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Arrêtons de mythifier le baccalauréat

Auteur: Mbaye Sadikh

Arrêtons de mythifier le baccalauréat

Arrêtons de mythifier le baccalauréat

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Un élève qui se donne la mort après un échec au baccalauréat. Une candidate qui s’effondre lors de la proclamation des résultats. Voilà deux faits parmi tant d’autres qui indiquent à suffisance que la charge émotionnelle imposée aux candidats au bac est bien trop élevée. Rien que la façon de rendre publics les résultats peut conduire à la mort d’un prétendant. Cette longue et anxieuse attente, cette intenable déclamation des noms des admis constituent d’interminables minutes qui peuvent faire lâcher les cœurs les plus fragiles.

Pourquoi a-t-on besoin de sapeurs-pompiers et autres agents de secours pendant la proclamation des résultats ? La réponse à cette question suffit pour se rendre compte qu’il y a problème. Pour les badauds et autres curieux, cette dramatisation est la bienvenue. C’est pourquoi, dans beaucoup de localités, ouvriers, commerçants et sans-emploi se précipitent vers les centres d’examen pour se délecter du spectacle. Mais pour les candidats et leur famille, c’est une vraie torture, un autodafé académique.

On se demande encore pourquoi le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (s’il vous plaît) n’a jamais pensé à mettre fin à ce supplice à l’ère du numérique, et même bien avant. Maintenant que le ministère de l’Éducation a indiqué la voie à travers des résultats disponibles par QR code, on espère que le département de l’Innovation suivra dès l’année prochaine afin de soulager les candidats.

Mais, en vérité, la proclamation des résultats n’est qu’une question périphérique : le vrai débat réside dans cette mystification du premier diplôme universitaire. Pas plus tard que la semaine dernière, une candidate ayant réussi avec mention disait à la télévision qu’au Sénégal, « si vous n’avez pas le bac, vous n’avez rien ». C’est justement cette conception du baccalauréat qui pose problème. Au Sénégal, le discours ambiant, à l’école comme dans le quartier, fait penser que le bac est la seule porte de la réussite.

Au point que certaines familles mettent une pression terrible sur les candidats. Combien de fois a-t-on entendu une maman dire à son garçon qu’il n’aura jamais le bac, qu’il sera la risée du quartier ? Non pas parce qu’elle le lui souhaite ou qu’elle le pense, mais pour fouetter son orgueil et le pousser à la réussite. Mais ce discours a-t-il toujours l’effet escompté ? Certaines filles, plus fragiles sur ce point, en arrivent à déprimer parce qu’elles en font une affaire de vie ou de mort.

En vérité, quand vous passez le bac, c’est tout le quartier qui en fait son affaire. Vous êtes scruté, attendu au tournant. Et, en fonction des jugements portés sur vous, on vous attribue le bac ou on vous fait échouer avant les examens. Quand un garçon turbulent passe, c’est un accident ou l’effet d’un marabout, peu importe qu’il soit intelligent et studieux. Lorsqu’un élève apprécié dans le quartier échoue, on invoque d’autres facteurs, sans avoir la moindre idée de son niveau à l’école. Tout ceci multiplie le stress chez certains candidats, au risque de les faire échouer.

Moins d’ouvriers, plus de bacheliers sans savoir-faire

L’idée ici n’est pas de réduire le baccalauréat à un bout de papier. Au contraire, un pays qui veut se développer a besoin d’une jeunesse instruite et bien formée. Et avoir le niveau bac est le minimum pour disposer d’une masse critique de jeunes compétents dans les domaines clés afin de faire décoller un pays. L’éducation reste donc la plus puissante arme de développement d’un pays. Il n’est donc pas question de dévaloriser ce diplôme.

