« 2025 a été une année chaotique, 2026 sera décisive », alerte le Pr Souleymane Astou Diagne
Invité de l'émission JDD ce dimanche 1er février 2026, l’économiste et universitaire Pr Souleymane Astou Diagne a dressé un diagnostic sans complaisance de la santé économique du Sénégal. Selon lui, l’année 2025 a marqué une rupture brutale dont les ondes de choc pèseront lourdement sur l'exercice actuel.
« L’économie sénégalaise est en difficulté sévère », a affirmé d'emblée l'universitaire. Pour lui, ce marasme est le résultat d'un cocktail explosif : l'arrêt brutal des chantiers du BTP, la sur-fiscalisation des activités économiques et un climat politique tendu. Ces facteurs ont mené à une asphyxie du secteur privé, une contraction du PIB et une dette publique jugée excessive, provoquant une perte de confiance généralisée chez les investisseurs.
Le Pr Souleymane Astou Diagne a mis en lumière un paradoxe majeur de l'économie nationale. Alors que près de 70 % de la population active travaille dans le secteur primaire, celui-ci ne contribue qu'à 15 % du PIB. Plus alarmant encore, ce secteur ne capte que 2 % du financement bancaire, alors qu'il constitue le principal vivier d'emplois du pays.
« On ne peut pas parler d’industrialisation quand les secteurs productifs sont sous-financés », a-t-il insisté. À titre de comparaison, il rappelle que seules 35 % des PME-PMI sénégalaises accèdent au crédit, contre près de 80 % au Maroc.
Dette, fiscalité et effet d'éviction
L'économiste pointe également du doigt la responsabilité de l'État dans la rareté du crédit pour le privé. Selon lui, les autorités publiques évincent le secteur privé en siphonnant les ressources bancaires à travers les appels publics à l’épargne. Cette situation est aggravée par une pression fiscale figurant parmi les plus fortes de la sous-région, ce qui freine toute velléité de croissance interne.
Pour le Pr Souleymane Astou Diagne, la priorité absolue est de restaurer la confiance pour faire de 2026 l'année du redressement. Cela passe impérativement par un apaisement du discours politique pour rassurer les marchés, ainsi que par la relance immédiate des grands chantiers pour redynamiser le secteur du BTP.
Il préconise également un allègement de la pression fiscale pour redonner de l'air aux entreprises et une normalisation rapide des relations avec les partenaires internationaux, notamment le FMI et la France, afin de stabiliser le cadre macroéconomique du pays.
Commentaires (3)
Tu avais la même posture avec maky jusqu'à ce qu'il te ferme la bouche avec un poste.
Pathétique.
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