News Feed
Calendar icon
Wednesday 08 July, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Sachets d’eau contaminés : À quoi joue le ministère du Commerce ?

Auteur: Mbaye Sadikh

Sachets d’eau contaminés : À quoi joue le ministère du Commerce ?

Sachets d’eau contaminés : À quoi joue le ministère du Commerce ?

🎧 Écouter l'article
0:00
--:--
116 écoutes

Le ministère du Commerce a sorti un communiqué le 6 juillet pour informer le public de la « présence croissante » sur certains marchés de sachets d’eau et autres boissons « produits clandestinement et potentiellement dangereux pour la santé ». Le ministère alerte sur un risque de contamination, des conditions d’emballage et de stockage défectueuses, une absence de traçabilité… Ce qui fait que le risque est grand pour le consommateur d’être victime de troubles digestifs, d’infections, de maladies hydriques, etc. 

Pour toutes ces raisons, le ministère demande à la population d’être vigilante, autrement dit, de « n'acheter que des produits scellés, correctement étiquetés et provenant de marques identifiables ». Le ministère termine son communiqué par des menaces contre les producteurs, les stockeurs, les distributeurs, annonce des opérations de contrôle et invite même la population à les dénoncer.

S’il était permis d’en rire, on ricanerait à gorge déployée. Mais le sujet est assez sérieux pour être pris à la légère. On peut toutefois se demander de qui se moque le ministère du Commerce. De quoi nous informe-t-il ? Si c’est de la « présence croissante » des sachets d’eau, la population le sait déjà. Une cinquantaine de marques ont été répertoriées entre Dakar et Mbour. Ce qui est la preuve parfaite de l’omniprésence du produit.

Peut-être que le ministère nous informe de la contamination microbienne des sachets. Si c’est ça, on peut se demander à quoi sert franchement ce ministère. Rappelons que ce communiqué intervient dans un contexte où une étude menée à l’UCAD a reçu un large écho auprès des médias nationaux et internationaux (BBC, Brut, ZOA…). L’étude a révélé que, sur un échantillon de 100 sachets tirés de 50 marques différentes, 82 % présentent des matières fécales. Si c’est ça l’information, le ministère a été devancé par l’UCAD et les médias.

Et c’est là qu’intervient une question : le ministère a-t-il des laboratoires pour contrôler la conformité des aliments ? Ce travail est-il réellement fait par le département de Serigne Guèye Diop ? En principe, il appartenait au ministère d’effectuer des analyses sur les sachets d’eau, les boissons et autres produits pour déterminer leur conformité avant leur mise sur le marché. À défaut d’un contrôle a priori, qu’on ait au moins un contrôle a posteriori pour alerter la population et demander le retrait de tout produit qui présente des risques sérieux. En lieu et place, le ministre attend que d’autres fassent son travail, que les résultats soient largement diffusés pour enfin alerter la population. Malgré tout, il veut nous faire croire que « la protection de la santé des citoyens est une priorité absolue ».

Le capital vs la santé

Ce que nous attendons du ministère, c’est plus d’informations sur ces sachets d’eau et autres produits. Au lieu de demander au consommateur de n’acheter que les « marques identifiables », il ferait mieux de se rapprocher de l’UCAD et d’approfondir le travail, au besoin, pour fournir une liste des marques conformes et une liste des marques non conformes afin d’aider la population à faire le bon choix. Identifier une marque ne suffit pas, si après on ne peut juger de sa qualité. Serigne Guèye Diop et ses équipes peuvent aller au-delà et s’intéresser aux « Kaay naan », ces points de vente d’eau filtrée, pour déterminer leur qualité.

Malheureusement, il n’y a rien qui permet d’espérer. Depuis plus d’une décennie, ces sachets d’eau sont commercialisés partout au Sénégal, avec une forte densité au mètre carré : dans la rue, dans les boutiques, les marchés. Partir des vendeurs pour remonter jusqu’aux producteurs devrait être relativement facile. Il ne sert donc à rien de brandir une menace alors qu’on a toujours opté pour l’inertie. S’il y avait un processus de contrôle et d’autorisation de mise sur le marché, il n’y aurait pas toute cette pagaille.

Et la récente affaire Soft Care nous conforte dans l’idée que le ministère ne fera rien. Serigne Guèye Diop et le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, avaient accordé la priorité à l’emploi au détriment de la santé publique. Dans cette affaire de sachets d’eau aussi, il y a beaucoup d’emplois. Plus d'emplois que chez Soft Care. Vive l’industrie, en bas la santé publique.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Le ministère du Commerce alerte sur la présence croissante de sachets d’eau et boissons produits clandestinement, potentiellement dangereux pour la santé, avec risques de troubles digestifs et maladies hydriques. - Une étude de l’UCAD sur 100 sachets de 50 marques révèle que 82 % contiennent des matières fécales, devançant l’alerte du ministère. - L’article critique l’absence de contrôle préalable du ministère et demande des listes de marques conformes, plutôt que de simples appels à la vigilance.
Auteur: Mbaye Sadikh
Publié le: Mercredi 08 Juillet 2026

Commentaires (17)