Mais, en même temps, il est bon de faire comprendre aux élèves que le bac n’est ni le début ni la fin de la vie ou d’une existence. Il est juste une étape parmi tant d’autres. Pour calmer toute cette folie, une fille a posté une vidéo sur les réseaux sociaux rappelant qu’elle est vendeuse ambulante de miel, alors qu’elle a le bac. On aura vu des étudiants devenir charretiers, maçons, vendeurs à la sauvette ou candidats à l’émigration clandestine. Certains sont retournés au village pour cultiver la terre, sans aucune plus-value tirée de leurs études.

Encore une fois, l’objectif de cette réflexion n’est pas de détourner les jeunes des études. Elle cherche à réduire la charge émotionnelle autour du bac. Mais cela ne sera possible tant que ce diplôme restera considéré comme l’exemple de la réussite par excellence. Pour réussir ce pari, l’État du Sénégal doit en finir avec ce bac général survalorisé. Le pays a besoin de parcours alternatifs. L’intelligence ne doit pas se mesurer exclusivement à la capacité à réciter sans comprendre.

Aujourd’hui, les jeunes désertent les ateliers pour le petit commerce. Il devient de plus en plus difficile de trouver un menuisier, un plombier ou un électricien pour les petits travaux (les corvées) dans les maisons. Pendant ce temps, on assiste à une augmentation du nombre de bacheliers sans aucun savoir-faire (parfois même sans savoir-être). La rencontre entre ces deux sphères serait d’un grand bénéfice pour le Sénégal. Le moment est donc venu de valoriser l’enseignement technique, l’artisanat et d’apporter un peu de bémol au bac général. Il y va de l’avenir du Sénégal.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Un élève s'est suicidé après un échec au bac, et une candidate s'est effondrée lors de la proclamation des résultats, illustrant une charge émotionnelle excessive. - L'article critique la "mythification" du bac au Sénégal, où il est perçu comme la seule voie de réussite, créant une pression sociale et familiale intenable. - Il appelle à valoriser l'enseignement technique et l'artisanat pour réduire la dépendance au bac général et offrir des parcours alternatifs.
Auteur: Mbaye Sadikh
Publié le: Lundi 13 Juillet 2026

Commentaires (8)

