Guinée : À Lola/Guewé, l’eau potable reste un combat malgré les promesses des autorités
Situé à l’est de la sous-préfecture de Gueasso, dans le district de Moribadou, le village de Guewé – l’un des plus anciens de la région – fait face, depuis des années, à une crise chronique d’accès à l’eau potable.
Avec plus de 800 habitants, ce village enclavé, niché dans un relief accidenté, subit une pénurie d’eau qui bouleverse le quotidien de ses habitants et menace gravement leur santé.
Pour accéder à l’unique point d’eau encore utilisable, les villageois doivent descendre dans un ravin escarpé. Ce trajet périlleux est devenu une corvée quotidienne pour les femmes et les enfants, souvent après de longues heures passées aux champs.
« Il n’y a pas d’autre solution. Les femmes sont épuisées. Elles quittent les champs et passent des heures à chercher de l’eau. Quand la saison sèche arrive, c’est le calvaire. La montée de la colline provoque des maux de dos. Si tu n’es pas solide, tu tombes », témoigne Martine, habitante du village.
Le seul puits, creusé en 2000 par une ancienne société forestière, est aujourd’hui hors d’usage. Les tentatives de creuser d’autres puits ordinaires se sont heurtées à la roche dès 12 mètres de profondeur, faute de moyens pour poursuivre. En attendant, les villageois se tournent vers des trous d’eau naturels, exposés aux ruissellements.
« L’eau que nous buvons contient des algues, elle devient verte. Quand il pleut, toutes les eaux sales s’y déversent. Les enfants tombent malades, mais nous n’avons pas d’autre choix », déplore Yaramon Camara.
L’imam du village, revenu de Côte d’Ivoire, apporte un témoignage saisissant :
« J’ai bu cette eau le jour de mon arrivée. J’ai vomi pendant sept jours, avec des diarrhées. Cette situation est très grave. Nos enfants tombent malades. »
Pour les anciens comme Losseny Chérif, cette crise hydrique qui dure depuis des décennies est une véritable plaie pour la communauté. La souffrance des femmes est particulièrement marquante. En plus de leurs activités agricoles, elles consacrent des heures entières à la recherche d’eau, parfois jusque tard dans la nuit.
« Si la pluie tombe, c’est la joie. Chacun sort avec bassines et seaux pour récupérer l’eau des toitures. C’est la seule eau “propre” que nous puissions espérer, avant la saison sèche. »
Face à cette situation critique, les habitants de Guewé lancent un appel pressant aux autorités locales et nationales, ainsi qu’aux ONG, institutions et partenaires techniques. Le village a besoin d’une solution durable : la réhabilitation du puits existant ou la réalisation d’un forage moderne.
Car ici, chaque goutte d’eau est un combat. Et chaque litre, une victoire.
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