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Saveurs d'enfance et tables vides : L'épreuve silencieuse des fidèles de la diaspora

Auteur: Laïka NZANGUILA BA

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Saveurs d'enfance et tables vides : L'épreuve silencieuse des fidèles de la diaspora

Le Ramadan est souvent présenté comme un mois de partage, de ferveur, de solidarité et de retrouvailles familiales autour du « ndogou ». Mais pour de nombreux musulmans vivant loin de leur terre natale, cette période se vit dans un tout autre décor. En Europe comme au Sénégal, loin de leurs racines, certains fidèles composent avec la distance, l’absence et la nostalgie.

Le défi du quotidien en terre étrangère

Arrivé en France pour ses études il y a plus de quarante ans, Ousmane Sow, d’origine sénégalaise et installé au Havre, n’a jamais quitté l’Hexagone. Investi dans la vie associative, puis engagé en politique aussi bien sénégalaise que française grâce à sa double nationalité, il a construit sa vie loin de son pays d'origine. Pourtant, chaque Ramadan ravive une réalité bien concrète : celle d’un jeûne vécu sans l’ambiance familiale du pays.

« Le midi est le moment le plus difficile », confie-t-il. Entre le travail et la fatigue, les heures paraissent longues. La rupture du jeûne, autrefois moment de convivialité, devient parfois un exercice solitaire : « On est obligé de tout préparer soi-même ». Même lorsqu’on partage le même toit, les rythmes de vie peuvent accentuer l’isolement. Sa fille aînée vit chez lui, mais leurs horaires ne coïncident presque pas. Le Ramadan, dans ces conditions, se vit dans la discrétion et l’endurance.

L’organisation, nouveau défi du mois sacré

En Allemagne, où elle vit depuis 2020, Fatou Mbaye Ba en est à son sixième Ramadan loin de Dakar. Partie rejoindre son mari, elle affirme que le jeûne n’est pas le plus éprouvant. Le véritable défi réside dans l’organisation. Concilier le travail, les tâches quotidiennes et la préparation du repas demande une rigueur constante. En semaine, l’iftar se fait souvent seul ; les repas en famille sont réservés aux week-ends. Le rythme européen, moins centré sur la vie communautaire, change profondément la manière de vivre le mois béni. Le temps manque, l’ambiance aussi.

La nostalgie des saveurs et des traditions

Au-delà des contraintes matérielles, c’est surtout le manque affectif qui marque ces parcours. Le ndogou au Sénégal, les grandes tablées, les voisins qui partagent le repas et les odeurs de cuisine à l’approche du maghrib restent des souvenirs vivaces. Fatou Mbaye confie penser à son père décédé au moment de la rupture.

De son côté, une étudiante comorienne installée au Sénégal depuis trois ans vit également le Ramadan loin de son pays d’origine. Si la ferveur religieuse est présente, certaines spécificités culturelles lui manquent : « Ce sont surtout des plats comoriens », explique-t-elle. Les recettes traditionnelles et les saveurs de l’enfance restent irremplaçables. Pour maintenir le lien, elle recrée parfois ces spécialités dans sa cuisine sénégalaise.

Malgré la distance, aucun ne remet en cause l’essentiel. Le Ramadan demeure un pilier, un moment de recentrage spirituel et de patience. Qu’ils soient en France, en Allemagne ou au Sénégal, ces fidèles partagent la même foi. La distance rend parfois la rupture plus silencieuse et les souvenirs plus présents, mais elle renforce aussi la résilience. Car au-delà des frontières, le Ramadan reste un lien invisible qui unit les cœurs.

Auteur: Laïka NZANGUILA BA
Publié le: Vendredi 27 Février 2026

Commentaires (2)

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    choix il y a 9 heures
    vous avez fait un choix , celui de quitter le sénégal pour avoir une meilleure vie, oui truffé de problème , mais vous pensez pas aux conséquences, faites de l'argent et venez investir chez vous, le pays a besoin de vous , la france est développé mais c un pays froid et de dépressif
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    Un passant il y a 9 heures
    Je me demande comment vous réfléchissez. Vous ne savez ce que les gens ressentent et la seule chose que vous trouvez à dire c’est rentrer chez vous et investissez. Le Sénégal est l’un des pays qui voit sa diaspora uniquement en terme de portefeuille. Il n’y a rien qui est fait pour les aider à revenir en terme d’affaires, travail ou logement. Soyez indulgent et mettez-vous à leur place. Nul ne sait de quoi son avenir .
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    réponse à choix il y a 9 heures
    @Un passant  et les sénégalais endettés par le fmi , les gens de la diaspora savent comment ils se sentent ? la diaspora doit servir de levier économique pour un pays , vous faites que pleurer et vous lamenter au lieu de se lever, travailler et trouver des solutions , regardez les libanais comment ils sont installés, implantés au sénégal, ils se soutiennent entre eux et font leur affaire jusqu'à investir à l'étranger , faites la meme
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    Histoire il y a 7 heures
    Na kou nek def louko saf

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