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    Zookeeper il y a 2 heures
    Bien dit, ajouté à cela les réseaux sociaux qui amplifie la pression. Il serait effectivement sain de donner les résultats de façon plus sobre. Profitons-en aussi pour dédramatiser les séries scientifiques. Les gens ne cessent de dire que "S dafa saf" au point de démotiver des personnes qui s’en seraient largement sorties. Je suis aussi d’accord que tout le monde n’a pas besoin d'être ingénieur ou docteur, le pays à plus besoin de technicien hautement qualifiés.
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    Veritas il y a 2 heures
    Billet qui vient vraiment à son heure. Le vrai problème est en réalité la relation que nous avons à ce qui définit le statut social en général. Comme mentionné, il est vrai que l'instruction est fondamentale pour non seulement le développemnt d'une société mais même pour l'épanouissement personnel d'un individu. Pour autant la taille du compte en banque, le métier exercé ou même le diplôme doivent ils peser tant que ça pour déterminer la valeur d'un individu dans une société ? Un banquier, haut fonctionnaire ou médecin sans foi ni loi devrait-il être plus respectable qu'un plombier, électricien ou éboueur travailleur et honnête ? D'ailleurs cette question peut se poser dans le sens inverse également. Si mon enfant échouait au baccalauréat, je serais déçu pour lui, mais jamais je ne réduirai l'individu qu'il est ni à ses diplômes, ni à son argent, ni à son statut au sein de la société. Nit moo gën milyar
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    S&N&GALAIS il y a 1 heure
    Très bonne analyse. Il faut que les gens comprennent qu'obtenir le baccalauréat ne garantit pas forcément la réussite professionnelle. Le bac n'est en réalité que le début d'un long parcours semé d'obstacles. Pourtant, les jeunes qui choisissent la formation professionnelle après le BFEM ont souvent davantage de chances d'accéder rapidement à un emploi bien rémunéré. En seulement trois ans après le BFEM, il est possible d'obtenir un BTS dans des domaines très recherchés comme l'électricité, la mécanique, l'informatique industrielle, l'électromécanique ou encore la maintenance industrielle, et d'intégrer plus vite le marché du travail. Malheureusement, au Sénégal, beaucoup considèrent encore que les élèves orientés vers les écoles de formation dès la troisième sont ceux qui ont échoué dans le cursus général. C'est une perception erronée. La formation professionnelle est une voie d'excellence qui répond aux besoins réels des entreprises et offre souvent de meilleures perspectives d'insertion que certaines filières universitaires saturées. Il est temps de valoriser davantage les métiers techniques et de changer notre regard sur la formation professionnelle, qui constitue aujourd'hui une véritable opportunité de réussite et d'épanouissement pour de nombreux jeunes.
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    Lol il y a 2 heures
    Il suffit juste d'imprimer le resultat de chaque eleve, mettre dans une enveloppe comme ça chacun peut venir retirer son résultat et partir sans trop attendre.
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    Problème profond il y a 2 heures
    C'est qu'un jeune est à un moment où se décide l'avenir de sa vie, son futur statut social, son futur salaire mais encore la fierté et pression de ses parents. Il est à ce moment où il n'est pas encore un vrai adulte et la fierté de ses parents lui importe beaucoup et où il n'est plus un enfant et tente de se projeter dans sa vie et de trouver sa place au milieu de l'incertitude. C'est une période très sensible psychologiquement. Maintenant le Sénégal est loin d'être le pire pays au niveau de la pression. Les pays asiatiques, qui performent pourtant, on un taux de suicide des jeunes extrêmement élevé avec des phénomènes de détresse majeure comme les hikikomori. Ces pays cherchent des solutions à ce problème mais n'arrivent pas à réduire le nombre de morts et de tentatives de suicides des jeune face aux examens scolaires.
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    RAS il y a 45 minutes
    Je suis d’accord sur la nécessité de réduire la pression du baccalauréat sur nos enfants. Les solutions peuvent être relativement simples comme le remplacer par un contrôle continue plus un examen. En revanche, affirmer que le baccalauréat n’est pas un gage de réussite c'est enfoncer une porte ouverte : personne n’a jamais dit qu’il garantissait la réussite professionnelle ou sociale. Ce n'est pas le but. Le niveau bac est un socle minimal de méthode et de culture générale pour devenir un citoyen éclairé. Je ne parle pas de l'examen mais du niveau. Nous devons eviter le nivellement par le bas et avoir une vision plus hollistique de l'éducation.
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    SENEG il y a 8 minutes
    Un pays où meme ceux qui ont des doctorats sont au chomage, pourquoi mourir pour le bac. Ce qui fait suicider les gens c'est ce rite d'humiliation d'un autre temps où on convoque la planete entiere pour citer des noms et d'en laisser d'autres. Il faut numeriser la maniére de delivrer les resultats et mettre en place une plateforme centraliser où chacun pourra visiter pour connaitre ses resultats
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    système educatif il y a 5 minutes
    le système éducatif du sénégal est trop dense mais aussi archaïque, l'état devrait mettre en place un système de soutien scolaire psychologique pour chaque établissement cela fera l'affaire des enfants et du bien-être psychologique, il faut démystifier le mythe que la santé mentale est seulement réservé aux occidentaux, les parents ou les professeurs peuvent être des confidents ou meme des soutient sur le plan moral par contre ce qui est à trait d'un vrai soutien psychologique ou même prévention du suicide, il faudrait impérativement des psychologues éducatifs spécialisés au moins 1 pour. chaque établissement scolaire, ceci doit être proposé au ministre de l'éducation , la manière de voir l'école doit changer profondément dans ce pays, déjà que au sénégal la pression sociale est déjà énorme et je te parle meme pas sur le plan scolaire, félicitations aux bacheliers du bac et paix à son âme à la fillette qui sest ôté la vie

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