déborde de l’arène et interroge l’autorité de l’État
La lutte avec frappe, discipline emblématique du Sénégal, est depuis longtemps un symbole de culture, de bravoure et de fierté populaire. Pourtant, ces dernières années, ce sport national est de plus en plus associé à des scènes de violences incontrôlées qui dépassent largement les limites de l’arène. Une dérive inquiétante qui pose une question essentielle : quand la lutte cessera-t-elle d’être un facteur d’insécurité pour les citoyens ordinaires ?
À chaque grand combat, le même scénario semble se répéter. Bien après la fin des affrontements sportifs, des actes de violence éclatent dans plusieurs quartiers : affrontements entre supporters, actes vandalisme, agressions, routes bloquées, commerces fermés de force. Des populations, pourtant étrangères à ces violences, se retrouvent prises au piège, contraintes de rester chez elles, incapables de vaquer librement à leurs occupations. Même l’intimité du domicile n’offre plus toujours une protection suffisante.
Ce qui choque aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’ampleur des débordements, mais leur caractère récurrent. Combat après combat, les mêmes scènes se produisent, donnant l’impression d’une violence devenue presque normale, tolérée, voire banalisée. La lutte, censée se terminer aux portes de l’arène, s’invite désormais dans l’espace public, mettant à mal la sécurité collective et l’ordre public.
Ces actes, souvent marqués par une brutalité extrême, relèvent davantage de la sauvagerie que de la passion sportive. Ils traduisent un malaise plus profond : celui d’une jeunesse livrée à elle-même, d’un encadrement insuffisant et d’une réponse étatique jugée trop faible ou tardive.
Face à cette situation, la responsabilité du ministère de l’Intérieur est directement engagée. Me Bamba Cissé, en tant que garant de la sécurité intérieure, est interpellé par l’opinion publique. La répétition des violences après les combats interroge l’efficacité des dispositifs de sécurité mis en place et la capacité de l’État à anticiper, à prévenir et à sanctionner.
Assurer la sécurité lors d’un événement sportif ne peut se limiter à l’intérieur de l’arène. La mission des forces de l’ordre doit s’étendre aux axes routiers, aux quartiers sensibles et aux zones à forte concentration de supporters. L’absence de sanctions exemplaires contre les fauteurs de troubles contribue à renforcer le sentiment d’impunité et alimente la spirale de la violence.
Il ne s’agit pas de condamner la lutte avec frappe en tant que sport, ni de nier son importance culturelle et économique. Mais préserver la lutte implique aussi de protéger les citoyens. Un sport national ne peut prospérer au prix de l’insécurité générale et de la peur collective.
Une réflexion profonde s’impose : renforcement des mesures de sécurité, responsabilisation des promoteurs, encadrement strict des supporters, sanctions fermes et campagnes de sensibilisation. Sans une volonté politique claire et des actions concrètes, la violence continuera de ternir l’image de la lutte et d’empoisonner le quotidien des Sénégalais.
La question n’est donc plus de savoir si des incidents auront lieu après un combat, mais jusqu’où ira cette violence si rien n’est fait. Les Sénégalais aspirent à vivre normalement, même les jours de lutte. Ils ont droit à la sécurité, à la tranquillité et à la libre circulation.
Il appartient désormais aux autorités, en premier lieu au ministère de l’Intérieur, de prendre toute la mesure de la situation. Car une lutte qui ne s’arrête pas aux portes de l’arène devient un problème de sécurité nationale.
Commentaires (2)
je ne regarde plus la lutte même à la télé.
les pikinois ne sont pas ambitieux, ils auraient du y mettre un grand lycée d'excellence ou une école de formation, hôpital, mais une arene de lutte...🥲c'est pitoyable.
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