Trier par :
Seuls les membres inscrits ayant reçu des 👍 apparaissent dans ce classement. Se connecter pour y figurer
  • image
    Darkpenguin ⭐ Top commentaire il y a 4 heures
    La question dépasse le cadre de la production artisanale de sachets d'eau, de pain et d'huile (souvent conditionnée dans des fûts de carburant de récupération) ou de l'omniprésence d'étrangers dans les moto-taxis (*Jakarta*) et de la vente de nourriture de rue ; le véritable problème réside dans le fait que les opportunités d'accès au marché celles qui permettent aux jeunes sans scolarité ni formation professionnelle de se constituer un capital de départ pour leur vie, ont été envahies et accaparées par des intérêts étrangers organisés. Le ministre doit adopter une approche globale de la situation plutôt que de se focaliser uniquement sur des produits isolés. Il est nécessaire de restructurer l'accès aux secteurs du commerce de détail, du transport et de la restauration en réservant ces activités exclusivement aux nationaux.
  • image
    Anta il y a 4 heures
    Dans le secteur de la restauration, en particulier pour ce qui est de la manipulation et de la préparation de denrées périssables ainsi que des opérations de restauration alimentaires courantes les acteurs locaux sont plus enclins à respecter les normes d'hygiène et de sécurité alimentaire que les aventuriers étrangers, lesquels peuvent suivre des pratiques sociales et des coutumes différentes à cet égard qui sont des reflexes en eux qu'une réglementation ne peut changer " Dire un Sénégalais que la viande du mouton est prohibé comme aliment, c'est comme dire à un burkinabè la viande du chat les aussi". C'est pourquoi ces activités et particulièrement le commerce de détails devraient rester entre les mains des populations locales et être préservées pour elles par une réglementation.
  • image
    Cancer il y a 4 heures
    Le plastique possede Edwa produits qui causent le cancer. Utilizer le le moins possible.
  • image
    Mame il y a 4 heures
    Bravo pour la véracité du texte.on se demande à quoi servent les hommes politiques
  • image
    Seynabou il y a 4 heures
    Les Sénégalais sont unanimes sur ce problème et à travers leurs propos disent tous la même chose avec des mots différents. La responsabilité du contrôle des produits tels que l'eau, le pain, l'huile de cuisson contaminée par des hydrocarbures par les barriques contenants et autres denrées similaires devrait être retirée à l'organisme d'inspection sanitaire actuel, en particulier au Service d'hygiène, dont l'intégrité est compromise par des liens étroits avec les commerçants boutiquiers (souvent prévenus de contrôles dits « inopinés » avant même qu'ils n'aient lieu) — pour être confiée à la gendarmerie et à la police, étant donné que de telles pratiques constituent des actes criminels d'empoisonnement. Par ailleurs, le public doit pouvoir déposer plainte pour tentative d'empoisonnement lorsqu'un commerçant met en vente des produits destinés à la consommation, fabriqués de manière illicite et frauduleuse, qui présentent des risques pour la santé ; une telle mesure permettrait de sensibiliser la population et d'amener les commerçants à réfléchir à deux fois, en prenant conscience qu'ils s'exposent à des peines de prison et à des amendes se chiffrant en millions. À l'avenir, il convient de créer les conditions nécessaires pour restituer le commerce de détail aux citoyens sénégalais qui, contrairement aux opérateurs étrangers, se soucient davantage de la santé de leurs compatriotes.
  • image
    Ngor il y a 4 heures
    Quel pays!
  • image
    Labson il y a 3 heures
    Une fois au stade de l'amitié au début des années 2000 j'ai vu des gens remplir leurs bouteilles d'eau dans les toilette sur des robinets qui étaient à moins de 45 cm du carrelage et dans une mare d'eau de ruissellement où les gens pataugeaient avec des chaussures qui ont du faire des kilomètres pour accéder au stade. J'imaginais dans ce milieu les bactéries dans ces WC qui accueillaient des centaines personnes aux ventres repus de victuailles de toutes sortes et qu'elles ont dû déverser dans cet endroit de soulagement fécal
  • image
    Nn il y a 3 heures
    Trop de problèmes avec ce ministre.
  • image
    Atapp il y a 2 heures
    Et la dibie( viande grillée) mise sur les feuilles de ciment, aucune mesures pour au moins sensibiliser la population et sanctionner les responsables
  • image
    Lucide il y a 1 heure
    On cherche à forcer les gens à consommer l'eau qui est installé dans chaque coin de rue mais si l'eau coûtait même 100 frs et qu'on à 100 frs en poche ça devient un produit inaccessible et un investisseur le pouvoir d'achat est le pur cauchemar avec des études de marché et tout ce que vous voulez si les moyens ne suivent pas c'est zéro. Augmenter les salaires si vous voulez faire décoller le marché d'un bout.
  • image
    penser il y a 1 heure
    Je pense qu'il faut chercher la cause du problème à la source aussi. Pour la plupart, l'eau des sachets , c'est l'eau du robinet filtrée et mise en sachet par une machine. Si l'eau des sachets contient des impuretés Il faut regarder aussi l'eau du robinet. D'autant plus que l'eau du robinet vient des lacs et pour ce qui connaissent dans ces lacs ou au voisinage les populations riveraines vont presque tout: bain, vaisselle, lessive....Il faut arrêter de dire que ce sont les etranger ou ...Ces derniers ne font que ce que font ceux qui sont autochtones...Desolé .
  • image
    Boy Plateau il y a 44 minutes
    Le même problème existe avec le vinaigre depuis plus de 30 ans. Pour gagner plus, beaucoup de structures utilisent de l'acide acétique pour remplacer le vinaigre car moins cher. Sauf que c'est totalement interdit et très dangereux pour la santé, provocant à long terme des maladies des voies digestives entre autres. Mais bon, encore un secret de polichinelle parmi tant d'autres.

Participer à la Discussion

Règles de la communauté
  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.

Emoji