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Les sportives nigérianes brillent en Afrique, malgré les obstacles à domicile

Auteur: AFP

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Les sportives nigérianes brillent en Afrique, malgré les obstacles à domicile

Dominatrices dans les compétitions internationales, basketteuses et footballeuses nigérianes doivent affronter à domicile de nombreux obstacles: mauvaise gestion, inégalités salariales et représailles à l'encontre de celles qui osent dénoncer les abus.

Le Nigeria a remporté début août la finale de l'AfroBasket féminin, son cinquième titre continental consécutif. La semaine précédente, les footballeuses nigérianes des Super Falcons gagnaient leur dixième Coupe d'Afrique des Nations féminine de football (WAFCON).

Alors qu'elles sont les meilleures d'Afrique, basketteuses et footballeuses nigérianes sont pourtant bien moins payées que leurs homologues masculins... quand elles le sont. Car les primes de match ou de résultat, qui représentent une bonne partie de leurs revenus, sont depuis des années versées en retard, voire pas du tout.

Mais lorsque les Super Falcons ont atterri à Abuja fin juillet, après leur sacre à la WAFCON face au Maroc (3-2) hôte de la compétition, aucune joueuse n’a répondu face à la presse aux questions demandant si elles allaient réclamer au président nigérian, les recevant dans sa résidence, d’être payées comme les joueurs de l'équipe masculine.

"Si vous ouvrez la bouche contre ce qui se passe, vous perdez totalement la possibilité d'obtenir ce à quoi vous avez droit, vous pourriez même être placé sur liste noire", explique à l'AFP Solace Chukwu, rédacteur en chef d'Afrik-Foot Nigeria.

- Retards de paiement -

En 2021, les basketteuses ont interpellé les autorités, protestant contre le non-paiement des primes de match. Mais à l'époque, la Fédération nigériane de basket-ball a simplement nié toute malversation, invoquant de simples erreurs administratives.

"Les joueuses qui prennent l'initiative ou osent protester prennent toujours le risque de ne pas être convoquées ou d'être carrément mises à l'écart", abonde Harrison Jalla, un responsable du syndicat des joueuses.

Après avoir dénoncé le non-paiement des salaires lors de la Coupe du monde féminine 2019, la capitaine des Super Falcons Desire Oparanozie, aujourd'hui commentatrice, s'est vu retirer son capitanat et n'a pas été sélectionnée pour disputer la WAFCON en 2022.

À l'époque, la Fédération nigériane de football a nié l'avoir écartée à la suite de ses propos. Mais l'ancien sélectionneur de l'équipe masculine, Sunday Oliseh - lui-même mis à l'écart de l'équipe nationale au début des années 2000 après des protestations contre des arriérés de salaire - a vu dans cette éviction des représailles "criminelles".

Ni la Fédération nigériane de Football et les Super Falcons n’ont répondu à l'AFP sur la peur supposée des joueuses d'exprimer ces problèmes en public.

- "Le ciel est la limite" -

Le succès des basketteuses et footballeuses s'expliquent en partie par le réservoir que constituent l'importante population du pays - le plus peuplé d'Afrique avec 200 millions d'habitants - et sa nombreuse diaspora.

Mais les équipes féminines de basket-ball et de football ont aussi bénéficié d'investissements précoces, à une époque où d'autres pays africains se concentraient sur les équipes masculines, souligne M. Chukwu. Ce qui a permis aux Super Falcons de remporter les sept premières éditions de la WAFCON, de 1991 à 2006.

Joueuses et membres de l'encadrement continuent d'espérer un changement dans la manière dont sont traités les sportives au Nigeria.

Aisha Falode, une responsable de la Fédération nigériane de football, appelle le gouvernement à "investir dans les équipements, dans les ligues et dans les joueuses, car le football féminin ne peut plus être pris à la légère".

En dépit de ces difficultés, le sport continue à attirer les jeunes filles. Les exploits des footballeuses des Super Falcons ont incité Justina Oche, 16 ans, joueuse dans une école de football d'Abuja, à tenter une carrière dans ce sport.

"On dit que ce qu'un homme peut faire, une femme peut le faire encore mieux", explique à l'AFP la jeune fille, dont l'idole est Asisat Oshoala, élue six fois footballeuse africaine de l'année, "les Super Falcons l'ont encore prouvé".

Auteur: AFP

Commentaires (2)

  • image
    Défenseur il y a 5 heures

    Les gars qu'est-ce que vous en pensez ?

  • image
    Défenseur il y a 5 heures

    Comparaître la femme à l'homme, je trouve cela absurde

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