Atelier de renforcement de capacités: le PRDC-VFS renforce l’ancrage territorial et l’alignement stratégique sur le référentiel 2050
Territoire stratégique à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie, la Vallée du Fleuve Sénégal concentre à la fois un immense potentiel agricole et urbain et de fortes vulnérabilités socio-économiques et climatiques. Pour transformer ces défis en opportunités et prévenir les risques de tensions, le Projet de Résilience et de Développement Communautaire de la Vallée du Fleuve Sénégal (PRDC-VFS) mise sur des investissements intégrés, inclusifs et résilients. C’est dans cette dynamique qu’un atelier de renforcement des capacités s’est tenu à Matam.
Malgré ses terres irriguées et son rôle clé dans la sécurité alimentaire, la Vallée reste exposée aux aléas climatiques, aux déficits d’infrastructures et aux fragilités sociales. Le PRDC-VFS entend répondre à ces enjeux par une approche globale : amélioration durable de l’accès aux infrastructures socio-économiques, renforcement de la cohésion sociale et promotion d’un développement transfrontalier harmonieux.
Financé par la Banque mondiale, logé au ministère des Infrastructures et exécuté techniquement par le PUMA, le projet revendique une démarche participative impliquant l’ensemble des acteurs territoriaux.
L’atelier de Matam avait pour objectif principal de renforcer les capacités des parties prenantes afin d’accompagner efficacement la mise en œuvre des activités du PRDC-VFS, en cohérence avec les politiques publiques de l’État du Sénégal.
Les échanges ont notamment porté sur l’articulation entre les objectifs du Référentiel Sénégal 2050, le concept de pôles territoires et les documents de planification locale (PDC et PDD), en intégrant pleinement la dimension du changement climatique. Les participants ont souligné l’importance d’aligner les plans de développement des collectivités territoriales sur les orientations stratégiques nationales.
Le coordonnateur du PRDC-VFS, Mamadou Diedhiou, a souligné que l’atelier visait d’abord à partager avec les acteurs territoriaux les documents-cadres nationaux et à mieux articuler les initiatives locales avec ces référentiels.
Il a rappelé que le projet a engagé un processus de réactualisation des documents de planification locale, en tenant compte du changement climatique. L’atelier a ainsi permis de mieux comprendre le contenu des orientations nationales et d’identifier les ajustements nécessaires.
« Nous intervenons dans trois pôles Nord, Nord-Est et Sud-Est le PRDC-VFS participe également aux comités régionaux installés par les gouverneurs, dans le cadre de la réforme des pôles territoires. L’objectif est clair : contribuer activement à cette politique structurante » a indiqué le coordinateur du PRDC-VFS.
Mamadou Diedhiou a aussi annoncé la signature prochaine d’un protocole avec l’Université Gaston Berger afin d’appuyer les territoires, notamment dans la gestion des connaissances et la capitalisation des expériences.
Pour le consultant Ousseynou Touré, l’intérêt d’un tel atelier est évident. Selon lui, l’arrimage d’un projet aux documents de politique publique, notamment au Référentiel 2050, présente un triple avantage : intégrer les résultats du projet dans l’évaluation nationale, offrir un avantage comparatif par rapport aux initiatives non alignées et favoriser la continuité de l’action publique.
Il a également insisté sur la pertinence du PRDC-VFS dans un contexte où la majorité des pôles territoires se situent dans des zones frontalières ou côtières, particulièrement exposées aux effets du changement climatique. À ses yeux, une réforme efficace doit être « ascendante », c’est-à-dire partir de la base vers le sommet, en valorisant la capacité de réflexion des acteurs territoriaux.
Il a salué la composition plurielle des participants, estimant que la transformation systémique recherchée passe par une mobilisation communautaire élargie et non par les seuls élus locaux.
Le consultant a aussi mis en avant la performance du projet, rappelant qu’en deux ans, près de 26 milliards de francs CFA ont été injectés, avec la réception d’ouvrages socio-économiques et collectifs. Pour lui, cette efficacité s’explique par la maîtrise des réalités territoriales par le top management du projet et par une réduction significative du temps d’apprentissage dans la gestion. Au-delà des infrastructures réalisées, le PRDC-VFS ambitionne d’inscrire son action dans une transformation systémique durable, fondée sur la résilience climatique, la cohésion sociale et l’alignement stratégique avec les politiques nationales.
L’atelier de Matam marque ainsi une étape importante : celle d’un dialogue renforcé entre État, collectivités territoriales, experts et communautés, pour faire de la Vallée du Fleuve Sénégal un espace de stabilité, de prospérité partagée et d’intégration régionale réussie.
Commentaires (1)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.