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Conseil national du crédit : Les annonces fortes du ministère des finances

Auteur: Moustapha TOUMBOU

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Dans le silence feutré de la salle de réunion de l’Agence principale de la BCEAO à Dakar, les regards étaient tournés vers Bassirou Sarr. Ce jeudi 19 juin, le directeur de cabinet du ministère des Finances et du Budget a présidé la 44? session du Conseil national du crédit (CNC), en lieu et place du ministre Cheikh Diba, empêché. 
Dès l’entame de son allocution, Bassirou Sarr a rappelé la vocation du CNC, organe de concertation entre l’État, les acteurs économiques et la BCEAO : «?Notre Conseil poursuit sa mission de permettre un dialogue entre les acteurs économiques, l’État et le Comité de Politique Monétaire de la BCEAO. En conformité avec ses attributions, arrêtées dans les statuts de la BCEAO, le Conseil est chargé ‘d’étudier les conditions de fonctionnement du système bancaire et financier, notamment dans ses relations avec la clientèle et dans la gestion des moyens de paiement ainsi que les conditions de financement de l’activité économique’?».
Au cours de cette session, le directeur de cabinet a salué la pertinence des thématiques abordées tout en rappelant l’urgence de développer des instruments adaptés pour accompagner le secteur agricole, notamment l’horticulture. «?La problématique du secteur agricole et de son financement, ainsi que celle de la mise en place et du développement de dispositifs permettant de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière agricole sont des piliers de la Stratégie Nationale de Souveraineté Alimentaire de l’État du Sénégal », a-t-il fait savoir.
La stratégie, selon lui, repose sur plusieurs axes : «?Elle vise à assurer la souveraineté alimentaire, stimuler la croissance économique et favoriser le développement durable dans les zones rurales. Elle s’articule autour de plusieurs axes clés, dont le soutien financier aux producteurs, l’amélioration des techniques de production, le renforcement des infrastructures et la promotion de l’exportation ».
Au cœur de cette réflexion, le système de récépissé d’entrepôt. «?Il convient de rappeler son importance dans le développement de la commercialisation et de la transformation agricole. À ce titre, j’invite le Conseil à tirer, de cette session du CNC, les enseignements issus de l’ensemble des recommandations pour son opérationnalisation?», dit-il.
Le directeur de cabinet a également tenu à indiquer la mobilisation des institutions bancaires nationales et a cité la LBA et la BNDE, qu’il a remerciées «?pour le soutien constant apporté dans le cadre des travaux du CNC, notamment concernant le financement de la campagne agricole?».
Selon le représentant du ministre, les banques sénégalaises ont dégagé, à fin décembre 2024, un résultat provisoire excédentaire de 205,4 milliards de FCFA, en hausse de 27,9?%. Les encours de crédits ont progressé de 7,6?% en glissement annuel pour atteindre 7?814 milliards de FCFA. Toutefois, la qualité du portefeuille s’est légèrement effritée.  A ce sujet, il ajoute : «?Le taux des créances en souffrance nettes des provisions ressort à 4,2?% à fin mars 2025 contre 3,4?% un an auparavant?».
Le secteur de la microfinance, quant à lui, semble présenter une dynamique plus contrastée. Si les crédits distribués ont crû de 4,5?% pour s’établir à 793 milliards, le taux brut de dégradation a bondi à 8,0?%, contre 5,4?% en mars 2024.
Autre annonce forte de cette session, la décision du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO de baisser les taux directeurs. «?Le taux auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques est passé de 3,50?% à 3,25?%. Quant au taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal, il est désormais fixé à 5,25?%?», a indiqué Bassirou Sarr. Quant à l’inflation, toujours selon le directeur, elle serait en forte baisse : «?Elle est passée de 2,9?% au quatrième trimestre 2024 à 2,3?% au premier trimestre 2025. Ce recul est lié à l’amélioration de l’offre de produits sur les marchés, à une progression plus faible des prix des produits importés?». Bassirou Sarr d’expliquer que ce recul serait le fruit d’une amélioration de l’offre de produits sur les marchés, à une progression plus faible des prix des produits importés (énergie) et aux effets des mesures de politiques monétaire. Le directeur de cabinet d’informer que le taux d’inflation devrait se situer en 2,2% en 2025 contre 3,5% en 2024.
Bassirou Sarr a tenu à saluer les avancées du Comité de suivi des recommandations du CNC : «?la tenue d’un tableau de suivi qui nous rassure sur la prise en charge effective des conclusions issues de nos travaux?». Il a également évoqué les travaux engagés autour du financement de la filière arachidière, la refonte de son modèle économique, ainsi que la conception d’un dispositif de déroulement des campagnes agricoles, en collaboration avec la BCEAO.
Avant de clore son propos, le président de séance a invité les membres à enrichir les réflexions en cours. «?Vos propositions et recommandations issues de la rencontre de ce jour contribueront à enrichir les réflexions pour le développement de notre économie », a-t-il espéré.
Auteur: Moustapha TOUMBOU

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